Débat au PQ: Péladeau trébuche sur l'immigration

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Pierre Karl Péladeau a défendu ses propos en affirmant qu'il faut faire un «contrepoids à l'énorme machine de propagande fédérale», qui n'hésite pas à brandir l'unifolié dans ses structures d'immigration à l'étranger.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) En raison de l'immigration, le Québec a moins de 25 ans pour réaliser la souveraineté, a avancé mercredi l'aspirant-chef péquiste Pierre Karl Péladeau, causant un gros malaise parmi les candidats.

En débat devant quelque 400 personnes, à l'Université Laval, l'actionnaire majoritaire de Québecor a plaidé l'urgence de persuader les Québécois des bienfaits de l'indépendance. 

«Nous, là, on n'aura pas 25 ans pour la réaliser, a lancé M. Péladeau. Avec la démographie, avec l'immigration, c'est certain qu'on perd un comté à chaque année. On souhaiterait pouvoir mieux la contrôler. Mais ne nous faisons pas d'illusion. Qui prend en charge les immigrés qui viennent s'installer ici au Québec? C'est le gouvernement fédéral.»

La question des communautés culturelles est un enjeu très sensible au Parti québécois (PQ), particulièrement depuis l'épisode de «l'argent et du vote ethnique» de Jacques Parizeau au soir de la défaite référendaire de 1995.  

Immédiatement, Alexandre Cloutier s'est distancié des propos de M. Péladeau. «Là où j'ai une divergence, Pierre Karl, honnêtement, pour moi, l'immigration n'a rien à voir là-dedans, a-t-il répliqué. Je rêve que le PQ soit représentatif de l'ensemble de la population.» 

Lorsqu'il a repris la parole, M. Péladeau a parlé de la diversité culturelle comme d'une richesse, mais a ajouté que «la réalité politique nous oblige à dire... On doit protéger notre langue. Nous avons de la difficulté à faire en sorte que ceux qui décident de venir ici parlent notre langue».

La sortie de M. Péladeau, qui est survenue dans les toutes dernières minutes du débat d'une heure et demie, n'a trouvé aucun appui parmi les quatre autres candidats. «Je vous avouerai que j'ai eu un malaise», a déclaré M. Cloutier en point de presse. «Je suis resté surpris. J'ai senti la nécessité de réagir pour m'assurer de bien exprimer ma position. Pour moi, les Néo-Québécois font bien partie de la solution. Ils ne sont pas des adversaires.»

Sans condamner M. Péladeau nommément, Bernard Drain-ville a aussi fait un plaidoyer pour l'ouverture. «Ma conception de la citoyenneté est que tout le monde est égal, a-t-il dit. Peu importe la couleur de ta peau, ton orientation sexuelle, que tu sois un Québécois de 1re génération ou de 10e

Martine Ouellet non plus ne «partage pas cette opinion». Elle prône un meilleur accueil et une bonification des programmes d'intégration. «C'est sûr que lorsqu'ils [les immigrants] arrivent, il faut les intéresser à cette question, ils ne connaissent pas la dynamique Québec-Canada, dit-elle. On a un travail de dialogue à faire avec les nouveaux arrivants, comme avec le reste de la population et les jeunes.»

Céré troublé

L'autre candidat, Pierre Céré, a été troublé par les quelques applaudissements recueillis par M. Péladeau après sa déclaration. Des propos qui s'inscrivent dans la «dérive identitaire» du PQ au cours des dernières années. «C'est extrêmement malheureux et extrêmement dommageable», a déploré M. Céré. 

M. Péladeau s'est défendu d'avoir attaqué les immigrants. Il affirme qu'il faut faire un «contrepoids à l'énorme machine de propagande fédérale». Le Québec est une terre d'ouverture, mais le Canada n'hésite pas à brandir l'unifolié dans ses structures d'immigration à l'étranger. «Prenons les moyens pour faire en sorte que nos valeurs, notre langue, notre patrimoine soient protégés le plus largement possible», a-t-il affirmé.

M. Péladeau assure qu'il ne juge pas que les immigrants représentent une menace au projet souverainiste. «Le Québec s'est enrichi de la diversité des gens qui sont venus s'y installer», a-t-il affirmé.

La déclaration controversée s'est inscrite dans un débat qui avait été jusque-là assez tranquille. L'exercice, qui ne fait pas partie des cinq organisés par le parti, n'avait pas créé de flammèches jusque-là. 

Tous étaient favorables au droit de grève des étudiants, à une économie verte au moyen d'une électrification des transports, à la lutte contre le décrochage.

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