Décodage

Parti libéral: ça passe ou ça casse en 2015

Forcer tous les paliers administratifs à couper partout... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Forcer tous les paliers administratifs à couper partout où il est possible de le faire. Les contraindre, au fond, à faire autrement; à se réorganiser, à se restructurer. «Rénover», c'est faire mieux et à meilleurs coûts, plaide le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Au sein du gouvernement de Philippe Couillard, on n'est ni moins ni plus intelligent que la moyenne des ours. Ni moins ni plus imperméable aux discours ambiants entendus pendant des années.

Qu'est-ce qui motive le gouvernement libéral à courir si vite vers le «déficit zéro», et donc à comprimer de manière sans précédent dans l'histoire récente les dépenses de l'État? Deux explications :

Forcer tous les paliers administratifs à couper partout où il est possible de le faire. Les contraindre, au fond, à faire autrement; à se réorganiser, à se restructurer. «Rénover», c'est faire mieux et à meilleurs coûts, plaide le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

Mais la vitesse imposée par l'équipe libérale a un autre motif. Voilà une génération au moins que des analystes, des commentateurs et des politiciens défroqués répètent que pour changer les choses, un gouvernement doit bouger dès le début de son mandat; que s'il attend trop, il se fera inévitablement rattraper par 100 dossiers.

Par conséquent, plus il attendra, moins il pourra mettre son programme en oeuvre ou imposer ses vues. Et plus, il devra tenir compte de l'échéance électorale à venir...

Le temps qui passe, qui plus est, aide généralement les partis d'opposition à se remettre de leur défaite et à se réorganiser.

Le premier ministre Philippe Couillard, le ministre des Finances, Carlos Leitão, et Martin Coiteux ne sont pas sourds. Ils l'ont entendu, ce message du «en-début-de-mandat». Ils l'ont entendu et adopté, car ils ont aussi vu leurs prédécesseurs se cogner le nez avec la «réingénierie» et les autres prescriptions du genre.

Au fond, il faut comprendre que l'équipe en place est déterminée à ne pas laisser passer l'occasion d'atteindre son objectif phare, celui de revoir le «modèle québécois» tel qu'il a fini par se développer. Voilà pourquoi la vitesse d'exécution est devenue une arme politique.

Un pari

L'année 2015-2016 sera la plus périlleuse du mandat du gouvernement de Philippe Couillard. Le renouvellement des contrats de travail des 540 000 employés de l'État, ainsi que l'atterrissage des compressions dans les réseaux de l'éducation et de la santé constitueront des phases délicates.

Les élus libéraux en sont bien conscients. Ils croient cependant que les choses iront mieux en 2016-2017. Et encore un peu mieux par la suite. «Il faut tenir», ont-ils l'air de penser.

Les partis d'opposition aussi sont conscients que «ça passera ou ça cassera» cette année pour les libéraux. Au Parti québécois et chez Québec solidaire, on estime que l'opération ne pourra se réaliser sans causer de vrais dégâts dans la société. On s'y oppose donc.

On sait aussi que si l'opération devait globalement réussir, eux-mêmes, et surtout l'opposition officielle, pourraient en subir des conséquences politiques...

Chaque parti d'opposition a son angle d'attaque : pour le Parti québécois, c'est et ce sera la défense des services publics. «Très facile de présenter un budget avec un solde budgétaire de zéro quand on ne se préoccupe pas des conséquences», a tonné jeudi le péquiste Nicolas Marceau, ex-ministre des Finances. L'angle d'attaque de Québec solidaire est semblable.

La Coalition avenir Québec campe sur son créneau de prédilection. L'atteinte de l'équilibre budgétaire se réalise et se réalisera en grande partie sur le dos de la classe moyenne, fustige François Legault.

Un registre, malgré tout

Le gouvernement Couillard trouvera les 30 millions $ et plus nécessaires à la mise sur pied d'un registre québécois des armes à feu sans restriction, malgré la période de rigueur ou d'austérité budgétaire. Il le fera par conviction. Il l'estime utile pour la sécurité publique.

Il le fera aussi pour respecter l'esprit des motions de l'Assemblée nationale. Mais également parce qu'il sait qu'il est dans son intérêt politique de le faire.

Tous les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale dénoncent la décision de la Cour suprême d'autoriser Ottawa à détruire les données du registre des armes d'épaule.

Ils sont à l'unisson, mais pas sur le même terrain pour autant. Car, tout aussi sérieuse que soit cette question, elle constitue un vecteur politique. Pour le Parti québécois et Québec solidaire, cette décision révèle une fois de plus l'existence de deux visions opposées au Canada, la canadienne et la québécoise.

Pour les candidats à la direction du Parti québécois, fouler aux pieds le «fédéralisme coopératif», comme viennent de le faire une majorité de juges de la Cour suprême (de l'avis même des juges dissidents), constituera un argument de plus en faveur de l'indépendance du Québec.

Relevons ceci au passage: en créant un registre québécois, le gouvernement libéral accroîtra un peu plus l'autonomie du Québec. Il en fera une société politiquement un peu plus distincte.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer