Jacques Parizeau: de «guide» à «belle-mère»

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Jacques Parizeau en 2010

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Jacques Parizeau n'a jamais abdiqué son droit de parole. Même au prix de se faire qualifier de «belle-mère» par les journalistes, les chroniqueurs et... sa formation politique.

Louis Bernard, secrétaire général du Québec sous le premier ministre Parizeau, croit que la perception a été gonflée par les médias. Dans un parcours aussi long que le sien, «dès qu'on sort de la langue de bois», les propos font la manchette, estime-t-il. Il insiste que «c'était un homme qui attaquait les idées, très respectueux des personnes».

Ce surnom l'irritait, convient Jean Royer, son directeur de cabinet pendant les années d'opposition du chef du Parti québécois et son année passée à la tête du gouvernement du Québec.

«Il s'est toujours considéré comme un esprit libre, signale M. Royer. Ce n'est pas parce que j'ai été chef du Parti québécois que je suis condamné à ne plus parler», lui faisait-il valoir.

«Quelle sorte de société sommes-nous où les gens ne devraient plus parler!» s'est fait dire M. Royer. «Ce qui l'avait profondément blessé, c'était un sondage du Devoir demandant si M. Parizeau devait se taire», quelques années après avoir quitté les affaires.

Esprit cartésien

C'était le propre de son esprit cartésien, suggère cet ancien conseiller. Lorsqu'il s'est penché sur le déficit zéro, dont il doutait des vertus et de la pertinence, «il arrivait avec un argumentaire vérifié, à la cenne près. C'était un rigoureux. Mes arguments ne sont pas frivoles, j'ai le droit de les dire.»

Après sa démission au lendemain du référendum de 1995, les critiques du leader souverainiste n'ont pas épargné ses successeurs, de Lucien Bouchard à Pauline Marois. Celle-ci ne renie pas le qualificatif de «belle-mère» en insistant dans un éclat de rire que «vous aurez remarqué que je ne pratique pas la chose».

Contactée au moment où elle séjourne en Asie, Mme Marois a reconnu que «oui, ça me faisait très mal. En même temps, je me disais qu'il le faisait de bonne foi, qu'il n'était pas dans mes souliers. Jamais, jamais je ne l'ai critiqué.»

Jacques Parizeau était un homme d'équipe, suggèrent nos interlocuteurs, une équipe qui était moins une affaire de collègues qu'une équipe dévouée à l'idée de la souveraineté. De mentionner Jean Royer, «il pouvait avoir des divergences sur la stratégie, comme avec M. Lévesque».

«Mais il était convaincu que l'objectif, au moins jusqu'au référendum de 1980, tout le monde y souscrivait. Il se ralliait. Mais quand il va se séparer de René Lévesque, c'est qu'il sent que non seulement la stratégie est divergente, mais il ne sent pas que l'objectif de M. Lévesque demeure de réaliser l'indépendance.»

«Il réussissait généralement à rassembler, signale Pauline Marois. Malgré un certain autoritarisme une fois la décision prise, il était capable d'aller chercher des points de vue divergents. Il ramassait ça. À un moment donné, on adhérait. C'était la force de son leadership.»

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