Immigration et souveraineté: Péladeau s'excuse

Pierre Karl Péladeau a été la cible de... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Pierre Karl Péladeau a été la cible de critiques des libéraux, à Québec, mais aussi des conservateurs et des néo-démocrates, sur la scène fédérale, après avoir laissé entendre que la démographie et l'immigration pourraient nuire au projet de souveraineté.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Après s'en être abstenu pendant la journée, l'aspirant-chef péquiste Pierre Karl Péladeau s'est excusé d'avoir soutenu que l'immigration nuisait au projet souverainiste, jeudi, en début de soirée.

Sur sa page Facebook, le député de Saint-Jérôme a publié un commentaire intitulé : «Mes excuses». 

«J'aimerais m'excuser de la malheureuse phrase sur la démographie et l'immigration que j'ai dite hier [mercredi], a-t-il écrit. Cette phrase était inappropriée et ne reflète pas ma pensée. Le succès de notre projet collectif dépend de notre capacité de rassembler l'ensemble des Québécois de toutes origines.»

En débat à l'Université Laval, la veille, l'actionnaire majoritaire de Québecor avait soutenu que l'immigration et la démographie laissaient aux souverainistes moins de 25 ans pour réaliser la souveraineté. «C'est certain qu'on perd un comté chaque année, a-t-il affirmé alors. On aimerait mieux pouvoir la contrôler [l'immigration], mais on ne se fait pas d'illusion.»

À son arrivée au caucus péquiste, jeudi, le favori pour succéder à Pauline Marois a repris son explication de la veille sur le rôle du fédéral dans l'accueil des immigrants. Il s'est aussi avancé sur la perte d'influence du Québec au sein du Canada en raison du vieillissement de la population. «J'ai utilisé la formule 25 ans, ça veut dire que nous n'avons pas énormément de temps, a-t-il dit, sans s'excuser. Il faut être rationnel dans la façon dont nous allons nous engager dans le processus de souveraineté.»

La question des communautés culturelles est particulièrement sensible au Parti québécois. Sur Facebook, l'aspirant-chef a promis de «poser des gestes concrets» pour tendre la main aux nouveaux arrivants et leur expliquer le projet d'indépendance. Sur sa page, la plupart des commentaires de ses partisans lui reprochent de s'excuser pour avoir dit ce qu'ils considèrent être une vérité. 

La déclaration de M. Péladeau devant les étudiants de l'Université Laval a suscité un malaise chez les autres candidats à la chefferie et lui a valu de sévères réprimandes par ses adversaires politiques.  

Dérive identitaire

Le premier ministre Philippe Couillard a blâmé l'ensemble du PQ pour sa «déviation claire vers le nationalisme ethnique». «Depuis la charte [de la laïcité], a-t-il lancé, il y a une dérive très malheureuse. Il n'y a plus d'arguments financiers et économiques pour la séparation du Québec, alors on essaie de s'accrocher à n'importe quoi.»

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a estimé que le PQ montre son «vrai visage», celui d'un parti «sectaire» aux interventions «divisives». M. Péladeau a fait preuve d'un «manque de jugement flagrant», a-t-il estimé. «C'est incroyable, a affirmé M. Barrette. On a l'impression au PQ qu'on s'amuse à aller en France pour importer les problèmes et les solutions, et là on importe le Front national.»

Pour le leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, il s'agit de propos qui dénaturent l'idée originale du PQ. «Je ne pense pas que René Lévesque et Gérald Godin seraient très heureux de voir ce qu'est devenu de ce parti-là», a-t-il laissé tomber. Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a qualifié la sortie de «très malhabile. Il y a une majorité de Québécois, toutes origines confondues, qui rejettent la souveraineté du Québec, a-t-il soutenu. M. Péladeau semble vouloir faire porter le blâme aux immigrants d'un éventuel échec» d'un plébiscite sur l'indépendance.

Françoise David indignée

La co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David, elle, a réagi avec indignation. «C'est de la pure bêtise», a-t-elle répondu aux journalistes en nommant une demi-douzaine d'élus ou de politiques québécois, nés à l'étranger «et tous souverainistes». Du nombre, son collègue Amir Khadir et le péquiste Maka Kotto.

Au Parti québécois, personne n'a voulu en rajouter sur les épaules du meneur de la course. Comme la veille, les aspirants-chefs Martine Ouellet et Alexandre Cloutier ont maintenu qu'ils ne partagent pas son analyse.

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