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Nouveau chef du PQ: son défi en chiffres

Pierre Karl Péladeau.... (PHOTO GRAHAM HUGUES, ARCHIVES PC)

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Pierre Karl Péladeau.

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(Québec) Le défi qu'aura à relever le nouveau chef du Parti québécois peut s'énoncer en chiffres.
Aux dernières élections générales, après 18 mois de pouvoir, le Parti québécois a recueilli les suffrages de 25,38 % des électeurs; le Parti libéral, de 41,52 %. La Coalition avenir Québec a décroché 23 % des votes; Québec solidaire, 7,63 %.

Prenons un grand angle. Depuis les élections de septembre 1994, le Parti québécois a perdu quelque 677 000 électeurs en chemin. Le vote du Parti libéral du Québec s'est maintenu.

De 1994 à 2004, la Coalition avenir Québec a récolté près de 723 000 voix de plus que la défunte Action démocratique du Québec; Québec solidaire, près de 290 000 de plus que le NPD-Québec de l'époque.

Le Parti québécois a perdu des électeurs sur son flanc droit et sur son flanc gauche, au profit de la Coalition avenir Québec de François Legault et du parti de Françoise David et d'Amir Khadir. D'où le désir évident de tous les candidats à la direction du Parti québécois de rassembler le plus possible de gens sous le drapeau hissé haut de la souveraineté.

Voilà aussi pourquoi le ralliement de l'ancien dirigeant de la CSN, Pierre Paquette, a fait particulièrement plaisir à l'équipe de Pierre Karl Péladeau.

Au cours des dernières semaines, M. Péladeau a indiqué qu'il amorcerait une phase de reconstruction s'il était élu chef du Parti québécois. «La souveraineté n'est ni à gauche ni à droite, mais devant», a-t-il estimé en reprenant le précepte de l'ex-chef Bernard Landry.

Mais c'est surtout au profit du groupe ADQ/CAQ que le Parti québécois a perdu des plumes depuis une génération. C'est donc tout naturellement de ce côté qu'il cherchera surtout à aller piger des électeurs.

Hier après-midi, au moment de mettre cet article en page, l'équipe de Pierre Karl Péladeau avait confiance de l'emporter dès le premier tour de scrutin.

Les primaires ouvertes

La proposition formulée il y a plus d'un an par le péquiste Alexandre Cloutier en faveur de «primaires ouvertes» aurait-elle fait en sorte que plus de citoyens auraient pris part au vote désignant le nouveau chef du Parti québécois? Celui-ci affiche actuellement quelque 71 000 adhérents alors qu'il en comptait 140 000 à l'issue de sa précédente course à la direction, il y a 10 ans.

La course de 2015 n'a pas suscité l'engouement escompté au départ, c'est un fait. Mais la dégringolade du nombre d'adhérents dans les partis politiques est générale. Car elle est aussi une affaire d'époque.

Alexandre Cloutier avait suggéré que tous les Québécois partageant les valeurs du Parti québécois - pas seulement les membres en bonne et due forme, donc - puissent participer au choix du nouveau chef.

Permettre «à tous les progressistes et souverainistes» qui le désirent de choisir le nouveau chef péquiste aurait le mérite de faire entrer de l'air frais au Parti québécois, estimait-il l'an dernier; et de le rebrancher sur davantage de citoyens.

Les instances du Parti québécois ont rejeté sa proposition. Pour des raisons techniques, mais aussi pour des questions de fond. Les militants de toujours estimaient qu'ils perdraient leur plus grand «privilège» - soit celui de voter eux-mêmes et eux seuls pour leur chef.

Ils l'auraient en effet perdu si tous les Québécois disant se reconnaître dans les valeurs de leur formation politique avaient pu décrocher ce droit; ces «valeurs» reposant sur la souveraineté et la social-démocratie.

N'empêche que la formule rejetée inspire de plus en plus. Prenons l'exemple de la France. En 2011, le Parti socialiste a permis à tous les citoyens français qui se reconnaissaient dans ses valeurs de participer au choix du candidat qui allait se présenter à l'élection présidentielle de 2012.

Le Parti socialiste comptait à ce moment-là moins de 200 000 adhérents. Or, près de trois millions de Français ont pris part au choix de François Hollande!

Par la force des choses, les candidats ne s'étaient pas adressés à leurs seuls membres, mais à l'ensemble des Français. Une telle formule avait permis d'éviter les débats en vase clos, faisait-on valoir.

Surprise : la droite française a beau railler et conspuer le président François Hollande, elle vient de décider d'organiser des primaires ouvertes pour désigner le candidat qui la représentera lors des prochaines élections présidentielles, au printemps 2017.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devraient être les deux principaux prétendants. Pour voter, tout électeur français devra verser deux euros et signer un document attestant partager les «valeurs républicaines de la droite et du centre».

La formule de primaires ouvertes - ouvertes à tous les électeurs - gagne du terrain. Bonne? Mauvaise? Disons qu'elle offre à tout le moins un début de réponse à tous ces citoyens qui estiment ne pas se sentir représentés par les partis politiques

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