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Du grabuge politique

Les partis politiques québécois se sont prononcés de... (La Presse, Patrick Sanfaçon)

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Les partis politiques québécois se sont prononcés de différentes façons à la suite du grabuge survenu à l'UQAM, cette semaine.

La Presse, Patrick Sanfaçon

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(Québec) Le grabuge à l'UQAM a obligé chaque formation politique à jouer une partie fine.

Les états-majors des groupes parlementaires à l'Assemblée nationale savent que l'opinion publique observe. Leurs sympathisants et leurs alliés naturels aussi.

Qui doivent-ils dénoncer? Qui doivent-ils soutenir? Sur quels éléments mettre l'accent?

Arrêtons-nous sur les communications officielles des partis cette semaine. Les messages qu'ils ont livrés étaient censés dire précisément ce qu'ils pensent, car ils se sont posé ces questions.

Mercredi, Québec solidaire (QS) publie un communiqué de presse sur le coup de 18h. Il est le premier à réagir. L'après-midi a été chaud à l'UQAM. QS réagit à chaud. Son objectif phare: soutenir ceux qu'il estime être ses alliés.

Pour Québec solidaire, l'université est un sanctuaire, comme l'ont clamé quelques heures plus tôt des chargés de cours, des professeurs et des étudiants, ceux montés au front. Les policiers n'y ont pas leur place, même si la direction dit avoir été forcée de les appeler.

«La haute direction de l'UQAM a brûlé tous ses feux rouges. Au lieu de dialoguer avec la communauté universitaire, comme le veut la tradition de cette université, elle a recours à la force, fustige Manon Massé. L'intervention du SPVM [Service de police de la Ville de Montréal] et l'arrestation de 21 personnes représentent un grave bris de confiance envers la direction.»

Dans un deuxième communiqué, publié le lendemain, jeudi, Manon Massé lance un appel au dialogue. C'est dans ce second communiqué, en fin de texte, qu'elle évoque rapidement les «dérapages». Elle les qualifie de «malheureux».

L'opposition officielle du Parti québécois y est allée d'un communiqué de presse jeudi matin. Son chef intérimaire, Stéphane Bédard, a accordé plusieurs entrevues. Le Parti québécois dénonce, lui, haut et fort et très clairement les violences, les personnes masquées et les actes de vandalisme.

Le Parti québécois est un parti de gouvernement. Il ne veut ni ne peut se permettre d'avoir l'air de cautionner quelque violence que ce soit.

«La violence est toujours inacceptable. Les gestes répréhensibles des commandos de manifestants masqués et cagoulés, dirigés contre des personnes et des biens, doivent être dénoncés.»

Stéphane Bédard les dénonce, mais n'oublie pas que son parti soutient les citoyens opposés «à l'austérité toxique du gouvernement libéral». Voilà pourquoi il prend soin de déplorer que ces gestes répréhensibles «discréditent les mouvements de mobilisation citoyenne».

Il tacle le gouvernement Couillard, coupable de «laisser-aller». Il exige la reconnaissance du «droit de grève, ce qui implique un encadrement».

Au pouvoir, le Parti québécois n'a pas donné suite à ce projet.

Faut-il permettre aux étudiants opposés à la grève d'étudier? Pas un mot sur cette question centrale.

La course à la direction oblige le Parti québécois à marcher sur un fil.

De l'autre côté

Le ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, François Blais, ne s'est pas précipité pour réagir. Signe que le dossier est délicat, il s'est entretenu avec le premier ministre avant de commenter le «saccage».

Devant les journalistes, le ministre n'a voulu aborder qu'un seul angle: le saccage, précisément. Il a voulu s'en tenir à un seul message: sa dénonciation.

C'est que le gouvernement est convaincu d'être «très en phase» avec l'opinion publique à ce chapitre, avec la fameuse «majorité silencieuse» des citoyens. C'est donc tout naturellement que le ministre, pour qui ce n'est pas un naturel, a eu des mots particulièrement durs.

François Blais a condamné des «événements innommables où intimidation et violence s'entremêlent de manière explosive et insoutenable». Il a parlé d'un «affront à la démocratie» mené par «quelques individus sinistres», des «personnes cagoulées qui terrorisent une institution».

Il a soutenu le droit pour les étudiants de pouvoir «étudier en paix» et le devoir des universités «de permettre l'accès à leurs salles de cours».

Il a rechigné à parler du «droit de grève des étudiants», car ce n'était pas ce sur quoi il voulait mettre l'accent. Ce n'est que pressé de questions qu'il a fini par rappeler que son gouvernement refuse d'encadrer un «droit» qu'il ne reconnaît pas, puisque les cours, a-t-il insisté, sont un service public fourni par l'État.

La Coalition avenir Québec est sur la même longueur d'onde. Les grèves étudiantes ont été détournées au fil des ans. Ceux qui veulent étudier doivent pouvoir le faire, dit le député Jean-François Roberge. Il croit que l'UQAM n'a fait que se protéger en recourant aux policiers.

M. Roberge affirme toutefois que le ministre Blais aurait dû mettre les points sur les i plus tôt. La Coalition aurait été plus ferme plus rapidement, assure-t-il.

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