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Une TVQ plus salée?

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Le ministre des Finances, Carlos Leitão

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(Québec) Moins d'impôt et plus de taxes à la consommation? Le ministre des Finances, Carlos Leitão, y est favorable. Mais ses collègues et lui craignent que la chose soit très difficile à vendre à l'opinion publique. Nouveau champ de mines à l'horizon.

Carlos Leitão marche de plus en plus sur des oeufs. On n'a qu'à s'arrêter un instant sur l'évolution de ses mots pour s'en convaincre.

En juin 2014, il ne cachait pas voir d'un bon oeil que les Québécois paient moins d'impôt sur le revenu et davantage de TVQ.

«Je n'y suis pas défavorable, disait-il. Quand on regarde ça d'une façon plus théorique, en effet, taxer moins le revenu et taxer plus la consommation me semble être une tendance très prometteuse.»

C'était le jour où il avait présenté le mandat de la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise présidée par le fiscaliste Luc Godbout, de l'Université de Sherbrooke. Le rapport du groupe sera rendu public jeudi, une semaine avant la présentation du budget 2015-2016 de l'État québécois.

Mercredi, le ministre des Finances a davantage évoqué «le débat» à venir que soutenu la nécessité de hausser la TVQ en contrepartie de baisses d'impôt.

«C'est un excellent sujet! a-t-il dit. Je pense qu'on va beaucoup parler de ça aux mois d'avril, mai, juin, juillet. On va beaucoup discuter de ces choses-là.»

À l'évidence, ses mots sont plus prudents que ceux de l'an dernier. Ce n'est pas qu'il soit moins convaincu. C'est qu'il sait qu'il ne suffira pas de dire qu'une éventuelle hausse sera compensée par une possible baisse - et donc que l'opération s'effectuera à coûts nuls - pour susciter une large adhésion à un tel projet.

Depuis près d'un an, le gouvernement a lancé un train de compressions et de réformes liées à l'atteinte du «déficit zéro». De nombreux citoyens sont échaudés. Ce qui ne veut pas dire que beaucoup ne sont pas favorables à la cure d'amaigrissement prescrite, mais tout de même.

Dans la vie de tous les jours, il sera toujours plus facile pour le commun des mortels de constater une hausse de la TVQ qu'une baisse d'impôt - si le projet devait se concrétiser.

Le débat sur cet éventuel rééquilibrage entre l'impôt sur le revenu des particuliers et la TVQ durera probablement longtemps. Aucun changement de cette nature n'est programmé pour le prochain budget. Il arrive trop vite.

Chose certaine, le gouvernement de Philippe Couillard ne pourra compter sur l'appui ni du Parti québécois, ni de Québec solidaire, ni de la Coalition avenir Québec s'il décide un jour d'aller de l'avant. Le chef caquiste François Legault disait l'an dernier qu'«à sa face même, c'est une très mauvaise idée d'augmenter les taxes à la consommation, que cela va nuire à l'économie du Québec».

Le gouvernement Couillard fera valoir que la fiscalité doit être «un levier de développement économique pour récompenser le travail, l'effort, l'investissement et la création d'emplois».

Cette année, les 96 milliards $ de revenus de l'État québécois proviendront à hauteur de 27,2 milliards $ de l'impôt des particuliers. Les taxes à la consommation compteront pour 17,6 milliards $ du total. (Environ 6 milliards $ viendront de l'impôt des sociétés.)

La glissade du PQ

Le Parti québécois (PQ) l'a emporté lundi dans Richelieu avec quelque 700 voix de majorité. Pas une grande marge, mais une victoire tout de même.

La formation souverainiste doit-elle s'inquiéter du fait qu'elle ait réalisé trois points de pourcentage de moins qu'aux élections générales dans cette circonscription et que la Coalition avenir Québec ait accru son score de près de six points?

Disons d'abord que les comportements électoraux ne sont pas en tous points semblables dans une partielle que lors d'élections générales. Et rappelons que le Parti québécois est sans chef. Deux éléments permettant de relativiser toute extrapolation négative.

L'évolution du vote recueilli par les principales formations politiques depuis une génération n'offre aucune clé pour lire l'avenir, mais elle est plus significative que cette partielle, cela dit.

Remontons à 20 ans, l'équivalent d'une génération. Aux élections générales du 12 septembre 1994, le Parti québécois avait recueilli 1 751 442 voix; le Parti libéral du Québec, 1 737 698; l'Action démocratique du Québec, qui se frottait pour la première fois à l'électorat, 252 721. Le NPD-

Québec, lui, avait récolté 33 269 votes.

Qu'en a-t-il été 20 ans plus tard, aux élections du 7 avril 2014? Le Parti québécois a été le choix de 1 074 120 électeurs québécois; le Parti libéral, de 1 757 071; la Coalition avenir Québec, qui a succédé à l'ADQ, de 975 607, et Québec solidaire, de 323 124.

Ces données brutes indiquent que le Parti québécois a été plus écorché que les autres depuis 20 ans. Bien au-delà de la partielle de Richelieu, elles révèlent non pas une tendance inéluctable - rien n'est inéluctable en politique -, mais une tendance tout de même lourde.

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