La mission contre l'ÉI est prolongée

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Le premier ministre Stephen Harper s'est réjoui de l'adoption de la résolution.

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La Presse Canadienne
Ottawa

La campagne de bombardement aérien du Canada en Syrie pourrait s'amorcer d'ici quelques jours, alors que les parlementaires ont adopté lundi soir la motion du gouvernement sur le prolongement de l'intervention militaire contre le groupe armée État islamique.

Les conservateurs ont profité de leur majorité pour faire adopter la motion par un vote de 142-129. Un seul député de l'opposition les a appuyés: l'indépendant Scott Andrew, récemment exclu des rangs libéraux.

Les néo-démocrates, les libéraux, les deux députés du Parti Vert, les deux du Bloc québécois, le chef de Force et Démocratie et trois autres indépendants s'y sont opposés.

Auparavant, un amendement présenté par le NPD avait été défait.

La Défense nationale assure que les forces aériennes du pays sont prêtes à commencer les frappes dès l'adoption de la motion mais une conseillère en communication du ministère, Ashley Lemire, a déclaré à La Presse Canadienne que «le calendrier des frappes dépend des priorités de la coalition et de l'attribution de cibles pour le Canada».

Le premier ministre Stephen Harper s'est réjoui de l'adoption de la résolution. Même s'il a reconnu que la coalition internationale menée par les États-Unis était parvenue à freiner l'expansion territoriale de l'ÉI, il a affirmé que le groupe armé constitue toujours une menace mondiale. «Nous ne pouvons pas rester en marge pendant que (l'ÉI) continue à lancer des appels au terrorisme contre le Canada et contre nos alliés et partenaires; nous ne pouvons pas non plus permettre à (l'ÉI) de se réfugier en Syrie», a-t-il déclaré par communiqué.

Au cours du débat, qui a duré toute la journée, le ministre fédéral de la Défense, Jason Kenney, a rappelé que les conservateurs n'avaient pas changé leur position. «Sans une réponse militaire concrète pour arrêter les crimes contre l'humanité, ces crimes vont continuer avec davantage de victimes», a-t-il prévenu.

Du même souffle, M. Kenney a raillé la position du Nouveau Parti démocratique (NPD) - le parti de Thomas Mulcair est farouchement opposé au volet prévoyant une intervention militaire en territoire syrien et souhaiterait voir le Canada miser plutôt sur l'aide humanitaire. «La logique du NPD est de laisser le terrain à l'État islamique pour tuer davantage de victimes et donner à ces victimes à la fin de l'aide humanitaire? Ça n'a aucun sens», a lancé le ministre aux Communes.

Au cours de son intervention en soirée, le chef du NPD, Thomas Mulcair a déploré à maintes reprises que l'intervention aérienne ne soit pas menée à l'initiative des Nations unies et de l'OTAN.

«C'est un sérieux problème éthique pour le Canada. Ne pas en tenir compte trahit le manque de connaissance du gouvernement au sujet d'une région qui pourrait englouer le Canada dans un conflit pendant des décennies. Le premier ministre a dit aux Canadiens que nous avions le choix entre bombarder l'Irak et la Syrie ou de rester à l'écart. C'est un faux choix.»

M. Mulcair a aussi accusé le gouvernement de faire fi des stratèges militaires. «Les stratèges militaires nous disent qu'il faut deux choses pour qu'une mission soit couronnée de succès: il faut connaître l'objectif clair de la mission et la stratégie de retrait. Les conservateurs n'ont ni l'un, ni l'autre. Ils n'ont pas de plan.»

Le député conservateur John Duncan a accusé le NPD d'être hypocrite. «L'intervention en Afghanistan était appuyée par l'OTAN et les Nations unies, mais le NPD a quand même voté contre», a-t-il lancé.

Pour les néo-démocrates, comme pour les libéraux d'ailleurs, le fait de mener des bombardements en Syrie équivaudrait à cautionner le régime du président Bachar el-Assad, voire à renforcer son emprise sur le pouvoir.

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, l'a rappelé lors de sa prise de parole à la Chambre des communes en fin d'après-midi, lundi.

«Nous ne pouvons pas apporter notre soutien à une mission qui pourrait très bien aboutir à une plus grande consolidation du pouvoir d'Assad en Syrie», a-t-il plaidé.

«L'État islamique doit être confronté. Là-dessus, nous sommes tous d'accord. Là où nos opinions divergent, c'est sur la manière dont le Canada peut intervenir afin d'être le plus efficace possible», a indiqué M. Trudeau.

Les libéraux estiment que les troupes canadiennes devraient se consacrer à la formation des forces irakiennes dans le but de combattre l'État islamique.

En octobre dernier, les troupes du premier ministre Stephen Harper avaient voté à l'unanimité en faveur de la motion initiale, qui prévoyait un déploiement de six mois et limitait le champ d'action à l'Irak.

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