Décodage

Le PQ et la CAQ se déchirent

Le parti de François Legault investit les terrains... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le parti de François Legault investit les terrains que cultivait patiemment le Parti québécois.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) se livrent à une lutte féroce. L'un et l'autre cherchent à apparaître comme l'opposition la plus efficace; la plus déterminée devant le gouvernement Couillard. Les élections d'octobre 2018 sont loin, mais les souverainistes et les nationalistes s'écharpent. Pas seulement en coulisse.

Depuis qu'ils ont pris le pouvoir, on a beaucoup dit que les libéraux se sont emparés du programme des caquistes. C'est en partie vrai.

Mais il faut aussi voir que le parti de François Legault investit les terrains que cultivait patiemment le Parti québécois. Celui des régions, par exemple. Celui des questions identitaires aussi - bien que dans ce cas, il faudrait plutôt écrire «qu'il réinvestit», puisque l'Action démocratique du Québec, son ancêtre, avait fini par en faire son fonds de commerce.

Les questions dites identitaires n'ont jamais été la tasse de thé de François Legault. C'est d'abord pour ne pas être écarté du débat lancé par le péquiste Bernard Drainville qu'il a présenté durant l'automne 2013 un projet de laïcité s'appuyant sur les recommandations de Bouchard-Taylor.

La Coalition avenir Québec avait compris qu'elle ne pouvait laisser le Parti québécois s'emparer seul du témoin. M. Legault s'était en quelque sorte laissé forcer la main. Mais il n'entendait pas vraiment en faire plus.

Depuis - et on le voit depuis le début de l'année à l'Assemblée nationale, et encore cette semaine -, tout a changé. Les questions identitaires et celles liées à l'immigration s'inscrivent ou se réinscrivent dans l'ADN de la CAQ.

Ce parti ne murmure plus sur ces sujets. Il a décidé de se faire entendre haut et fort. C'est un changement notable. Il s'appuie sur la lecture qu'il fait des attentes des électeurs québécois francophones.

On l'a vu en février lorsqu'il a proposé de restreindre la liberté d'expression à ceux qui s'en prennent aux principes défendus par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. On l'a vu lundi lorsqu'il a affirmé qu'il faudrait renvoyer dans son pays d'origine un immigrant qui, après trois ans, ne serait pas parvenu à apprendre convenablement le français, n'aurait pas cherché un emploi et n'aurait pas respecté les valeurs québécoises.

L'exemple des régions éloignées des grands centres urbains est encore plus probant. Celles-ci n'avaient jamais vraiment figuré sur l'écran radar de la CAQ. Or, surprise, elles le sont de plus en plus.

Le parti travaille même très sérieusement à un plan de développement pour elles. Ce n'est pas parce qu'il dénonce les contrats portant sur l'énergie éolienne et la cimenterie de Port-Daniel qu'il ignore les régions-ressources, fera-t-il valoir.

Les questions identitaires et le développement des régions compteront lors du prochain scrutin général. C'est ce qu'on calcule au Parti québécois. C'est aussi ce qu'on pense à la Coalition.

Celle-ci estime par ailleurs que le nationalisme qu'elle promeut est plus porteur que l'idée de la souveraineté du Québec à proprement parler.

La lutte entre le PQ et la CAQ n'est pas terminée. Tant que l'un et l'autre diviseront à ce point les votes d'opposition, tant que l'un ne dominera pas totalement l'autre dans les intentions de vote, les libéraux demeureront au pouvoir.

La ligne de parti

Le gouvernement de Philippe Couillard a le pouvoir de donner vie à l'ensemble du rapport de la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise. Il est majoritaire après tout.

Mais l'exercice serait si périlleux politiquement qu'il serait risqué pour lui d'aller de l'avant avec une hausse de la TVQ d'ici la fin de son mandat - pour ne prendre que cet exemple phare.

Les partis d'opposition - la CAQ et le PQ plus que Québec solidaire - se disent ouverts au débat, mais opposés à une TVQ à 11 %, à de nouvelles taxes sur les carburants et à une hausse du prix du bloc «patrimonial» d'Hydro-Québec. Même en contrepartie de baisses d'impôt.

Le débat durera des mois, voire plus. Faute de consensus, le gouvernement Couillard puisera vraisemblablement dans le rapport de Luc Godbout comme dans une boîte à idées, à la pièce, pour y pêcher des micromesures ou des mesures ciblées.

Il est certain, par exemple, que la taxe de vente finira par s'appliquer au commerce électronique. Et que le «taux effectif d'imposition marginal» cessera d'être aussi pénalisant pour les plus pauvres. À l'heure actuelle, ils peuvent payer jusqu'à 70 % sur des gains de revenus supplémentaires, alors que le taux d'impôt des plus riches ne dépasse pas 50 %.

Ce qui fera la vie dure au rapport Godbout sera la sacro-sainte «ligne de parti». On aurait tort de croire que tous les élus libéraux applaudissent à toutes ses recommandations. Et que tous les caquistes et péquistes trouvent qu'elles sont iniques et régressives. Certains les jugent plutôt porteuses.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer