Discours de Péladeau: les forces souverainistes réfractaires à l'idée d'une coalition

Au lendemain de l'élection de M. Péladeau à... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Au lendemain de l'élection de M. Péladeau à la tête du PQ, les deux autres partis ouvertement souverainistes de la province, Québec solidaire (QS) et Option nationale (ON), ont poliment salué l'arrivée du nouveau chef péquiste, qui a reçu 57,6% des appuis de ses militants.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Malgré son discours de victoire appelant à l'union des forces souverainistes, le nouveau chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, est loin de les avoir convaincues de se joindre à lui dans une large coalition pour l'indépendance, faute d'avoir un plan clair pour faire du Québec un pays.

Au lendemain de l'élection de M. Péladeau à la tête du PQ, les deux autres partis ouvertement souverainistes de la province, Québec solidaire (QS) et Option nationale (ON), ont poliment salué l'arrivée du nouveau chef péquiste et l'ont félicité pour l'appui clair qu'il a reçu de ses militants, récolant 57,6 % des voix.

Ce fut à peu près tout pour les éloges. Pour le reste, les deux formations, dont seuls les solidaires jouissent d'une représentativité à l'Assemblée nationale, sont à convaincre de la nécessité de former une large coalition des forces souverainistes, tel qu'évoqué la veille par M. Péladeau.

Cet appel à l'unité est loin d'être suffisant pour séduire les troupes solidaires. «M. Péladeau, pour moi, reste figé dans une ancienne façon de faire de la politique. Il n'a pas réussi à parler à l'extérieur de l'électorat péquiste traditionnel. Il faut rallier plus large. Il ne suffit pas de parler d'une grande coalition, il faut une véritable discussion», a réagi Andrés Fontecilla, président et co-porte-parole de QS, en entrevue au Soleil.

Pour les solidaires, il ne fait aucun doute que M. Péladeau les a interpellés dans son discours de vendredi soir. «On a tout de suite compris qu'il s'adressait à nous.» Plutôt que de faire un pas vers l'option proposée par M. Péladeau, M. Fontecilla est cinglant. «Québec solidaire est là pour rester. Il n'est pas question de faire partie d'une large coalition», a-t-il tranché.

Sur la question souverainiste, QS estime qu'il y a «trop d'incertitude» autour de M. Péladeau pour accepter cette main tendue par le chef péquiste. Et l'indépendance n'est pas l'affaire d'un seul homme, a poursuivi M. Fontecilla. «Ils se sont tournés vers un sauveur. Je ne crois pas que l'indépendance du Québec va se réaliser avec un sauveur.»

QS aurait aimé en apprendre davantage sur le programme de M. Péladeau durant la course à la chefferie. «Je crois qu'il l'a eu relativement facile [...] En tant que favori du début à la fin de la course, il surfe encore sur les certitudes, les grandes déclarations sans prendre position [...] Nous aurions voulu entendre M. Péladeau non pas juste parler de l'accession un jour à l'idéal de l'indépendance, mais quelle est sa position par rapport à l'austérité, quelles sont ses intentions sur les politiques mises de l'avant par le Parti libéral.»

Pas d'engagement, pas d'appui

Du côté d'Option nationale, son chef, Sol Zanetti, a déploré samedi l'absence d'engagement clair de Pierre Karl Péladeau à tenir un référendum dans un premier mandat du PQ s'il était élu premier ministre. Un discours que martèle la formation indépendantiste depuis sa création en 2011.

«Sa détermination [à faire un pays] est palpable. Elle est, je pense, authentique et elle est toute aussi forte. Mais en 2018, est-ce que le PQ va faire son élection sur l'indépendance ou sur autre chose?» a-t-il demandé.

Au-delà de la bonne volonté, il faut des engagements, maintient M. Zanetti. «Je comprends que des gens vont trouver ça rabat-joie [comme position]», a-t-il dit, n'adhérant tout simplement pas au concept «du moment opportun». «Si jamais le PQ estime que l'appui n'est pas suffisant pour prendre le gouvernement avec cette idée-là [la souveraineté], qu'il la défende tout de même.»

ON a toujours été ouvert à collaborer voire à fusionner avec toute formation qui s'engage à réaliser la souveraineté dans un premier mandat. Dans l'état actuel des choses, le PQ n'est toujours pas cette option, pas plus que ne le serait une coalition large menée par Pierre Karl Péladeau. «Ce qui détermine notre choix, c'est l'engagement à l'indépendance. Ça ne servirait à rien pour le mouvement indépendantiste de se contenter de bonnes intentions.»

Un rassembleur, selon MaroisS'il a trouvé peu d'appuis à l'extérieur des cercles péquistes, Pierre Karl Péladeau peut ajouter le «soutien entier» de l'ex-chef du PQ et ex-première ministre Pauline Marois. «La détermination de Pierre Karl et sa capacité à rassembler nos plus grandes forces seront des atouts pour permettre au Québec de se remettre en marche», a-t-elle déclaré dans communiqué émis vendredi soir.

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