Bolduc devrait renoncer à son indemnité de départ, suggère Couillard

Yves Bolduc et Philippe Couillard... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Yves Bolduc et Philippe Couillard

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Philippe Couillard a lancé au ministre démissionnaire Yves Bolduc «un appel à être sensible, plus que sensible, aux préoccupations des citoyens» avant d'encaisser l'indemnité de 150 000 $ à titre d'élu qui quitte la politique durant son mandat.

Ce matin, à la cérémonie d'assermentation de François Blais comme successeur de M. Bolduc à l'Éducation et à l'Enseignement supérieur, le chef du gouvernement n'a pas été jusqu'à demander à l'ex-député de Jean-Talon de renoncer à l'indemnité de transition.

Mais le premier ministre a nettement affiché son malaise par rapport au programme pour aménager une voie de sortie de la politique et à l'annonce d'Yves Bolduc de s'en prévaloir. «Je pourrais me borner à dire que c'est son choix, a-t-il lâché. Ce qui est rigoureusement exact.

«Mais je veux quand même profiter de l'occasion pour dire que je veux que cette pratique cesse, a enchaîné M. Couillard. Spécifions [que cela vise] les primes de séparation entre les élections.

«Laissez-moi être très clair, cette pratique doit cesser», a-t-il déclaré plus tôt. «Je n'aime pas cette pratique. Je préférerais que ça n'existe pas.» Mais il est hors de question que le gouvernement agisse «à la pièce» à partir du cas d'Yves Bolduc.

«La seule façon qu'on va pouvoir changer cette question, c'est de l'aborder sous l'angle du rapport indépendant» d'un groupe présidé par l'ex-juge Claire L'Heureux-­Dubé. Celle-ci proposait une majoration substantielle du salaire de base des élus, mais en rognant les différentes indemnités qu'ils peuvent toucher.

«J'engage encore une fois les partis d'opposition à laisser tomber la démagogie et la partisanerie faciles, a avancé Philippe Couillard. C'est un travail très important pour l'avenir de la démocratie.

«Il faut qu'on soit capable d'attirer et de maintenir les gens en politique. Mais il faut également qu'on soit capable de démontrer à la population que c'est logique et que ça correspond à leurs besoins.»

L'indemnité d'un politicien qui décide de se retirer au terme de son mandat ou encore qui est défait lors de sa tentative de réélection est, elle, intouchable à ses yeux. «Ce n'est pas évident de sortir de la politique. Les circonstances varient. Est-ce qu'on a un emploi ou un revenu garanti.» Une circonstance qui ne vaut pas pour Yves Bolduc qui redevient médecin.

Mini-jeu de chaises musicales

Comme prévu, Philippe Couillard s'est livré à un mini-remaniement pour pourvoir le poste vacant. Le cabinet ne comptera pas de nouveau membre. La Côte-Nord, qui n'a aucun député libéral, s'est fait désigner un parrain politique en remplacement d'Yves Bolduc. Il s'agit de Pierre Arcand, déjà ministre du Plan Nord.

Sans surprise, François Blais a pris du galon. Il devient ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, de même que de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science.

Sam Hamad a vu sa tâche de titulaire du Travail être alourdie par la responsabilité de l'Emploi et de la Solidarité sociale. M. Hamad ajoute à son influence dans la région de la Capitale-Nationale, dont il est le ministre responsable.

Le premier ministre n'a pas voulu fournir d'indications si un remaniement majeur peut être envisagé au début de l'été. Il s'est limité à glisser que l'évaluation de son équipe est un processus continuel.

Les partis formant l'opposition à l'Assemblée nationale ont unanimement décrié les modifications apportées au cabinet. Pour le chef par intérim du Parti québécois, Stéphane Bédard, le premier ministre a «raté l'occasion de corriger le tir. [...] Le problème fondamental du gouvernement, ce n'est pas les individus qui le composent, mais bien les façons de faire des ministres. Ils ne sont pas à l'écoute de la population».

Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec, François Bonnardel, a vu dans le remaniement «un aveu d'échec du premier ministre. Il n'a pas su, dès le départ, confier le ministère-clé de l'Éducation à la bonne personne». La députée Françoise David, de Québec solidaire, s'est désolée d'une redistribution des rôles qui «ne change rien au régime d'austérité dans lequel le Québec est plongé».

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