Le pétrole d'Anticosti divise les candidats à la direction du PQ

Les aspirants chefs Bernard Drainville, Alexandre Cloutier, Pierre... (IMACOM, Jocelyn Riendeau)

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Les aspirants chefs Bernard Drainville, Alexandre Cloutier, Pierre Karl Péladeau, Martine Ouellet et Pierre Céré étaient au Cégep de Sherbrooke dimanche à l'occasion de leur second débat.

IMACOM, Jocelyn Riendeau

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<p>Michel Corbeil</p>

(Sherbrooke) Ni faux pas ni réplique cinglante de la part des aspirants. Le deuxième débat organisé par le PQ a été marqué par un désaccord majeur entre les cinq candidats à la direction : la poursuite des travaux d'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti.

La course à la direction de la formation politique a fait salle comble, cette fois à Sherbrooke, où plus de 500 militants ont assisté aux échanges, dimanche. Les thèmes-l'environnement, la solidarité et la santé - ont surtout mis en relief des positions et des revendications communes. Le dossier du pétrole d'Anticosti, dans le golfe du Saint-Laurent, a divisé les aspirants même s'ils sont tous pour sortir le Québec «de sa dépendance au pétrole».

Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau ont plaidé pour la poursuite de l'aventure vers une possible exploitation de l'or noir, s'il y en a sous l'île. Alexandre Cloutier et Pierré Céré ont réclamé son abandon. Entre ces deux orientations, Martine Ouellet a avancé qu'il faut continuer d'explorer pour mieux enterrer l'idée.

Le député de Saint-Jérôme s'est montré le plus enthousiaste face aux perspectives qu'ouvrirait l'extraction de pétrole. «Allons voir de quoi il en retourne», a lancé M. Péladeau. Si les précisions de certains experts se matérialisent, Québec pourrait s'enrichir en dirigeant l'argent du pétrole vers un Fonds souverain, à l'image de celui constitué par la Norvège, a-t-il poursuivi. Cela deviendrait «un atout majeur pour la souveraineté».

Cloutier a «changé d'idée»

Tout en soutenant que le Québec doit devenir la société par excellence pour les énergies vertes, Bernard Drainville s'est montré favorable à l'exploration et l'exploitation pétrolière à Anticosti. Mais cela ne servirait qu'à une transition hors du recours aux hydrocarbures. «Je suis cohérent et constant», a-t-il déclaré aux journalistes en signalant que le gouvernement Marois, dont il a fait partie, a lancé le dossier. Il a noté qu'Alexandre Cloutier, lui, «a changé d'idée».

Devant les médias, celui-ci a admis que «ma pensée a évolué. [...] Il faut prendre acte qu'un virage est nécessaire», notamment pour que le parti se rapproche des jeunes.

Chose certaine, a-t-il exposé aux militants, il est hors de question d'extraction pétrolière par fracturation hydraulique, méthode bannie dans la vallée du Saint-Laurent et seule manière de l'extraire à Anticosti. Terre-Neuve, la France et l'Allemagne n'ont-ils pas banni ce procédé? a-t-il soulevé. Pierre Céré s'est fait catégorique. «Le pétrole de schiste sur l'île d'Anticosti, c'est non!»

Martine Ouellet, qui était responsable du dossier lorsque le gouvernement du PQ a donné le feu vert, a laissé entendre qu'elle n'a jamais cru à la rentabilité de l'exploitation du gisement de l'île. Elle a préconisé la tenue d'une enquête environnementale du BAPE pour «fermer complètement» le dossier. Car, «certains pensent qu'il y a un Klondike». À ses yeux, Pierre Karl Péladeau fait partie de ceux-là.

Tous se sont prononcés pour l'électrification des transports. Il faut convaincre les Québécois de rouler «électrique» dans une auto mue «par un moteur fabriqué au Québec, avec une batterie fabriquée Québec», a soutenu Martine Ouellet, reprochant au gouvernement libéral de créer des emplois en France «avec notre propriété intellectuelle».

Alexandre Cloutier a renchéri en mentionnant que le tout pourrait se produire avec l'aluminium des usines d'Alcan au Lac-Saint-Jean, dont il est un des députés. Pierre Karl Péladeau a cependant rappelé qu'il «reste pas mal de chemin à faire» avant que les conducteurs québécois adhèrent à cette option. Lorsqu'il était président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, où l'avait nommé Pauline Marois, il était fin seul à se rendre aux réunions «au volant de ma Volt».

Quand Péladeau se fait humble

«J'aimerais vous faire une petite confidence», a laissé tomber Pierre Karl Péladeau, au débat des candidats à la direction du PQ. «Je ne croyais pas que la vie politique pouvait être aussi exigeante.»

Deux aspirants à la succession de Pauline Marois, dont le favori pour l'emporter, M. Péladeau, ont joué la carte de l'humilité, dimanche, à Sherbrooke. Le député de Saint-Jérôme et actionnaire de contrôle de Québecor a choisi de le faire en conclusion de la confrontation avec ses concurrents.

«Si vous cherchez un chef qui comprend que le dialogue est nécessaire pour voir plus clair sur les enjeux complexes du Québec, les tendances internationales, les choix économiques, joignez-vous à mon équipe pour faire du Québec un pays», a-t-il dit.

Il en a profité «pour rendre hommage aux hommes et aux femmes qui se consacrent à cet engagement [politique] tous partis confondus», hommage à tous ceux qui le soutiennent, «aux députés, aux élus, à Julie [Snyder], à mes enfants». Il a dit souhaiter que son exemple puisse changer la perception de cynisme que dégagent les politiciens.

Durant les échanges, Pierre Karl Péladeau a tenu à se montrer affable envers ses adversaires dont il a salué le ton «courtois». Il a fait valoir que la course à la direction s'avère un véritable «festival d'idées». À deux reprises, il a salué la bonne préparation de Pierre Céré, celui qui l'a le plus durement critiqué jusqu'à maintenant. M.Péladeau a évité de répondre si M. Céré le visait lorsque celui-ci a dénoncé «l'ethnocentrisme» dont souffrirait le PQ.

Céré critique le parti

Pierre Céré a laissé peu de doutes à ce sujet lorsqu'il s'est présenté devant les médias. «Je faisais référence à ce qui est sorti à Québec, au fait qu'on perd un comté par année» en raison de l'immigration, des propos pour lesquels M. Péladeau s'est excusé.

M. Céré a sévèrement critiqué le parti pour lequel il brigue la direction. Le PQ a besoin d'un sérieux coup de barre et «n'arrive plus à se poser les bonnes questions». Il s'est offusqué qu'aucun autre candidat endosse les manifestations étudiantes. «Ce sont nos enfants qui se font bousculer.» Aux militants, celui qui est le seul candidat qui ne soit pas un élu a reconnu qu'il «paraît, on me dit à l'oreille, que j'ai très peu de chance de devenir chef». Un constat qui a fait rire la salle.

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