Victoire claire pour Péladeau

Pierre Karl Péladeau a remporté la course à... (Photo La Presse Canadienne)

Agrandir

Pierre Karl Péladeau a remporté la course à la direction du PQ avec une majorité claire de 57,58%.

Photo La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Pierre Karl Péladeau a gagné son pari en l'emportant dès le premier tour de scrutin. Il a recueilli 57,58% des suffrages exprimés par les membres du Parti québécois. Sa victoire est claire.

Alexandre Cloutier a fait bonne figure avec 29,21% des voix. Martine Ouellet a récolté 13,21% d'appuis. Tous deux ont mené campagne jusqu'au bout sans se faire trop d'illusions. Tout au plus misaient-ils sur un deuxième tour.

«Ce soir, nous commençons le grand rassemblement du Parti québécois; le grand rassemblement des souverainistes et des indépendantistes», a déclaré celui qui est désormais le 8e chef à prendre les rênes du Parti québécois.

«Vous m'avez confié un mandat fort et clair: Faire du Québec un pays! La grande coalition pour l'indépendance doit renaître.»

Près de 73% des près de 72000 adhérents du Parti québécois ont pris part au scrutin. Les résultats ont été communiqués vers 21h15 lors d'un rassemblement organisé au Centre des congrès de Québec, aux abords de l'Assemblée nationale. Les organisateurs les ont communiqués aux trois aspirants-chefs 10 minutes avant de les rendre publics.

Près de 1000 militants étaient sur place. L'ex-leader étudiante, Martine Desjardins, était à l'animation de la soirée.

Le député Alexandre Cloutier a dit qu'il travaillera en rassembleur et qu'il continuera à défendre ses idées et ses projets au sein du parti. Il s'est dit fier d'appartenir à la «grande famille» du Parti québécois. Il avait cependant peine à cacher sa déception.

Même message sur le fond de Martine Ouellet: «Vous pourrez toujours compter sur moi», a-t-elle affirmé aux militants. Elle a félicité Pierre Karl Péladeau d'avoir fait le choix de passer du monde des affaires à celui de la politique. Le nouveau chef de l'opposition officielle demeure actionnaire de contrôle de Québecor.

En point de presse, il a fait savoir qu'il avait demandé à ses avocats d'entamer les procédures afin de placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard.

Dans son discours, il a remercié les péquistes pour la confiance qu'ils lui ont accordée. Il leur a promis de se «consacrer tout entier à la dernière étape», celle permettant d'aller vers «le Québec de la liberté».

«Nous allons rassembler. Nous allons travailler. Nous allons convaincre. Tous rassemblés, nous avons la force pour réussir.»

En anglais, M. Péladeau a dit aux Canadiens et aux Américains que le projet souverainiste n'est contre personne, mais «pour» les citoyens du Québec.

Le nouveau chef du Parti québécois a reçu un coup de fil de courtoisie du premier ministre Philippe Couillard après l'annonce de sa victoire.

Durant cette compétition interne, deux candidats ont jeté l'éponge. Jean-François Lisée, l'automne dernier, et Bernard Drainville, plus récemment.

EN UN AN

Pierre Karl Péladeau a plongé en politique active il y a un an. C'était à l'occasion de l'élection générale d'avril 2014, à titre de candidat dans la circonscription de Saint-Jérôme.

Durant la longue précourse et l'intense course officielle à la direction, il a refusé de s'engager à tenir ou pas un référendum dans un prochain mandat péquiste. Il s'est plutôt engagé à consacrer les trois prochaines années et demie séparant les Québécois du prochain rendez-vous électoral à convaincre une majorité d'entre eux de la pertinence de la souveraineté.

En février, il a promis de créer un institut de recherche scientifique sur l'indépendance du Québec. Cet institut sera «le véhicule qui va nous permettre d'alimenter la réflexion et de pouvoir produire des études pour faire en sorte que nous puissions aller à la population avec un argumentaire qui va être important, détaillé, puissant et pour, évidemment, définir notre démarche jusqu'aux élections de 2018», avait-il expliqué.

En novembre 2005, André Boisclair avait été élu chef du Parti québécois au premier tour de scrutin. Il avait récolté près de 54% des voix des membres, contre 31% pour sa plus proche rivale, Pauline Marois.

