Départ de Bolduc: une chirurgie pénible, mais nécessaire

Yves Bolduc et Philippe Couillard... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

Agrandir

Yves Bolduc et Philippe Couillard

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Ce n'est pas facile de quitter la politique dans des circonstances aussi humiliantes que celles vécues jeudi par Yves Bolduc. Mais le ministre ne s'est pas attiré la sympathie en annonçant qu'il touchera son indemnité de départ de 155 000 $ au lieu d'y renoncer, comme l'ont fait Christian Dubé et Élaine Zakaïb.

Après avoir reçu une prime de médecin pour inscrire des patients qu'il a délaissés pour revenir en politique, il en touchera une autre pour quitter la politique et revenir à la médecine. Tout ça en moins de deux ans. C'est légal, mais essayez d'expliquer ça aux Québécois à qui le gouvernement demande de se serrer la ceinture. Même Gérard Deltell, qui n'a pas les moyens du Dr Bolduc, renoncera à son indemnité s'il quitte son poste pour tenter sa chance au fédéral. Jeudi, le ministre Gaétan Barrette a déclaré que le Dr Bolduc a beaucoup donné à la politique. Les cyniques pourront dire qu'il a également beaucoup reçu.

Bon, on ne s'acharne pas sur quelqu'un qui est par terre. M. Bolduc sera plus utile et certainement plus heureux en médecine. Il n'est pas le premier à vivre un départ aussi douloureux. Il trouverait certainement une oreille compatissante chez Pauline Marois. L'ancienne première ministre a confié, plusieurs mois après son départ, qu'il lui arrivait encore de se réveiller la nuit en se demandant ce qu'elle aurait pu faire autrement pour éviter la défaite d'avril 2014. On appelle ça un traumatisme. M. Bolduc aura lui aussi besoin de l'appui de sa famille et de ses amis pour se remettre de son échec politique.

L'ancien ministre Marcel Masse m'a déjà révélé qu'il fallait avoir un ego «grand comme ça» pour survivre aux critiques et aux sarcasmes qui accompagnent le travail des politiciens. Il avait raison.

Cela dit, Yves Bolduc n'avait plus le choix. Tout le monde devinait depuis plusieurs mois que Philippe Couillard n'attendait plus qu'un prochain remaniement, prévu en juin, pour lui retirer son mandat. Il n'avait plus l'autorité nécessaire pour mener efficacement ses dossiers. En théorie, on aurait pu lui conserver une place au cabinet en lui offrant un poste moins stratégique. Mais on ne lui aurait pas rendu service, pas plus à lui qu'au ministère concerné. Parce qu'au-delà de ses déclarations malheureuses, la crédibilité de M. Bolduc avait considérablement souffert de la révélation de la prime de 215 000 $ qu'il avait touchée pour inscrire des patients avant de retourner en politique. Cette nouvelle avait miné sa crédibilité lorsqu'il demandait, par exemple, aux dirigeants des universités de réduire leur appétit salarial ou aux commissions scolaires de rogner dans leurs dépenses. De plus, son incapacité à communiquer efficacement était devenue plus évidente depuis qu'il avait pris les rênes de l'Éducation, un domaine avec lequel il était moins familier que la Santé. La décision de Philippe Couillard de le laisser partir était une chirurgie pénible sur le plan humain, mais nécessaire.

Qu'il se console, il aura le temps de s'en remettre. Quand j'étais chez Brian Mulroney à Ottawa, les membres du personnel politique se demandaient régulièrement, à la blague, s'il y avait une vie après le Bureau du premier ministre. La réponse était invariablement la même : «Est-ce qu'il y a une vie au Bureau du premier ministre?» Ça s'applique aussi à Yves Bolduc : il n'avait pas de vie dans son ministère, auquel il a sans doute consacré de longues journées. Il sera beaucoup plus heureux en médecine qu'en politique. S'il en doute, il devrait demander une consultation auprès de Pauline Marois.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer