Yves Bolduc: simple député? Non, merci!

Philippe Couillard souhaitait qu'Yves Bolduc demeure député de... (Photothèque Le Soleil)

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Philippe Couillard souhaitait qu'Yves Bolduc demeure député de Jean-Talon, mais ce dernier ne l'entendait pas ainsi.

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(Québec) «J'ai pris la décision personnelle...» Dit ainsi, on pourrait croire qu'Yves Bolduc a lui-même choisi de quitter le navire gouvernemental, qu'il a compris qu'il ne pouvait plus continuer d'être une source d'embarras pour le gouvernement et son chef, Philippe Couillard, son ami et mentor politique.

La vérité doit être nuancée. «Son» premier ministre avait pris la décision ces derniers jours de le démettre de ses fonctions. Il l'estimait «brûlé», désormais incapable de faire avancer des dossiers aussi importants que celui de l'avenir des commissions scolaires; brûlé auprès de ses interlocuteurs du monde de l'éducation.

La décision de Philippe Couillard était donc prise depuis quelques jours : il allait procéder à un «ajustement ministériel» cette semaine, avant son départ pour Paris.

Rien ne devait toutefois filtrer avant le remaniement comme tel. M. Couillard voulait que les choses se déroulent le plus en douceur possible. Mais la rumeur a commencé à enfler trop tôt.

Elle est née au point de presse tenu par Philippe Couillard en compagnie du président de la République d'Islande, Ólafur Ragnar Grímsson, mardi matin. Un reporter lui a demandé s'il avait toujours confiance en Yves Bolduc. L'histoire de la fouille à nu était dans les esprits. M. Couillard n'a pu cacher son propre état d'esprit à ce moment-là. Il s'est contenté de dire qu'il était «très heureux du travail de son gouvernement». Il ne parvenait plus à défendre publiquement son ministre.

Les partis d'opposition ont relancé le chef du gouvernement plus tard en journée, à la période des questions. La suite a totalement échappé à l'équipe gouvernementale.

«I love you!»

Dans le huis clos du Conseil des ministres le lendemain, mercredi, Yves Bolduc «était ailleurs», a confié un interlocuteur au Soleil. Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur était assis autour de la grande table rectangulaire, mais son regard était fuyant. Il était prostré.

En guise de soutien, sa voisine de gauche, la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, lui a lancé

«I love you!» Elle voulait le réconforter. Elle et d'autres s'inquiétaient pour lui.

Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, on disait depuis quelques heures qu'«humainement, on ne peut plus le laisser là».

Mercredi, le premier ministre s'est entretenu avec lui. Il lui a expliqué qu'il n'avait plus le choix de le sortir du Conseil des ministres.

Philippe Couillard lui a aussi dit qu'il souhaitait qu'il demeure député de Jean-Talon.

Simple député? Non. Yves Bolduc ne pouvait l'accepter. Pas après les épisodes qu'il a vécus.

«J'ai pris la décision personnelle de retourner en pratique médicale. C'est une décision qui m'appartient», a-t-il annoncé hier matin après avoir rencontré ses collègues. Il n'en pouvait plus.

Yves Bolduc est un homme que ses collègues ont apprécié. Mais il les aura surpris jusqu'au bout : en décidant d'abandonner son poste de député parce qu'il perdait ses responsabilités ministérielles et surtout en décidant d'empocher la controversée «indemnité de départ».

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