Les mémos gouvernementaux continuent d'agacer

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Richard Perron, président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Pour Québec, ce sont de simples aide-mémoire. Pour le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), des «lignes de presse». La querelle entre le gouvernement et le syndicat n'empêche pas le Conseil exécutif de distribuer régulièrement ses informations aux communicateurs gouvernementaux officiellement rapatriés chez lui, le 1er avril.

Le Soleil a fait écho, en décembre, à un argumentaire économique du Conseil exécutif, le ministère du premier ministre, expédié aux 1300 professionnels de la communication bientôt regroupés sous son autorité. Malgré une sortie du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec pour dénoncer cette pratique, ces mémos sont mis à jour régulièrement.

De nouvelles versions ont été notamment distribuées, les 16 et 23 février. Elles ne portent pas directement sur l'action gouvernementale. Elles se présentent comme une série de données économiques sur la bonne santé économique de la province à travers une série d'indicateurs.

S'y retrouvent notamment :

  • La hausse des mises en chantier, en 2014, sans référence au fait que le PQ était au pouvoir pendant la moitié de l'année;
  • Une prédiction sur la reprise des investissements en 2015;
  • La mise en oeuvre de chantiers comme le Plan Nord, mais sans exemples pour l'appuyer;
  • La baisse du prix de l'essence, dans laquelle le gouvernement ne joue aucun rôle;
  • De même que la bonne performance en matière d'emplois et d'exportation.

Contacté lundi, Christian Lessard, le secrétaire général à la communication gouvernementale, a insisté qu'il faut «proscrire» les mots «lignes de presse» pour qualifier les documents. «Ce sont des faits, ce sont des aide-mémoire», a-t-il précisé.

M. Lessard a affirmé que les données «ne sont pas destinées à répondre aux journalistes». Elles ne servent que de rappels sur les sujets traités par les communicateurs.

Le haut fonctionnaire a avancé que les membres de différentes directions des communications des ministères ne sont pas tenus d'utiliser le matériel transmis. Par exemple, il ne voit pas pourquoi les fonctionnaires de la Culture devraient s'en servir s'ils n'en ont pas besoin. Il a jugé amusant que le SPGQ «critique un document préparé par ses membres pour les fonctionnaires».

«Un running gag»

M. Lessard a nié que des «mots-clés» soient suggérés pour rédiger des communiqués de presse. Des relationnistes du gouvernement ont rapporté au Soleil que cette pratique est apparue, mais qu'aucune liste écrite est suggérée par des gestionnaires. Un membre d'une des directions a soutenu que c'est «devenu un running gag[dans son ministère] de dire de ne pas oublier d'utiliser tel mot».

Christian Lessard a réfuté catégoriquement l'allégation. «Je n'ai aucune idée de quoi il s'agit et de qui on parle!»

Le président du SPGQ, Richard Perron, a répliqué que des syndiqués lui ont parlé des «mots-clés». Il n'a cependant pas de preuves écrites à ce sujet.

Le leader syndical soutient toujours que les argumentaires sont à ses yeux des lignes de presse. «C'est évident. Vous êtes agent d'information» à la veille de relever du Conseil exécutif, a illustré M. Perron.

«Note de service»

Les agents d'information, quand ils reçoivent «une note de service dont vous devez vous inspirer pour vos communications, [...] vous comprenez que si vous ne le faites pas, ça va aller mal [...] qu'il est dans votre intérêt de vous adapter au vocabulaire suggéré», selon le président du SPGQ. «Nos agents de communication [...] savent très bien que leurs patrons ne sont plus dans les ministères et organismes, mais bien au Conseil exécutif.» À son avis, ne pas se servir du matériel, c'est «s'acheter des problèmes».

Le syndicaliste a laissé entendre que la pression varie selon les ministères. «Quand on leur dit que les mesures de rigueur budgétaires donnent confiance aux investisseurs pour relancer l'économie, ça ne correspond pas à la réalité.»

Richard Perron croit toujours que le rapatriement des communicateurs et l'émission des «lignes de presse» participent à la «Harperisation des communications gouvernementales». Une référence au premier ministre fédéral Stephen Harper qui exerce un contrôle de l'information jugé excessif par les médias.

Le budget des communicateurs du gouvernement avoisine les 80 millions $. Ils sont plus de 1000 fonctionnaires dans cette catégorie de personnel.

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