Décodage

Gérer le chaos politique

Autour de 8h, mardi, le ministre Yves Bolduc... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Autour de 8h, mardi, le ministre Yves Bolduc est arrivé à l'Assemblée nationale pour participer au caucus de l'aile parlementaire libérale. C'est à cette heure matinale qu'une question lui a été lancée sur la fouille à nu. Et qu'il a livré sa réponse qui a fait le tour du monde.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La semaine à l'Assemblée nationale peut se résumer à la journée de mardi. Un mardi fou.

Autour de 8h, le ministre Yves Bolduc est arrivé à l'Assemblée nationale pour participer au caucus de l'aile parlementaire libérale. Il arrivait de son bureau de l'Édifice Marie-Guyart.

C'est à cette heure matinale qu'une question lui a été lancée sur la fouille à nu. Et qu'il a livré sa réponse qui a fait le tour du monde.

Une nouvelle pratique a été instaurée deux jours plus tard : c'est désormais à la sortie de leur réunion quotidienne que les élus du gouvernement Couillard répondront aux médias. À moins qu'une demande préalable ait été adressée spécifiquement à l'un d'eux.

Tous les gouvernements cherchent à contrôler le message. Mais ce qu'ils cherchent aussi, si on veut le voir de leur bout de la lorgnette, c'est de faire entendre une «parole gouvernementale». Autrement dit, une parole plus réfléchie que spontanée.

Ce n'est pas pour rien que tous les élus de tous les gouvernements reçoivent tous les jours des «lignes de presse». Et ce, depuis des années.

La communication est l'arme des partis. Tous veulent que leurs messages «passent».

Le problème est que ces mêmes partis génèrent trop d'activités. L'une chasse l'autre à la vitesse de l'éclair. Au bout du compte, il reste plus d'impressions générales que de faits, constatent des élus.

Revenons à mardi. Les mêlées de presse avec Bolduc et les autres ont lancé la journée politique.

Il y a aussi eu la conférence de presse lors de laquelle le péquiste François Gendron a accordé son appui à son collègue Alexandre Cloutier.

L'équipe de Pierre Karl Péladeau ne voulait pas être en reste. Elle a fait savoir que son champion afficherait un septième appui le lendemain. Tous savaient que ce serait Nicolas Marceau.

Ce même mardi, l'ancien ministre des Finances de Pauline Marois a réclamé la création d'un poste de directeur parlementaire du budget. Une proposition applaudie par la Coalition avenir Québec, mais rejetée par le gouvernement de Philippe Couillard -comme l'avait fait celui de Mme Marois.

Le chef de la CAQ, François Legault, a ensuite plaidé en faveur de son projet sur l'intégrisme religieux. Son plan a été moqué par les autres partis.

Les résidences privées pour aînés devront être munies de gicleurs, a aussi fait savoir le ministre Sam Hamad mardi.

Peu après, son collègue François Blais s'est réjoui d'ententes conclues avec les 110 carrefours jeunesse-emploi.

La caquiste Chantal Soucy a par la suite défendu le rôle des Associations touristiques régionales.

Bernard Drainville a accusé Québec de vouloir imposer une nouvelle modulation des tarifs d'Hydro-Québec. Le ministre Pierre Arcand l'a nié.

Le péquiste Jean-François Lisée et la solidaire Françoise David ont de leur côté dénoncé les effets de «l'austérité libérale» sur les organismes communautaires.

Plus tard, Amir Khadir a présenté son projet de loi visant la création de Pharma Québec.

Le péquiste Sylvain Pagé a aussi pressé Yves Bolduc de doter le Québec d'une stratégie de lutte contre l'obésité.

D'autres sujets ont aussi été soulevés à la période des questions ce jour-là, parmi lesquels la lutte contre l'évasion fiscale, la restructuration de Bombardier et le versement de bonis par le ministère des Transports.

Des élus s'interrogent : à communiquer autant en une seule petite journée ordinaire, ne reste-t-il pas trop souvent plus de bruit que de faits? N'est-ce pas un véritable problème de fond?

Gérer la communication politique, c'est un peu comme gérer le chaos.

À PARIS AU MAUVAIS MOMENT

Deux visions s'affrontent au gouvernement Couillard.

Celle de la nécessité des missions de toutes sortes contre celle, montant en puissance, questionnant leur pertinence réelle - a fortiori dans un contexte budgétaire serré.

Celle, aussi, opposant des politiciens toujours au front à des mandarins qui vivent ou vivraient dans le confort de leurs habitudes.

Un exemple? Une ancienne attachée de presse de Jean Charest, Marie-Claude Champoux, promue sous-ministre en titre au ministère de l'Éducation, se trouvait en mission à Paris cette semaine.

Elle devrait être à Québec à épauler le ministre Yves Bolduc, a tonné un interlocuteur gouvernemental lors d'un entretien avec Le Soleil.

Régulièrement sur la sellette, «Yves Bolduc en a plein les bras», a commenté un autre. Il doit présenter d'ici quelque temps un plan d'action ayant l'ambition d'améliorer la réussite scolaire des élèves québécois et doit commenter, défendre ou justifier plusieurs décisions au quotidien. Les coupes appliquées au concours Chapeau les filles! et au programme Secondaire en spectacle, par exemple.

Ou tenter de se dépêtrer de commentaires comme celui sur la fouille à nu d'une élève du secondaire.

Marie-Claude Champoux participait à une réunion de l'UNESCO à Paris.

La sous-ministre, âgée de 47 ans, touche près de 210 000 $ par année, rappelle-t-on. Elle reçoit un salaire plus élevé que les députés, les ministres et même que le premier ministre du Québec.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer