Relations douteuses: un «effort de démolition», selon Couillard

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(Québec) Le premier ministre Philippe Couillard s'indigne des «amalgames» et de la «culpabilité par association» de deux histoires qui reviennent sur son implication au sein de conseils d'administration d'entreprises privées.

Le chef du gouvernement est sorti tôt mercredi pour défendre sa probité à la suite d'un article du Journal de Montréal sur un ex-collègue au C.A. de l'entreprise Amorfix Life Sciences.

«Il faut savoir que les faits, pas les fausses associations, les faits, ne mettent en aucun cas en cause mon intégrité personnelle», a affirmé le premier ministre. Il s'estime la cible d'un «effort de démolition» politique parce que le gouvernement «va assez bien».

M. Couillard assure qu'il ignorait que Peter Hans Black, aujourd'hui accusé d'une fraude de plus de 400 000 $, avait un parcours professionnel jonché d'épisodes peu reluisants : quatre poursuites totalisant près de 20 millions $, amendes et mesures réglementaires de l'Autorité des marchés financiers (AMF) ainsi que révocation de son permis de vendre des produits financiers au Québec.

M. Black siégeait au C.A. de l'entreprise, cotée à la Bourse de Toronto, que M. Couillard a présidée entre 2010 et 2012. «C'est certain qu'à l'époque, si nous avions connu ce fait, il y aurait certainement eu des actions posées au C. A. et certainement des questions précises posées à notre collègue», a affirmé M. Couillard en Chambre. L'opposition péquiste dénonce que des épargnants québécois aient perdu de l'argent à cause de M. Black.

Bien que des médias aient fait état de certaines des poursuites visant M. Black, le premier ministre assure qu'il n'était pas au courant de ses agissements. À une occasion, M. Black a été confronté au C. A. sur un dossier particulier et il a assuré à ses collègues qu'il n'avait rien à se reprocher.

Pour M. Couillard, qui ne «passait pas ses journées à regarder les journaux à cette époque», M. Black était un actionnaire important de la compagnie, qui siégeait au C. A. de l'Orchestre symphonique de Montréal et commentait l'actualité économique à la télévision. «On n'avait ni indice, ni raison de penser qu'il y avait de telles irrégularités», affirme M. Couillard.

Il reconnaît avoir côtoyé socialement M. Black, mais ne le considère pas comme un «ami». «Depuis que j'ai quitté le conseil, je ne lui ai pas parlé une seule fois, a-t-il affirmé. Quand on a un ami, on garde le contact et on se parle souvent.»

D'autre part, le premier ministre a assuré avoir appris par les médias que la minière chinoise Canadian Royalties, sur le C. A. de laquelle il a siégé, a reçu un prêt de 100 millions $ d'Investissement Québec. Son ministre de l'Éducation, Jacques Daoust, a par contre dû revenir sur ses propos de la veille voulant que M. Couillard n'avait «jamais» rencontré les dirigeants de la société chinoise et que cette réunion avait eu lieu à sa demande.

«C'est un prêt commercial qui a été fait sur une base commerciale avec les fonds propres d'Investissement Québec», a insisté M. Couillard.

L'opposition bondit

Les partis d'opposition ont bondi sur les révélations du Journal de Montréal. Ils ont soutenu que Philippe Couillard était décidément entouré de personnages douteux, lors de son passage dans le privé.

Le PQ et la CAQ ont rappelé le cas d'Arthur Porter, accusé de fraude dans le dossier de l'hôpital du CUSM, à Montréal, emprisonné au Panama, un médecin qui s'est aussi présenté comme un proche de M. Couillard.

«C'est troublant», a laissé tomber le chef parlementaire du PQ, Stéphane Bédard. «M. Couillard a une responsabilité personnelle» quant aux liens avec Amorfix, de l'utilisation des fonds et du contrôle que doit exercer un conseil d'administration.

«Ou bien M. Couillard choisit mal ses amis, a soulevé M. Bédard, ou bien ce sont ses amis que le choisissent très bien. C'est un deuxième cas patent où des liens se sont répercutés en liens d'affaires plutôt douteux.»

Pour le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, «ce qui me vient en tête, c'est que M. Couillard a quitté la politique, en 2008, (...) faire de l'argent. Il a accepté à peu près tout ce qu'on voulait lui mettre sous le nez.»

Pour son chef François Legault, M. Couillard «a manqué de jugement». Il a donné son propre exemple. «Je siégeais sur huit conseils d'administration» avant de revenir en politique. «J'en ai refusé [des postes à ce niveau] parce qu'après une petite enquête, je voyais des gens avec un passé douteux.»

Selon Manon Massé, «une simple recherche Internet aurait permis à M. Couillard de savoir que M. Black était déjà poursuivi. On se souvient d'Arthur Porter, a enchaîné la députée de Québec solidaire. On se demande : où est le jugement de M. Couillard? Est-ce que le premier ministre nous en réserve d'autres? S'il a autre chose dans le placard, qu'il les sorte, c'est le temps!»

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