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Acrimonie au Parlement

Le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau

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(Québec) La tension qui se vit régulièrement à l'Assemblée nationale du Québec menace depuis quelque temps de tourner à l'acrimonie - si ce n'est pas déjà le cas.

Le premier exemple que l'on peut soumettre est passé totalement inaperçu. Mardi, dans une salle de l'Assemblée nationale, un débat se déroule sur ce que le Parti québécois affirme être un «outrage au Parlement». Ce n'est pas une chose banale.

Ce possible outrage concerne le projet de loi 28 du ministre des Finances, Carlos Leitão. Mais la personne incriminée est le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau.

Les conférences régionales des élus sont démantelées ou en voie de l'être alors que le projet de législation prévoyant leur disparition n'est pas encore adopté, s'indigne le Parti québécois.

Les libéraux considèrent que l'opposition officielle joue la «comédie»; qu'elle cherche uniquement à faire du tort au gouvernement.

Cet après-midi-là, le débat oppose Pierre Moreau et la leader parlementaire du Parti québécois, Agnès Maltais. Elle met en doute sa conduite de parlementaire; autrement dit, son intégrité, ce qui n'est pas rien.

M. Moreau se dit victime d'accusations fausses. En fin de séance, il estime avoir démontré qu'il ne s'agit pas d'un outrage et que son opposante n'a agi que par «méchanceté».

Hors micro, M. Moreau lance, à plus d'une reprise, ceci à son adversaire péquiste : «Ne me parle plus jamais! Toi, je ne te parle plus jamais!»

Sur le fond, une commission spéciale de l'Assemblée nationale déterminera s'il y a eu ou non outrage et si le Parti québécois a exagéré ou pas.

Le même jour, le ministre Jean-Marc Fournier a affirmé devant les journalistes que les allégations de Pierre Karl Péladeau à l'égard du jurisconsulte sont «brutales» et qu'elles relèvent d'une «stratégie d'intimidation». Rien de moins.

M. Péladeau avait balayé du revers de la main l'avis de Me Claude Bisson, ex-juge en chef du Québec, l'accusant carrément d'être en conflit d'intérêts. Le candidat à la direction du Parti québécois estime que le congédiement du fils de M. Bisson par Québecor, en 2010, a pu teinter son jugement.

Les mots de trop, les petites phrases lancées contre un adversaire, les raccourcis sémantiques... Voilà le lot presque régulier des parlements. Ces travers ne traduisent pas toute la réalité parlementaire; ils traduisent néanmoins une réalité.

Mais ces temps-ci, les mots et les attitudes dénotent le retour à l'Assemblée nationale d'une forme de hargne.

L'«ÉNERGIE» DE PKP

Pierre Karl Péladeau mène dans la chasse aux appuis au sein du caucus des députés du Parti québécois. Ce qu'il y a de remarquable à ce chapitre est qu'à peu près tous ses collègues s'étant rangés derrière lui ont plébiscité «son énergie». Non pas qu'ils n'ont pas souligné leur accord avec les idées qu'il a pu présenter, mais c'est son énergie qui les a attirés dans son orbite.

Les adversaires du magnat de la presse dans la compétition à la succession de Pauline Marois vous chuchoteront que c'est une arme à double tranchant. Ce qui est sûr, pour l'heure, c'est le fait relevé.

«Il n'est pas passé par quatre chemins pour dire qu'il voulait avoir un pays», s'était exclamé en février le député Claude Cousineau. Il plébiscitait ainsi son énergie, sa volonté et la confiance qu'il inspirerait.

En début de semaine, c'est le tout nouveau député de Richelieu, Sylvain Rochon, qui, en appuyant Pierre Karl Péladeau, a marché dans le même sillon - en y ajoutant des notes lyriques : «Nous avons besoin de cette confiance, de cette foi, de cette fougue, besoin de réapprivoiser les verbes se distinguer, s'émanciper, s'administrer, se posséder, se libérer. Ces verbes, Pierre Karl Péladeau les conjugue avec une assurance qui nous renforce, une assurance qui nous donne envie d'aller jusqu'au bout de nos rêves et contrarie ceux qui nous veulent petits, assujettis, muets, fondus dans l'ensemble canadien, inexistants.»

Dans ce concert, la députée Diane Lamarre a fait entendre une voix singulière, jeudi. Pas de plaidoyer sur l'«énergie» de son côté. Elle a insisté sur les projets de «justice sociale» et d'«égalité des chances» que porte, selon elle, son candidat. Des projets qui «se traduisent entre autres par un accès à des services publics de qualité tant en éducation qu'en santé», a-t-elle dit.

Puisque nous parlions du nouveau député de Richelieu, Sylvain Rochon... Est-il nécessaire de préciser que les autres députés candidats à la direction du Parti québécois, qui l'ont épaulé lors de la partielle du mois dernier, ont peu apprécié le voir se ranger aussi rapidement dans un camp - qui plus est dans celui du meneur?

Mais Sylvain Rochon pouvait-il demeurer non aligné longtemps? Les pressions sont fortes à l'interne et les appels du pied, incessants.

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