Yves Bolduc confirme qu'il quitte la vie politique

Yves Bolduc abandonne son titre de député de la... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Yves Bolduc abandonne son titre de député de la circonscription de Jean-Talon. Il retournera à la pratique de la médecine. À droite, le premier ministre Philippe Couillard.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Yves Bolduc a mis fin à sa longue agonie politique, jeudi, avec l'abandon de son poste de ministre et de son siège de député. Cette décision, qui lui vaut une indemnité de départ de 155 000 $, entraînera aujourd'hui des «ajustements» au Conseil des ministres.

Après une rencontre avec le premier ministre, jeudi matin, le député sortant de Jean-Talon est allé annoncer à ses collègues du caucus son retrait de la vie politique. 

«C'est une décision qui m'appartient et compte tenu de tout ce qui se passe autour en termes d'événements et de nouvelles, j'ai tout simplement pris la décision de retourner à la pratique médicale», a ensuite déclaré M. Bolduc aux journalistes. 

À ses côtés, Philippe Couillard, à l'origine de la venue de M. Bolduc dans l'arène politique, lui a témoigné de son affection et de son chagrin. «L'action gouvernementale se poursuit», a néanmoins indiqué le premier ministre. «Il y aura dans les meilleurs délais un ajustement au Conseil des ministres pour prendre acte de cette situation.»

Depuis l'été dernier, la controverse semblait être devenue un second manteau pour le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. Outre «l'affaire Bolduc» sur sa prime de 215 000 $, le faux pas du ministre sur les bibliothèques scolaires, la confusion autour de la fusion des commissions scolaires et sa déclaration récente sur les fouilles à nu ont siphonné le réservoir de crédibilité du ministre. 

Le départ de M. Bolduc, affable et généralement apprécié de ses collègues, a attristé plusieurs d'entre eux. 

«La politique, ce n'est pas facile, a déclaré M. Couillard. C'est un engagement profond et courageux. Yves l'a accompli avec beaucoup de sincérité et de passion.»

Plusieurs libéraux sont sortis du caucus avec les yeux rougis. Beaucoup ont témoigné de l'humanité de M. Bolduc et de l'ingratitude de la vie politique. «Pour l'avoir côtoyé depuis plusieurs années, c'est un gars généreux, compétent et qui voulait servir tout le monde», a souligné le ministre responsable de la région de Québec, Sam Hamad. «Je suis passé par là en 2004, a-t-il ajouté. Je comprends ce qu'il sent, ce qu'il vit, et c'est très difficile.»

En anglais, après la promesse de jours meilleurs faite par M. Couillard, M. Bolduc a laissé tomber : «Ce n'est pas si mal.» 

Indemnité de départ

Le Soleil a par ailleurs obtenu la confirmation du cabinet de M. Bolduc qu'il avait l'intention d'accepter l'allocation de transition à laquelle lui donne droit la Loi sur les conditions de travail des députés. L'Assemblée nationale n'est pas autorisée à divulguer le montant en cause, puisqu'il s'agit d'une information nominative. Toutefois, les critères qui balisent le calcul permettent d'évaluer à quelque 155 000 $ la somme à laquelle M. Bolduc aurait droit. 

Lors de sa démission pour faire le saut à la Caisse de dépôt, en août, l'ex-député caquiste de Lévis Christian Dubé a refusé son indemnité «par principe». La péquiste Élaine Zakaïb a fait de même en septembre, lorsqu'elle a décidé d'abandonner son poste dans Richelieu. 

Les critiques n'ont pas tardé à fuser lorsque l'intention de M. Bolduc a été révélée. Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, a exhorté le ministre démissionnaire à revenir sur ce «manque de jugement terrible». Il voit l'occasion de réparer le tort causé à sa réputation par la prime à la prise en charge de patients, l'été dernier. «J'espérais tellement qu'il ne fasse pas cette gaffe-là en supplémentaire, a dit M. Khadir. C'est terrible pour sa crédibilité. [...] Ça vient aggraver tout le cynisme qu'entretient la population sur une classe de politiciens qui ne pensent qu'à leurs propres intérêts.» 

L'esprit de l'allocation est d'aider un député qui a de la difficulté à se replacer après la vie politique, poursuit-il. Dans le cas de médecins comme lui-même, M. Bolduc ou Gaétan Barrette, cet enjeu ne se pose pas, puisqu'ils peuvent retourner immédiatement à la pratique, dit M. Khadir. 

Même son de cloche du côté du porte-parole caquiste en matière d'éducation, Jean-François Roberge. «Il abandonne son mandat après même pas un an, a-t-il dit. Je pense que les citoyens ont assez payé et qu'il n'est pas correct pour lui de conserver cette prime.»

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, pour sa part, n'a pas voulu aborder cette question. «Ce sera à M. Bolduc de prendre sa décision compte tenu des règles qui s'appliquent, a-t-il indiqué. Je n'ai pas de point de vue à exprimer là-dessus.»

«Attendu» à la Cité médicale

S'il le souhaite, l'ex-ministre Yves Bolduc pourra réintégrer son poste à la Cité médicale, à Québec. «S'il veut reprendre la pratique médicale, il va être grandement attendu parce qu'il était drôlement apprécié de ses patients», a déclaré à Radio-

Canada le directeur de la clinique, le Dr Michel Lafrenière. Toutefois, la direction ne souhaitait plus commenter lorsque jointe par Le Soleil en après-midi. M. Bolduc avait pratiqué à la clinique de Place de la Cité pendant un an et demi, alors qu'il était dans l'opposition.  

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