Le fédéral comblerait son déficit en vendant ses actions de GM

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Grâce à un dollar canadien faible et à une augmentation du prix de l'action de GM, les actions achetées par le gouvernement en 2009 ont fructifié considérablement, atteignant 3,4 milliards$.

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement fédéral pourrait combler une partie de son déficit en vendant les actions qu'il détient toujours dans le constructeur automobile américain General Motors (GM), dont la valeur est évaluée à 3,4 milliards $.

Grâce à un dollar canadien faible et à une augmentation du prix de l'action de GM, les 73,4 millions d'actions investis par le gouvernement en 2009 ont fructifié considérablement.

En prenant en compte le taux de change canadien, la valeur de l'action est la plus élevée en plus de cinq ans. L'action s'élève actuellement à 47,20 $, soit près de 10 $ de plus qu'en 2009.

Pour que l'investissement s'avère rentable, toutefois, les actions devraient valoir 4 milliards $. Il lui manque donc 600 millions $ pour atteindre ce seuil.

Plus tôt ce mois-ci, Ottawa est devenu le seul gouvernement nord-américain à avoir encore en sa possession des parts dans l'entreprise qui était à l'époque au bord de la faillite. La vente récente des actions ontariennes pourrait influencer le gouvernement fédéral à faire de même. Les États-Unis s'étaient départis de leurs dernières actions en décembre 2013.

Ces possibles nouveaux revenus ont récemment été évoqués comme l'une des options pour aider le gouvernement conservateur à atteindre l'équilibre budgétaire en 2015-2016 - qui pourrait être compromis par la chute des prix du pétrole, selon certains experts. Ottawa pourrait donc être tenté de vendre ses parts pour essuyer ces pertes et atteindre cet objectif.

Le gouvernement de Stephen Harper a martelé qu'il allait équilibrer le budget malgré ces imprévus. Le ministre des Finances Joe Oliver a d'ailleurs reporté la présentation du budget au moins jusqu'au mois d'avril.

Le député conservateur du comté de St.Catharines, en Ontario - qui abrite une usine de GM - croit toutefois que la vente des actions ne devrait pas être effectuée pour renflouer les coffres de l'État, mais bien pour que les Canadiens perçoivent les fruits de leur investissement.

«Si nous le faisions, ce serait parce que ce serait avantageux tant pour le gouvernement que pour les contribuables (...) Nous y arrivons, mais nous n'y sommes pas encore», a indiqué Rick Dykstra, qui dit toutefois ne pas être au courant des intentions de son gouvernement.

Leslie Shiell, professeure adjointe à l'Université d'Ottawa qui a étudié le plan de sauvetage du secteur automobile, estime qu'il ne serait pas prudent de liquider sa richesse afin de trouver de nouveaux revenus pour le budget. «Cela équivaut à vendre l'argenterie pour acheter l'épicerie. Ce n'est pas viable à long terme», a-t-elle précisé.

Selon l'économiste du syndicat Unifor - qui encourage le gouvernement à garder ses parts - la valeur de l'action augmentera encore dans les prochaines années. Vendre les actions pour couvrir un «déficit possible» est la «pire raison» de le faire, selon Jim Stanford.

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