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La CAQ dans la mire du PQ

François Legault et Jocelyne Cazin, la candidate de la... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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François Legault et Jocelyne Cazin, la candidate de la CAQ pour les élections partielles dans Chauveau.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les péquistes voudraient bien créer la surprise et remporter au moins l'une des deux partielles en jeu le 8 juin. Mais s'ils ne devaient pas gagner, comme c'est probable, ils ne détesteraient pas que les libéraux s'emparent de la circonscription de Chauveau. Car ils le feraient, évidemment, au détriment de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Les péquistes voudraient bien créer la surprise et remporter au moins l'une des deux partielles en jeu le 8 juin. Mais s'ils ne devaient pas gagner, comme c'est probable, ils ne détesteraient pas que les libéraux s'emparent de la circonscription de Chauveau. Car ils le feraient, évidemment, au détriment de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le chef caquiste François Legault est omniprésent dans Jean-Talon et encore plus dans Chauveau, qu'il cherche à tout prix à conserver dans le giron de son parti. Le libéral Philippe Couillard fait campagne dans ces circonscriptions chaque fois qu'il le peut aussi.

Surprise! Pierre Karl Péladeau s'y est aussi rendu plus d'une fois depuis qu'il a pris les rênes du Parti québécois (PQ), le 15 mai. Surprise, car plusieurs, y compris dans sa nouvelle famille politique, pensaient qu'il se tiendrait le plus loin possible de ces élections partielles pour éviter que son début de mandat soit entaché par deux éventuelles défaites. Ou qu'il se contenterait du «service minimum».

Or, Pierre Karl Péladeau a décidé de s'y investir à fond. Il passera dans l'une et l'autre pratiquement tous les jours jusqu'au 8 juin.

N'y a-t-il pas un risque pour lui? Réponse de Sioux de sa part, mercredi: «Il n'y a pas de risque là-dedans. Mon rôle comme chef du PQ est d'accompagner mes candidats.»

Au Parti québécois, on se dit qu'on parviendra, sinon à créer une surprise, du moins à faire meilleure figure qu'aux dernières élections générales dans ces partielles. Le député Pascal Bérubé s'en est ouvert jeudi. «On pense qu'on va faire progresser notre vote», a-t-il dit.

Et faire progresser le vote péquiste, c'est surtout mordre dans les flancs de la Coalition avenir Québec!

Mais pourquoi des péquistes préféreraient-ils voir les libéraux s'emparer de la circonscription de Chauveau plutôt que de voir la CAQ la conserver? Parce qu'ils voient la CAQ comme une sorte de nuisance.

Pour le Parti québécois, le vrai match, celui des générales de 2018, devrait se jouer entre le Parti libéral du Québec et lui.

Ce que les péquistes souhaitent, pour l'heure, c'est de sortir la CAQ du jeu.

«Paroles, paroles, encore des paroles...» aurait certainement envie de dire François Legault. Le caquiste a affiché sa confiance encore ces derniers jours. «C'est vraiment, dans ces deux partielles, une lutte entre la CAQ et le Parti libéral.» Dans Chauveau, «pour l'instant, il semble à peu près n'y avoir personne qui vote pour le PQ».

Et d'ajouter, l'oeil malicieux: «Plus Pierre Karl va être là, plus il va parler d'indépendance, plus ça va être bon pour nous.»

Verdict dans 10 jours.

***

Un mot en horreur!

Les gouvernements ont un mot en horreur. Ce mot, c'est «recul».

Le ministre Gaétan Barrette n'a pas caché son irritation cette semaine: «Si à chaque fois qu'on écoute et qu'on donne suite à une critique constructive qui vient d'experts, c'est un recul, bien, écoutez, là, on recule, voilà. Alors, je suis à l'Assemblée du recul, très bien, reculons ensemble.»

Le titulaire de la Santé venait de présenter plusieurs amendements à son projet de loi 20, dont l'un sur le programme de procréation assistée. Il a abandonné l'idée d'inscrire «42 ans» comme limite d'âge pour avoir accès à la procréation médicalement assistée. Il a aussi jeté aux oubliettes l'article stipulant que l'accès au programme ne serait permis qu'après «trois années d'activité sexuelle».

«Il n'y a pas de recul. J'adapte le projet de loi aux commentaires qui ont été faits par des experts», a insisté le ministre Barrette.

La semaine dernière, il avait déjà fait marche arrière en annonçant l'annulation des hausses que déboursent depuis le début de l'année les personnes aînées et tous les handicapés du Québec fréquentant les centres de jour, tant pour les repas qu'ils y prennent que pour leurs déplacements.

Ces hausses émanaient d'une circulaire gouvernementale. Elle était signée par un sous-ministre adjoint et proposait des augmentations de tarifs afin de tendre vers «une plus grande équité de contribution entre les personnes bénéficiaires de mêmes services à travers le Québec».

Ah, les reculs... Sous le gouvernement Marois, certains étaient devenus vindicatifs lorsque des médias ou l'opposition évoquaient un «recul». Souvenons-nous: ce gouvernement du Parti québécois avait renoncé à rendre obligatoire la transformation au Québec du minerai qui y est extrait. Il avait reculé sur l'idée de supprimer le droit des militaires francophones d'inscrire leurs enfants à l'école anglaise. Et il avait mis de côté sa promesse électorale d'abolir la taxe santé.

Qu'on se le répète: les gouvernements ne reculent pas. Ils «écoutent». Ou, alors, ils tiennent compte de la situation - de la situation politique notamment.

Les reculs, en fait, c'est la politique qui se cogne contre le réel.

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