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Collaboration possible à l'Assemblée nationale?

Le nouveau chef du Parti québécois Pierre Karl... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Le nouveau chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau a lancé mardi et mercredi un appel à la collaboration en enfilant son costume de chef de l'opposition officielle.

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(Québec) Collaborer? À l'Assemblée nationale? Oui, c'est possible. Et cela se fait!

Le nouveau chef du Parti québécois a lancé mardi et mercredi un appel à la collaboration en enfilant son costume de chef de l'opposition officielle.

«J'aimerais savoir du premier ministre s'il accepte la main tendue, s'il est prêt à convier tous les acteurs socioéconomiques à un grand rendez-vous pour l'économie et l'emploi au Québec?» a demandé Pierre Karl Péladeau.

Sans surprise, Philippe Couillard a poliment refusé sa «main tendue». Il ne pouvait être question pour lui de se laisser dicter son agenda par le chef de l'opposition officielle!

C'est un classique. Chaque nouveau chef, chaque nouveau gouvernement, tend la main, offre sa collaboration, veut être constructif et ne pas jouer la carte de la partisanerie à outrance.

En mai 2007, le premier ministre Jean Charest citait Félix-Antoine Savard : «J'ai beaucoup mieux à faire que de m'inquiéter de l'avenir. J'ai à le préparer.» Et d'ajouter, en s'adressant aux partis d'opposition : «C'est ce que nous allons faire ensemble.»

Au lendemain de l'élection du gouvernement de Pauline Marois, en septembre 2012, le député Jean-François Lisée affirmait ceci : «Nous savons que le rassemblement, le dialogue et la conciliation sont les seules voies à suivre. Mme Marois est la championne dans ce genre de choses. Nous allons collaborer, converger et discuter.»

«Personne n'a le monopole des bonnes idées», déclarait pour sa part Philippe Couillard en mai 2014. «Apprenons ensemble à les mettre en commun.»

Ne soyons pas cyniques. Il n'y a pas toujours qu'une posture médiatique étudiée dans ces appels. Souligner que ce n'est pas toujours le cas, c'est dire, bien sûr, que ça l'est parfois...

Dans le cas de M. Péladeau, il y avait une certaine habileté à lancer son mandat en proposant à son principal adversaire d'organiser un forum économique «pour doter le Québec d'une véritable politique du plein emploi» et d'une vraie «politique économique».

Il est «en mode séduction». Il n'a oublié personne en chemin, suggérant de réunir à une «même table les travailleurs, les entrepreneurs, les organisations syndicales, les milieux de la recherche, les gestionnaires de capital, dont la Caisse de dépôt et les fonds de travailleurs, les gens du milieu de l'éducation et bien d'autres».

Des vieux et des jeunes

Les belles intentions finissent immanquablement par buter contre le mur de la partisanerie dans cette chaudière qu'est l'Assemblée nationale. Le travail de collaboration est difficile, voire impossible, sur les sujets liés à l'ADN des partis - sur les options du fédéralisme et de la souveraineté, par exemple. Mais il est possible sur bien d'autres. Et il existe. Il en va d'ailleurs parfois de l'intérêt même des partis.

Cette semaine en a fourni un exemple. La solidaire Françoise David a présenté jeudi un second projet de loi en un an visant à empêcher le plus possible l'éviction de personnes âgées de leur logement. Cette seconde mouture est le fruit d'une «longue et fructueuse collaboration» entre elle et le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau.

Les discussions entre eux ont débuté il y a plusieurs mois. Elles ont permis, de l'aveu même de Françoise David, d'éliminer des difficultés qu'avait pointées l'an dernier le ministre.

Si tout va bien, son projet de loi sera adopté l'automne prochain, croit-elle aujourd'hui. «On sortira le champagne», s'est-elle enthousiasmée.

Prenons un autre exemple, qui touche principalement des plus jeunes cette fois. En mars 2013, sous le gouvernement de Pauline Marois, on décide soudainement que ce ne seront plus uniquement les étudiants des cégeps et des universités qui pourront voter dans leur établissement scolaire, ce qui constituait déjà une nouveauté, mais aussi ceux fréquentant les centres de formation professionnelle.

Le ministre des Institutions démocratiques d'alors, Bernard Drainville, venait d'acquiescer à une proposition formulée par la Coalition avenir Québec avec l'appui des libéraux. L'idée d'inclure les centres de formation professionnelle dans le projet de loi 13 du gouvernement du Parti québécois a été moussée par le désormais ex-caquiste Gérard Deltell.

«On peut difficilement vouloir favoriser la participation des jeunes aux élections en implantant des bureaux de scrutin dans les cégeps et les universités sans le faire dans les centres de formation professionnelle», avait reconnu le ministre Drainville. On estimait à 143 000 le nombre de personnes en âge de voter fréquentant l'un des quelque 110 centres de formation professionnelle.

De l'avis général, le projet de loi sur les soins de fin de vie porté par Véronique Hivon demeure l'exemple le plus emblématique de ce que peut être l'«esprit de collaboration» parlementaire.

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