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Pierre-Karl Péladeau: un politicien atypique

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Le candidat à la direction du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau

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(Québec) Ses adversaires comme ses admirateurs s'entendent pour dire que le probable prochain chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, est et demeurera un politicien atypique. Pensons à sa personnalité, à son caractère bouillant ou passionné - selon le point de vue de chacun. À son parcours aussi, au fait qu'il soit un baron de la presse.

Atypique? Tous les jours de petites choses le rappellent. Ceux qui le suivent ont reçu mercredi par courriel une invitation à se rendre à un «grand rassemblement politique» cet après-midi au théâtre Le National, à Montréal.

On y lit que les militants présents auront «l'occasion d'entendre plusieurs artistes démontrer leur appui à Pierre Karl Péladeau». Mais aussi ceci : «Sur place, vous pourrez rencontrer Monsieur Pierre Karl Péladeau et Madame Julie Snyder.» Voilà qui est inusité en politique québécoise.

Pourquoi relever ce fait? Parce que, dans le monde politique québécois, plusieurs s'interrogent sur l'influence que pourrait avoir la compagne de M. Péladeau dans l'avenir. Elle est une animatrice et une productrice de télé qui compte au Québec.

Ceux-là parlent de la «variable Julie» ou du «facteur Julie», sans pouvoir anticiper quoi que ce soit. L'interrogation n'a pas seulement cours chez les libéraux ou les caquistes. Elle existe aussi dans des cercles péquistes.

L'ANCIEN DE LA CSN

Pour certains, c'est la quadrature de tout. Pour d'autres, la preuve que Pierre Karl Péladeau peut rallier les souverainistes - pour autant qu'il hisse haut le drapeau de l'indépendance.

Cette semaine, Pierre Paquette, ancien député du Bloc québécois, mais surtout ex-haut dirigeant de la CSN, s'est fendu d'une lettre pour annoncer qu'il appuie M. Péladeau. L'indépendance d'abord, clame M. Paquette. Pour le reste, on verra en temps et lieu! suggère-t-il.

Pierre Karl Péladeau ne pouvait rêver mieux. La lettre a tout naturellement été acheminée par son équipe.

«Nos divergences de vendredi doivent céder la place au défi que nous voulons relever ensemble», écrit l'ancien secrétaire général de la CSN. «J'ai toujours travaillé comme citoyen, comme syndicaliste et comme parlementaire pour un Québec progressiste. Mais mon engagement pour l'indépendance nationale n'a jamais été conditionnel à une garantie de réalisation d'un projet de société en particulier.»

DANS LA BATAILLE DE CHAUVEAU

Le Parti québécois est hors course dans les partielles déclenchées mercredi. Son prochain chef ne passera pas beaucoup de temps à faire campagne dans Chauveau et dans Jean-Talon. Il ne voudra pas que ces défaites annoncées puissent entacher son début de règne. Voilà pourquoi, au Parti québécois, on ne se gênera pas d'ici le 8 juin pour répéter que ces circonscriptions lui sont réfractaires et que les scrutins à venir ne constituent en rien un test.

Dans Chauveau, le Parti libéral du Québec a tout à gagner; la Coalition avenir Québec, tout à perdre. Ce parti et son chef, François Legault, déploient des efforts rarement vus pour une partielle, a fortiori dans une circonscription réputée acquise. Le caquiste Gérard Deltell l'avait emporté haut la main lors des dernières générales.

François Legault en fait une affaire quasi personnelle. Son parti s'est offert deux pleines pages de publicité dans Le Soleil et une dans le Journal de Québec pour promouvoir sa candidate, Jocelyne Cazin. Vendredi, il était à Stoneham pour dévoiler le thème de ses campagnes dans Chauveau et dans Jean-Talon, soit la défense de la classe moyenne. «On verra ce que la population de Québec pense des hausses de taxes et de tarifs du Parti libéral», annonçait-il déjà il y a une dizaine de jours.

Au lendemain de la confirmation de la candidature de Véronyque Tremblay dans Chauveau, le 28 avril, le chef caquiste avait utilisé son premier droit de parole, lors de la période des questions à l'Assemblée nationale, pour illustrer les contrastes entre la position de cette nouvelle libérale sur les éoliennes et celle du gouvernement Couillard.

Depuis, cette partielle a teinté plusieurs des questions posées par M. Legault au premier ministre.

À PROPOS DU CASTING

Certains se demandent si la CAQ n'a pas commis une erreur de distribution en recrutant l'ancienne journaliste Jocelyne Cazin, une personnalité certes appréciée de plusieurs, mais qui n'est pas de la région de Québec - un message sur lequel les libéraux insistent et cognent sans cesse.

Est-ce qu'il n'aurait pas été préférable qu'Alain Fecteau, qui possède un solide profil économique, et qui est de Québec, se présente dans Chauveau plutôt que dans Jean-Talon, où le libéral Sébastien Proulx devrait l'emporter?

Cette question est impertinente, soutient-on à la CAQ. Car elle laisse entendre que le parti pourrait perdre Chauveau. Ce qui ne sera pas le cas, assure-t-on.

Chose certaine, François Legault et ses troupes travaillent d'arrache-pied pour la conserver.

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