Deltell confirme qu'il tente sa chance avec les conservateurs

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) «Je suis un Bleu. Je suis un vrai Bleu. Je suis un vieux Bleu. Je retourne à la maison.»

Le député Gérard Deltell a confirmé, mardi matin, la rumeur qui courait depuis des mois. Il démissionne de l'Assemblée nationale pour tenter sa chance aux prochaines élections fédérales, sous l'étendard du premier ministre conservateur Stephen Harper.

En point de presse, M. Deltell a insisté sur le fait qu'il est un partisan de toujours des conservateurs à Ottawa. Devant les micros, il a brandi la carte de membre qu'il avait prise, le 11 novembre 1981, lorsque, cégépien, il a adhéré à la formation fédérale que dirigeait alors Joe Clark.

Sur la tribune, il a signé le formulaire qui en fait un membre du Parti conservateur du Canada. Il a rencontré les médias dans Loretteville, au coeur de la circonscription fédérale de Louis-Saint-Laurent, où il tentera d'obtenir l'investiture conservatrice.

Élu et réélu à trois reprises, pour l'Action démocratique du Québec, puis pour la Coalition avenir Québec (CAQ), M. Deltell a insisté sur le fait qu'il renonce non seulement à son indemnité de départ, mais aussi à la portion de retraite comme membre de l'Assemblée nationale à laquelle il avait droit à compter de tout de suite. Au total, «je laisse sur la table par conviction» un peu plus de 500 000 $.

«je fais ce que je dis»

«Je fais ce que je dis, je dis ce que je fais, a-t-il martelé. Je ne suis pas à la retraite.» Il attendra à 65 ans pour recevoir des prestations d'un régime de retraite, ce qui le prive, a-t-il calculé, de 388 000 $ sur 15 ans.

Quant à la renonciation à l'indemnité de départ, qui lui aurait valu 114 000 $, M. Deltell a rappelé qu'il a «souvent dit que ça n'avait pas d'allure». En 2010, il a plaidé pour l'abolition de cette disposition. En 2013, il a présenté un projet de loi à cet effet.

Il s'est targué d'être le premier élu à poser ce geste. S'il n'a pas de fortune personnelle, il a soutenu, sourire en coin, qu'il est «un des plus grands économistes du Québec... J'économise beaucoup. Je suis de nature très conservatrice. [...] Je vais vivre sur mes réserves» jusqu'aux élections.

M. Deltell ne voit pas de difficulté à s'intégrer dans un gouvernement qui est souvent durement attaqué au Québec. «Ce qui est surprenant», a-t-il soulevé, c'est qu'en isolant plusieurs éléments des politiques de Stephen Harper, les Québécois se montreraient d'accord avec le chef conservateur.

Le démissionnaire n'a pas de problème avec les positions de nouveau chef sur le registre des armes à feu. À l'Assemblée nationale, il s'est rallié, «dans ce cas comme dans tous les cas», au consensus voté au caucus de la CAQ. Mais «je ne suis pas en faveur du registre.

«Au Québec, nous avons malheureusement été tétanisés par les drames qui nous ont tous secoués [comme les meurtres à Polytechnique]. Mais il faut comprendre qu'il s'agit d'un registre pour les armes d'épaule, donc pour les chasseurs.» Un registre qui «n'était pas parfait, loin de là. Depuis, il n'y a pas eu d'augmentation de la criminalité».

Il a affirmé que ce n'est pas la décision du chef caquiste François Legault de le priver du rôle de leader parlementaire qui a précipité son départ. «Au contraire.

M. Legault a été extrêmement respectueux de mon cheminement.»

M. Deltell en a profité pour égratigner au passage l'image de Pierre Karl Péladeau. «Avec tout le respect que j'ai pour M. Péladeau, deux semaines avant qu'il annonce sa candidature "non, non, je n'y vais pas". Il n'a quand même pas pensé à ça, à la dernière minute. J'ai décidé de jouer visière levée.»

Harper et le npd réagissent

Depuis Vancouver, Stephen Harper s'est réjoui de la recrue qui se joint à son équipe de candidats. «De plus en plus de Québécois reconnaissent dans notre parti leurs priorités. Ils veulent un gouvernement qui [...] équilibre le budget [et] un parti prêt à contrer le crime et le terrorisme.»

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) n'a pas tardé à réagir. «Un an jour pour jour après avoir été élu, Gérard Deltell abandonne ses électeurs», s'est indigné un porte-parole de la formation qui représente, en ce moment, Louis-Saint-Laurent. Marc-André Viau s'est moqué du fait que le démissionnaire se vante de laisser sur la table 500 000 $ : «C'est le coût d'une élection partielle au Québec.»

Le candidat du Parti libéral du Canada dans la circonscription, Youri Rousseau, a «souhaité la bienvenue à mon adversaire conservateur», en affirmant toutefois que, depuis neuf ans, avec quelques députés québécois, le gouvernement du Parti conservateur du Canada n'a «jamais défendu les intérêts du Québec. Il ne faut pas tomber dans l'illusion que Gérard Deltell pourra changer cet état de fait».

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