Peter MacKay ne sera pas candidat aux prochaines élections

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Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement Harper perd un autre de ses gros canons à quelques mois des élections: le ministre de la Justice, Peter MacKay, ne briguera pas un nouveau mandat.

Il en fera l'annonce vendredi à 17h (16h à Montréal) à Stellarton, en Nouvelle-Écosse, en compagnie du premier ministre Stephen Harper.

M. MacKay demeurera en poste jusqu'à la fin de la session parlementaire, a-t-on confirmé dans son entourage.

Il y a fort à parier qu'il invoquera des motifs familiaux pour expliquer son départ: son épouse attend une fille à l'automne. Le couple a déjà un garçon en bas âge.

«Ces décisions personnelles ne sont pas faciles [à prendre]: 6 mandats & famille & voyage. Je souhaite le meilleur à mon ami», a écrit sur Twitter le ministre de l'Industrie, James Moore.

M. MacKay, un pilier du gouvernement Harper, est perçu comme l'une des voix progressistes au sein du caucus conservateur.

Il a été un artisan de la fusion entre le Parti progressiste-conservateur, dont il aura été le dernier chef, et l'Alliance canadienne, alors dirigée par Stephen Harper.

Cette union a donné naissance en 2004 au nouveau Parti conservateur du Canada, dont les rênes avaient été confiées à M. Harper.

Le départ de M. MacKay représente donc en quelque sorte le «symbole» de la «fin officielle de l'ère progressiste» au sein du parti, selon le député libéral John McCallum.

Il marque également la fin d'un chapitre pour le politicien, qui a été élu six fois sans interruption depuis 1997 dans la circonscription néo-écossaise de Nova-Centre.

Le député a hérité de certains des postes les plus prestigieux au sein du cabinet: avant de se retrouver à la Justice, il a été ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense nationale.

Quelques faux pas

Il revendique quelques faux pas, sa carrière politique ayant été émaillée de déclarations jugées sexistes - il a notamment affirmé en juin 2014 que les femmes étaient trop liées à leurs enfants pour devenir juges et, plus notablement, a invité en 2006 une rivale à «retourner à son tricot».

L'adversaire en question, l'ex-dirigeante du Nouveau Parti démocratique (NPD) Alexa McDonough, a raconté vendredi à la CBC qu'elle ne lui en avait pas tenu rigueur - M. MacKay lui avait présenté ses excuses - et qu'elle lui avait même envoyé en cadeau pour la naissance de son fils Kian... une pelote de laine et un livre intitulé «Le tricot pour les nuls».

On se souviendra également qu'il s'était retrouvé dans l'eau chaude en 2011 après avoir choisi comme moyen de transport un hélicoptère de recherche et de sauvetage du gouvernement à son retour d'une partie de pêche entre amis.

Peter MacKay n'en demeurait pas moins un collègue fort apprécié de ses pairs. L'ancien ministre de la Justice - libéral, celui-là - Irwin Cotler a d'ailleurs eu de bons mots à sujet, vendredi.

«Je regrette [son départ], parce qu'il était pour moi un collègue, mais aussi un ami. (...) Je lui souhaite bonne chance pour l'avenir», a-t-il affirmé avant la période des questions aux Communes.

Selon lui, le député néo-écossais aurait pu laisser une plus grande marque à titre de ministre de la Justice et procureur général du Canada s'il avait eu les coudées plus franches.

«Je pense qu'il n'a pas eu la chance de le faire parce que le gouvernement Harper est très centralisé, et le ministère de la Justice devrait être un ministère très indépendant», a suggéré M. Cotler.

«C'était difficile pour lui de faire ce qu'il voulait peut-être faire dans ces circonstances-là», a ajouté le député montréalais, qui se retirera aussi de la vie politique dans quelques semaines.

D'autres grosses pointures

Son départ survient dans la foulée de celui d'autres grosses pointures conservatrices, dont l'un de ses successeurs aux Affaires étrangères, John Baird, qui avait causé la surprise en démissionnant en février.

Après ce départ, la machine à rumeurs s'était emballée au sujet de l'avenir politique de M. MacKay.

À l'époque, le principal intéressé s'était contenté de dire qu'il avait rempli la documentation nécessaire lorsqu'on lui avait demandé s'il comptait se présenter aux prochaines élections.

Plus récemment, le ministre du Développement international, Christian Paradis, et la ministre du Patrimoine, Shelly Glover, ont annoncé qu'ils ne solliciteraient pas un nouveau mandat aux élections prévues le 19 octobre.

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