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La raison d'État de Drainville

Il est clair qu'on s'est laissé des portes... (La Presse Canadienne)

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Il est clair qu'on s'est laissé des portes grandes ouvertes depuis le début dans le camp Drainville. Le père de la charte des valeurs a eu beau interpeller sévèrement Pierre Karl Péladeau dès le premier débat tenu à Trois-Rivières le 11 mars, les canaux de communication sont toujours demeurés ouverts entre leurs équipes respectives.

La Presse Canadienne

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(Québec) À la mi-février, les aspirants-chefs Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau ont signé une tribune commune. Leurs collègues Alexandre Cloutier et Martine Ouellet n'ont pas été mis dans le coup. Ils se sont interrogés : cette lettre était-elle le prélude à une alliance?

Martine Ouellet et Alexandre Cloutier auraient aimé être associés à leur démarche. Pierre Céré, qui s'est longtemps désigné comme le «cinquième» candidat à la direction du Parti québécois, aussi.

Le chef libéral Philippe Couillard venait d'assimiler la quête de l'indépendance du Québec à du radicalisme. La lettre de Pierre Karl Péladeau et de Bernard Drainville le pourfendait.

Cette missive était une initiative du camp Drainville. De là à dire qu'elle annonçait le ralliement du député de Marie-Victorin à la candidature de l'actionnaire de contrôle de Québecor, il y a un pas qu'il faut se garder de franchir.

Sans doute ce ralliement, officialisé mercredi, était-il écrit dans le ciel. Bernard Drainville courait vers l'échec. Mais cette lettre de février ne faisait partie d'aucun plan.

Tout n'est pas que calculs en politique. On parle trop souvent de stratégie et de stratèges, comme si plusieurs des acteurs en scène étaient des champions du jeu d'échecs - alors qu'ils ne font souvent que saisir (ou pas) des opportunités qui se présentent. C'est ce qui s'est produit cette fois-là.

En revanche, il est clair qu'on s'est laissé des portes grandes ouvertes depuis le début dans le camp Drainville. Le père de la charte des valeurs a eu beau interpeller sévèrement Pierre Karl Péladeau dès le premier débat tenu à Trois-Rivières le 11 mars, les canaux de communication sont toujours demeurés ouverts entre leurs équipes respectives.

En coulisse, le camp Drainville a toujours cherché à «préserver l'avenir». Voilà pourquoi le ralliement a pu se négocier rapidement en début de semaine.

Chez des péquistes situés dans d'autres camps, on chuchote que Bernard Drainville n'a pas gagné grand-chose dans ses pourparlers avec M. Péladeau. Les militants péquistes seront consultés six mois avant les prochaines élections pour déterminer si leur parti promettra ou pas un référendum. Une clause «d'appauvrissement zéro» sera réclamée pour les employés du secteur public. Celui qui était le «colistier» de M. Drainville, Sylvain Gaudreault, portera la stratégie de PKP visant à faire du Québec une économie verte.

Quid de la charte de la laïcité de Bernard Drainville? Rien. Il est bien possible qu'une fois chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau en réduise la portée.

C'est le prix du «rassemblement» invoqué par M. Drainville. Il oblige à des compromis. Pour le désormais ex-aspirant-chef, la question était : se rallier avant le vote des militants ou à l'issue du vote? C'est la logique dans laquelle il s'était placé depuis quelque temps.

Les acrobaties sont inévitables dans ce genre de scénario. Il y a quelques semaines, personne n'imaginait le député Gaudreault dans le camp Péladeau.

Guy Leclair est un autre député passé de Drainville à Pierre Karl Péladeau. En 2010, il avait présenté un projet de loi visant «à dépoussiérer les dispositions antibriseurs de grève». Le lock-out au Journal de Montréal était alors dans tous les esprits.

Le syndicaliste Marc Laviolette vient, lui, de rallier le camp de Martine Ouellet. «À titre personnel», précise-t-il. Il est le président de l'exécutif du Parti québécois de la circonscription de Beauharnois, celle que représente Guy Leclair à l'Assemblée nationale...

UNE HISTOIRE FASCINANTE

L'histoire du Parti québécois a quelque chose de fascinant. Elle est portée tantôt par des orthodoxes, tantôt par des dissidents; par des apparatchiks et des mutins, des réformateurs et des conservateurs, des pressés et des moins pressés.

L'option de la souveraineté tient l'équipage vaille que vaille, tout comme la social-démocratie - bien que certains tirent de nos jours aussi fort à droite que d'autres à gauche.

Un parti ne sort jamais indemne d'une course à la direction. Des divisions subsisteront. Mais vraisemblablement jamais comme il a pu s'en produire dans le passé. En 1985, par exemple, près de 500 délégués, parmi lesquels des ministres comme Camille Laurin, avaient claqué la porte d'un congrès du parti.

On verra à la fin de cette course si Martine Ouellet se rallie à Pierre Karl Péladeau et surtout dans quels termes. Alexandre Cloutier, lui, voudra continuer à animer un courant au sein d'un Parti québécois dirigé par Pierre Karl Péladeau; un courant qu'il qualifie de nouveau.

Un élément inquiète toutefois des ténors péquistes. C'est le fait qu'en pleine «austérité libérale», le Parti québécois ne fasse pas meilleure figure dans les intentions de vote. La course n'a pas eu l'effet qu'ils escomptaient. Pour ces inquiets, c'est l'élément à retenir jusqu'ici.

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