Martine Ouellet accuse deux ministres libéraux de sexisme

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La député péquiste Martine Ouellet arrive pour la période de questions à l'Assemblée nationale, mardi, à Québec.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

La députée péquiste Martine Ouellet a accusé deux ministres libéraux de faire preuve d'arrogance et de condescendance envers leurs adversaires féminines.

Alors que le Conseil du statut de la femme (CSF) affirme que le premier ministre Philippe Couillard ne fait pas assez de place aux femmes dans son gouvernement, Mme Ouellet a critiqué l'attitude de Robert Poëti et de Gaétan Barrette.

«Je vous dirais que c'est une attitude généralisée d'arrogance et de condescendance, mais je vous dirais que c'est pire lorsqu'ils s'adressent à des femmes, et je pense que ce n'est pas acceptable, de toute façon, de façon générale, a-t-elle dit. Mais je pense qu'il devrait y avoir un suivi plus serré de la part de la présidence.»

Mme Ouellet a lancé un appel au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, afin qu'il s'assure que le ton et les réponses des deux ministres soient respectueux envers les députées.

«On tolère, je dirais, un petit peu de dérapages», a-t-elle dit avant de se rendre à une réunion des députés péquistes.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est étonné des propos de Mme Ouellet, qu'il a refusé de commenter.

«Moi, je réponds aux questions qu'on me pose et c'est sans égard au sexe de la personne qui me pose des questions, a-t-il dit. Vous avez constaté qu'on me pose des questions particulières.»

De son côté, le ministre des Transports Robert Poëti a mis en doute les affirmations de Mme Ouellet, qui est porte-parole du Parti québécois en matière de transports.

«Qu'elle donne un seul exemple, a-t-il dit. C'est tout ce que je veux entendre. Jamais je n'ai eu cette attitude-là. Qu'elle donne un seul exemple. Elle n'en a pas.»

M. Poëti a plaidé que jamais le président de l'Assemblée nationale n'a jugé que ses propos étaient contraires au décorum de la chambre.

«Jamais je n'ai eu des propos sexistes à l'Assemblée nationale, je n'en ai pas, tout simplement», a-t-il martelé.

Après avoir soutenu que les journalistes parlementaires constituent un «boy's club», la ministre responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, s'est portée à la défense de ses deux collègues en affirmant qu'ils respectent les femmes.

«On est une belle équipe, a-t-elle dit aux journalistes. Je pense que Mme Ouellet pousse un petit peu loin. Il y a un grand respect de la part de mes collègues, de part et d'autres, pour la place des femmes.»

Le Conseil du statut de la femme (CSF) a accusé mardi le premier ministre Philippe Couillard d'avoir manqué à son engagement de réserver 40 pour cent des postes de son conseil des ministres à des femmes.

La présidente de l'organisme, Julie Miville-Dechêne, a écrit récemment une lettre à M. Couillard pour lui souligner que cette proportion est plutôt de 32 pour cent.

Dans sa lettre rendue publique mardi, Mme Miville-Dechêne constate également que la totalité des ministères à vocation économique sont gérés par des hommes.

La présidente du CSF déplore que seulement 9 pour cent du budget du gouvernement québécois soit confié à des femmes.

«Il y a longtemps que les femmes ont détenu si peu d'influence au sein d'un gouvernement québécois, a-t-elle écrit. Vous avez le pouvoir de rétablir la situation.»

Le gouvernement de M. Couillard compte 8 femmes ministres sur 25.

Tout en affirmant qu'il est difficile d'attirer des femmes en politique, Mme Vallée a affirmé que leur voix est entendue malgré une représentation minoritaire au conseil des ministres.

«Elle est entendue sur la colline parlementaire, la voix des femmes, qu'elles soient dans l'opposition, qu'elles soient au conseil des ministres, a-t-elle dit. Partout, elle est entendue, je tiens à vous rassurer.»

Le prédécesseur libéral de M. Couillard, Jean Charest, avait fait sa marque à ce chapitre en instaurant la parité au conseil des ministres en 2007. L'écart s'était toutefois creusé et, en 2012, son gouvernement comptait 10 femmes ministres pour 15 hommes.

M. Miville-Dechêne a écrit sa lettre, datée du 16 avril, à l'occasion du 75e anniversaire du droit de vote des femmes, qui sera célébré le 25 avril.

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