Inéluctable remaniement à Québec

Philippe Couillard et Yves Bolduc... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Philippe Couillard et Yves Bolduc

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Le premier ministre Philippe Couillard a refusé, mercredi, de commenter les informations voulant qu'il fera perdre à Yves Bolduc son poste de ministre de l'Éducation. Dans l'état actuel des choses, les partis d'opposition considèrent le remaniement ministériel comme une nécessité - et même comme un fait quasi certain.

Depuis longtemps déjà, il ne s'agit plus de savoir si Yves Bolduc perdra ou pas l'Éducation, mais quand.

Tout au sommet de la hiérarchie gouvernementale, on glisse même désormais que ce serait pour son propre bien; qu'«humainement, on ne peut plus le laisser là».

Cet élément humain s'est ajouté au fait que M. Bolduc serait devenu une nuisance pour le gouvernement et qu'il n'aurait plus ni crédibilité ni autorité auprès de ses interlocuteurs.

Philippe Couillard aurait aimé attendre en juin avant de procéder à un remaniement ministériel. Mais la situation aurait été jugée de plus en plus intenable ces derniers jours.

Ex-doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, le ministre François Blais paraît être un candidat tout naturel à la succession de M. Bolduc. Mais il est dans son domaine de prédilection à l'Emploi et à la Solidarité sociale. N'empêche qu'il est un prétendant sérieux, y compris aux yeux de certains de ses collègues.

Le nom de la ministre de la Culture, Hélène David, revient aussi régulièrement. Elle a déjà exercé les fonctions de sous-ministre adjointe à l'Enseignement supérieur.

En matinée, les membres de l'aile parlementaire libérale se sont présentés devant les médias, déterminés à s'en tenir plus que jamais à la nouvelle consigne du silence avant d'aller rejoindre leur caucus.

Les journalistes ont tenté de savoir si les députés du parti au pouvoir croyaient à la nouvelle publiée par La Presse, qui parlait d'un remaniement imminent. Tous ont décliné l'invitation.

Hélène David s'est contentée d'afficher un large sourire lorsqu'elle s'est fait demander si elle avait l'intention d'abolir les... commissions scolaires.

Philippe Couillard, lui, a répondu aux médias, mais en se lançant sur la mission qu'il pilotera en France la semaine prochaine avec cinq collègues ministres.

À propos du sort qui attend le député-ministre de Jean-Talon, il s'est contenté de dire qu'il «ne commente pas les rumeurs».

«J'ai confiance en mon équipe et je ne commenterai pas plus loin», a laissé tomber le chef du gouvernement.

M. Couillard a été appelé à clarifier ses propos de la veille lorsque, en prenant la défense d'Yves Bolduc, il a appelé les élus de l'opposition à apprécier «les personnes comme elles sont».

Le premier ministre a invité les uns et les autres à faire la «différence entre les critiques politiques constructives et les attaques qui sont parfois personnelles, et qui font mal aux gens. Les gens qui sont au gouvernement ou dans l'opposition sont des personnes qui ont également des proches et des familles. Une légère retenue dans le ton m'apparait justifiée».

On ne l'entend plus défendre comme tel le travail de son actuel ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

Seul le vétéran Pierre Paradis a véritablement commenté les échos circulant sur la Colline parlementaire -et que le premier ministre a laissé courir.

«On ne peut laisser des rumeurs à ce niveau perdurer, a souligné M. Paradis. Les délais sont connus. Le premier ministre quitte en fin de semaine [pour Paris]. J'imagine qu'avant de quitter, la situation deviendra claire pour tout le monde.»

Couillard «responsable»

Le leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, se demande qui héritera du poste à l'Éducation. «Par qui on le remplace? s'est-il interrogé à voix haute. Je pense qu'il y a un problème de compétence dans ce gouvernement qui est généralisé, malheureusement. Et M. Couillard en est en partie responsable.»

Pour le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, la décision de remanier le conseil des ministres et d'évincer M. Bolduc est déjà prise. «Mieux vaut tard que jamais», a-t-il fait valoir devant les micros.

«Mais il faut voir que cela a pris du temps à M. Couillard pour faire preuve de leadership et pour reconnaître ce que tous les Québécois reconnaissent: que M. Bolduc n'a plus sa place comme ministre de l'Éducation.»

L'opération à venir sera plus de l'ordre de l'«ajustement» ministériel que du remaniement, car elle touchera peu de ministres. Il s'agira avant tout de régler le «problème» Bolduc.

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