Live Blog Le vote du PQ en direct

Trois rendez-vous

Le baptême de feu du nouveau chef se déroulera mardi. Pour la première fois depuis qu'il est en politique, Pierre Karl Péladeau animera la période des questions à titre de chef de l'opposition officielle.

Sa toute première question devrait tout naturellement porter sur l'économie, suppute-t-on au Parti québécois, ainsi que sur le sort qui attend Jacques Daoust. Des informations le chassent du Conseil des ministres.

Le 8 juin et d'ici là, le nouveau chef devra faire face aux partielles dans Jean-Talon et dans Chauveau, deux circonscriptions difficiles pour le Parti québécois.

Elles n'appartiennent ni aux libéraux ni aux caquistes! a lancé la députée Agnès Maltais, vendredi soir. M. Péladeau devrait aller prêter main-forte sous peu à ses candidats.

Libéraux, caquistes et solidaires talonnent M. Péladeau depuis des mois et ne le lâcheront pas. Pour eux, sa situation de chef de l'opposition officielle et d'actionnaire de contrôle du groupe médiatique Québecor est non seulement inédite, elle est intenable. Les deux chapeaux sont incompatibles, martèlent-ils.

Sa situation sera examinée par une commission parlementaire le 26 mai et le 2 juin. La Commission des institutions entendra le commissaire à l'éthique et à la déontologie Jacques Saint-Laurent, ainsi que le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, Claude Bisson.

Pierre Karl Péladeau s'est engagé à placer ses actions de Québecor dans une fiducie sans droit de regard, mais en soulignant qu'il donnerait la consigne de ne pas vendre le legs de son père. Jean-Marc Salvet

Les chefs du Parti québécois au fil du temps

René Lévesque (1968-1985)

Il est l'un des pères fondateurs du Parti québécois (PQ), en 1968. Élu premier ministre en 1976, il mène sa formation à un premier référendum sur la souveraineté en 1980, qui se soldera par une défaite. Il démissionne le 20 juin 1985, terminant le plus long mandat comme chef de l'histoire du PQ.

Pierre Marc Johnson (1985-1987)

Ministre sous René Lévesque, il lui succède comme premier ministre à l'âge de 39 ans, élu par un peu moins de 60 % du vote des membres. Le PQ est défait aux élections générales le 2 décembre. Il démissionne de son poste deux ans plus tard.

Jacques Parizeau (1988-1995)

Reconnu comme l'un des ténors du PQ, il arrive à sa tête en mars 1988. Il est élu premier ministre en 1994 et mènera le Québec à son deuxième référendum sur la souveraineté en 1995. Après la défaite, il fait cette fameuse déclaration : «C'est vrai, c'est vrai qu'on a été battus, au fond, par quoi? Par l'argent puis des votes ethniques, essentiellement.»

Lucien Bouchard (1996-2001)

Ancien chef du Bloc québécois, il prend la relève de Jacques Parizeau, trois mois après sa démission, à la fin de l'année 1995. M. Bouchard occupera les fonctions de premier ministre jusqu'à sa démission, en mars 2001.

Bernard Landry (2001-2005)

Après la démission de Lucien Bouchard, il est sur les rangs pour lui succéder. Le PQ sera défait aux élections générales de 2003, et M. Landry sera chef de l'opposition officielle jusqu'à son retrait de la vie politique en 2005 après un vote de confiance qui l'a déçu.

André Boisclair (2005-2007)

Il remporte la course à la direction du PQ dès le premier tour en récoltant 53 % des voix. Son adversaire, Pauline Marois, arrive loin derrière avec 30 % des appuis. La course est notamment marquée par des déclarations-chocs de M. Boisclair, qui admet avoir consommé de la cocaïne alors qu'il était ministre. Il démissionne en 2007.

Pauline Marois (2007-2014)

Elle est nommée chef du PQ sans opposition en juin 2007. Chef de l'opposition officielle dès 2008, elle deviendra la première femme premier ministre en 2012, élue à la tête d'un gouvernement minoritaire le 4 septembre. Son couronnement est marqué par l'attentat du Métropolis. Son premier et seul mandat ne durera que 18 mois. David Rémillard

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer