Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu quitte le caucus conservateur

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La Presse Canadienne
Ottawa

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu annonce qu'il quitte le caucus conservateur et siègera comme indépendant, alors que des premières informations se dévoilent sur le rapport du vérificateur général sur les dépenses au Sénat, attendu mardi prochain.

M. Boisvenu a dit jeudi soir par communiqué avoir pris cette décision volontairement après avoir appris qu'il ferait l'objet d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada.

Il a précisé qu'il siégerait dorénavant comme sénateur indépendant et qu'il expliquerait sa position plus en détails au cours des prochains jours.

Le sénateur québécois Boisvenu a été nommé à la Chambre haute par le premier ministre Stephen Harper en 2010.

Ce n'est pas la première controverse à laquelle il doit faire face depuis son entrée en fonction.

L'an dernier, un comité du Sénat avait, en effet, décidé de sévir contre lui.

M. Boisvenu avait donc été tenu de présenter des excuses pour avoir reconduit le contrat d'embauche d'une femme avec laquelle il entretenait une relation amoureuse.

Il avait également dû s'engager à suivre une formation en éthique à ses frais.

Le comité avait déterminé que M. Boisvenu avait enfreint le code régissant les conflits d'intérêts et qu'il n'avait relevé «aucune circonstance atténuante» pour justifier son comportement.

M. Boisvenu avait embauché Isabelle Lapointe comme adjointe exécutive en 2010 et développé, par la suite, une relation amoureuse avec elle.

Le rapport du vérificateur général a été remis au Sénat, jeudi après-midi.

Trois membres puissants du Sénat visés 

Trois des membres les plus puissants du Sénat ont fait des réclamations de dépenses injustifiées aux yeux du vérificateur général. Deux d'entre eux comptent contester le verdict.

Le président de la Chambre haute Leo Housakos, le leader du gouvernement au Sénat Claude Carignan et le leader de l'opposition James Cowan ont confirmé jeudi qu'ils faisaient partie des sénateurs nommés dans le très attendu rapport du vérificateur général Michael Ferguson.

M. Housakos soutient qu'on lui réclame environ 6000 $ en lien avec des contrats administratifs. Il a dit avoir l'intention de contester cette réclamation auprès de l'arbitre qui a été nommé la semaine dernière pour gérer le processus.

Le président de la Chambre haute a précisé qu'il a déjà accepté de rembourser un montant de 1600 $ qui avait été réclamé par l'un de ses employés pour des trajets entre Ottawa et Montréal. M. Housakos a soutenu que l'employé en question lui donnait un coup de main alors qu'il coprésidait une activité de financement destinée à amasser des fonds pour une organisation à but non lucratif de Montréal.

Le sénateur Carignan a quant à lui déjà remboursé en mars quelque 3000 $ en frais de voyagement qui avaient été réclamés par erreur, a-t-il assuré, par l'un de ses employés.

Pour sa part, le sénateur Cowan a précisé qu'on lui réclamait une somme d'«un peu plus de 10 000 $» - un remboursement auquel il compte lui aussi s'opposer.

«Je veux juste confirmer que je suis nommé dans le rapport. Je suis respectueusement en désaccord avec le vérificateur général concernant certaines dépenses de voyage que j'ai faites en 2011», a-t-il dit en mêlée de presse.

Il a plaidé que ces dépenses avaient été encourues dans le cadre de ses fonctions et assuré que les réclamations soumises étaient appuyées par «toutes les factures et cartes d'embarquement» requises, puis traitées par l'administration du Sénat en 2011.

«Aucune information supplémentaire n'a été demandée (à l'époque). Et voilà que quatre ans plus tard, le vérificateur général suggère que j'aurais dû posséder ou conserver plus d'informations, ce que je n'ai tout simplement pas», a poursuivi le sénateur Cowan.

Le leader de l'opposition au Sénat n'a pas été le seul à décocher une flèche en direction du bureau du vérificateur général Michael Ferguson: le sénateur québécois Jean-Guy Dagenais a de son côté remis en question les méthodes d'enquête de l'agent indépendant du Parlement.

«Moi, quand je faisais mes enquêtes, je ne les faisais pas comme ça. (...) Disons peut-être que j'y allais plus en profondeur», a suggéré celui qui a été policier à la Sûreté du Québec

Il a ensuite laissé entendre que l'opération a été nettement trop coûteuse à la lumière des résultats qui en découlent.

«Il ne faut pas oublier que ça a coûté 20 millions, 20 millions, aux contribuables (...) pour trouver cent quelque mille de dépenses; on verra si ça vaut la peine», a poursuivi le sénateur.

Les sénateurs se préparent à une avalanche de critiques - la plupart devraient venir des députés - lorsque les conclusions d'un audit sans précédent de leurs dépenses, réalisé sur deux ans, seront publiées mardi prochain.

Les dépenses de neuf autres sénateurs ont été jugées suffisamment graves pour justifier une enquête de la GRC.

Certains sénateurs ont soutenu que les députés n'ont aucun droit de juger ce qui se passe au Sénat alors qu'ils ne sont pas prêts eux-mêmes à se plier au même genre de surveillance.

À Ottawa, le député néo-démocrate Alexandre Boulerice a laissé peu de doute quant à sa position sur une possible abolition du Sénat en déclarant: «Quand l'arbre est trop malade, faut l'arracher».

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