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So, so, so, solidarité

Comme tous les conseils des ministres, celui du... (La Presse Canadienne)

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Comme tous les conseils des ministres, celui du gouvernement libéral est traversé de sensibilités différentes. Aucun fossé entre eux, évidemment. Mais il y a parfois des sensibilités qui les séparent.

La Presse Canadienne

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(Québec) Ce qui permet au gouvernement de Philippe Couillard de faire face à ses adversaires en cette période de grande intensité politique, c'est la solidarité dont ses membres finissent toujours par faire preuve une fois les caps fixés.

Comme tous les conseils des ministres, celui du gouvernement libéral est traversé de sensibilités différentes. Aucun fossé entre eux, évidemment. Mais il y a parfois des sensibilités qui les séparent.

Il y a, d'une part, les plus pressés, les plus convaincus, comme les Martin Coiteux, Carlos Leitão et compagnie; d'autre part, ceux qui se targuent de «sentir» jusqu'où avancer sans casser le lien avec la «majorité silencieuse». Des vieux routiers sont dans ce lot.

Philippe Couillard a la responsabilité de trancher. Cela a été le cas dans le dossier de la modulation des tarifs des services de garde subventionnés.

Ce le sera - sur un tout autre plan - dans celui de la création d'un registre québécois des armes d'épaule. Malgré les motions unanimes de l'Assemblée nationale, tous les libéraux ne voient pas les choses de la même manière.

On dira que cette unité à toute épreuve, une fois les décisions prises, est la marque des libéraux provinciaux. Et que c'est ce même ingrédient qui a toujours fait défaut aux péquistes. C'est vrai.

Des libéraux ont même parfois été jusqu'à avaler des couleuvres, comme lorsqu'ils refusaient à l'unisson la mise sur pied d'une commission d'enquête sur la corruption et l'industrie de la construction.

Aujourd'hui, cette unité est une armure, s'enorgueillit-on à l'interne. Il suffirait qu'un seul ministre fasse entendre des réticences sur le calendrier de retour à l'équilibre budgétaire pour la fragiliser. Mais cela n'arrivera pas.

D'autant moins qu'on estime chez les libéraux que les sondages d'opinion ne sont pas si mauvais, compte tenu de l'exercice de «redressement» en cours.

DÉBROUILLEZ-VOUS!

Ce sera de plus en plus évident : la bible politique des 12 prochains mois du gouvernement Couillard, le budget 2015-2016, s'appuie sur une injonction lancée aux cadres et aux gestionnaires des réseaux de la santé et de l'éducation, ainsi qu'à ceux de tout le système public québécois. Cette injonction est : débrouillez-vous!

Livrez! leur ordonne-t-il.

Les ténors du gouvernement font régulièrement valoir que les compressions qui concrétiseront le «déficit zéro» au 31 mars 2016 ont été déterminées. C'est vrai. Mais attention : au niveau gouvernemental seulement.

Québec a établi très précisément le montant des différentes enveloppes. Il ne l'a pas fait à l'aveuglette. Mais il n'empêche qu'il doit en partie s'en remettre à autrui pour tout faire atterrir. Bien des patates chaudes ont été envoyées vers les paliers administratifs inférieurs.

La responsabilité reposant sur les épaules des cadres et des gestionnaires est immense. L'atterrissage de l'opération en cours dépendra beaucoup d'eux.

Ce sont bien souvent eux qui devront faire les derniers choix. Les plus difficiles, par nature.

Le gouvernement estime avoir fait sa part. Il a modifié les structures dans le réseau de la santé et des services sociaux - une réforme dont il attend des économies substantielles. L'étalement de la rémunération des médecins et les offres - maigres - faites à l'ensemble des employés de l'État en généreront aussi.

Mais jamais suffisamment pour ramener la croissance des dépenses à 1,2 %, prédisent les adversaires des libéraux.

RAPPELS À L'ORDRE

Voilà pourquoi le gouvernement devra sans doute lancer des rappels à l'ordre aux cadres et aux gestionnaires dans les prochains mois. Ce ne seront pas les premiers.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a lancé le tout premier en octobre : «Les gestionnaires n'ont pas l'option de ne pas respecter ce que le gouvernement veut faire : c'est-à-dire de ramener l'équilibre budgétaire de façon responsable en préservant les services directs à la population, et en particulier en s'assurant que les personnes les plus vulnérables de notre société ne soient d'aucune manière touchées par l'exercice de retour à l'équilibre budgétaire.»

«On n'est pas nés de la dernière pluie», avait renchéri Philippe Couillard le lendemain. «Quand on a ce genre de période de rigueur budgétaire, les choix les plus faciles qui sont présentés par les appareils multiples, c'est de nuire au service des gens en espérant que le gouvernement va reculer, puis va abandonner son objectif d'équilibre budgétaire.»

Il y a 10 jours, M. Couillard a remis un peu de pression. «Je sais par expérience - j'ai déjà dirigé un grand ministère - que chaque fois qu'un établissement ou un réseau nous dit : "On ne peut plus faire mieux", ce n'est jamais vrai. On peut toujours faire mieux.»

On peut s'attendre à ce que les ténors du gouvernement rappellent régulièrement aux dirigeants intermédiaires qu'ils comptent sur eux, qu'ils ont besoin d'eux. Car ils ont absolument besoin d'eux.

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