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Carte électorale: la révision ne réglera pas la «tension» entre régions et grands centres

Manon Massé et Françoise David, de Québec solidaire... (PHOTO STÉPHANE LESSARD, ARCHIVES LE NOUVELLISTE)

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Manon Massé et Françoise David, de Québec solidaire

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La révision de la carte électorale ne pourra régler le problème démocratique de fond qui crée «une tension constante entre les régions plus éloignées, qui voient leur nombre d'électeurs diminuer, et les grands centres, qui voient leur nombre d'électeurs augmenter», soutient Québec solidaire.

La formation profitera des audiences sur la délimitation des circonscriptions, qui ont débuté mardi soir à Québec, pour revenir à la charge avec sa demande d'adopter un système électoral en proportion des voix reçues par une formation politique.

Il y a un mois, la Directrice générale des élections Lucie Fiset a divulgué une proposition pour une nouvelle délimitation de la carte électorale. Elle prévoit maintenant six circonscriptions qui feront exception à la loi en comptant 25 % d'électeurs de moins que la moyenne nationale.

Par contre, la création de deux circonscriptions est nécessaire en raison du boum démographique dans la couronne urbaine de Montréal où trois circonscriptions ont une population de 25 % supérieure à la moyenne. Comme la progression de la population est moins forte que dans l'ensemble du Québec, l'île de Montréal perdra un de ses députés par la fusion des circonscriptions de Mont-Royal et d'Outremont.

Pour l'élue solidaire Manon Massé, une nouvelle carte ne fera que «bouger les frontières des circonscriptions pour qu'il y ait le plus possible apparence d'égalité de vote». À ses yeux, le «problème de fond n'est pas réglé par le déplacement des frontières».

C'est une disposition de la législation qui oblige la DGE à réévaluer «à chaque deux élections, des frontières pour assurer un équilibre entre l'égalité du vote», a-t-elle rappelé. Or, le mouvement naturel démographique fait en sorte que les régions se vident au profit des grands centres et la refonte de la carte, «nous la referons encore pour 50 ans et nous serons toujours pris dans cette tension».

C'est la valeur démocratique d'un suffrage qu'il faut revaloriser, a fait valoir Mme Massé. Elle n'a pas hésité à donner son propre exemple, dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, «où j'ai été élue [par] 91 voix. Il y a plus de gens qui n'ont pas voté pour moi dans ma circonscription que [...] pour moi.»

La façon de remédier au déficit démocratique, c'est l'élection «proportionnelle mixte compensatoire pour assurer que la distorsion que provoque le mode actuel [...] soit rééquilibrée». À défaut de quoi, la tendance à l'abstention le jour du vote ne se résorbera pas, les citoyens se demandant «à quoi ça sert» de voter, a suggéré la solidaire.

Mme Massé a signalé au passage que l'actuel mode de scrutin «favorise l'alternance entre deux grands partis. C'est d'ailleurs pourquoi, à travers le monde, on a changé ce mode puisque la population ne se sentait pas représentée.» À ce sujet, sur les sept circonscriptions sous la barre des 25 % (en incluant les Îles-de-la-Madeleine qui en sont exemptées par la loi), quatre ont des députés du Parti québécois; trois, du Parti libéral du Québec.

Manon Massé a reconnu qu'avec le système en vigueur, les régions «sont peut-être, effectivement, surreprésentées parce qu'elles sont plus souvent dans les exceptions. Mais est-ce que cela leur donne, pour autant, une plus grande capacité d'influence sur les politiques?

«Ça, j'ai un gros point d'interrogation. Par exemple, quand on voit tous les impacts ne serait-ce que du projet de loi 28 sur les structures régionales de développement, il y a la représentation, mais aussi la capacité d'influence. Le sentiment, c'est qu'il y a une forme d'illusion.»

L'Assemblée nationale se compose de 125 circonscriptions et d'autant de députés. La formule mise de l'avant par Québec solidaire se traduirait par l'élection de 75 députés dans des circonscriptions et de 50 élus provenant «de listes» établies par les partis, «pour rectifier la distorsion», et désigné «sur une base régionale», a plaidé la solidaire.

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