Le NPD votera contre le projet de loi antiterroriste C-51

«Contrairement à Stephen Harper, nous croyons que (...)... (Photo La Presse Canadienne, Sean Kilpatrick)

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«Contrairement à Stephen Harper, nous croyons que (...) ce sont les pays où les citoyens sont les plus libres qui sont aussi, en même temps, les plus sécuritaires», a mentionné mercredi Thomas Mulcair, chef du NPD.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Thomas Mulcair refuse de se laisser «intimider» comme Justin Trudeau et de voter en faveur du projet de loi antiterroriste C-51, jugeant celui-ci «dangereux».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a confirmé mercredi ce que l'on voyait venir depuis plusieurs jours, en annonçant que sa formation n'appuierait pas le projet de loi «dans sa forme actuelle».

«Nous croyons qu'il comporte trop d'éléments susceptibles de miner les droits des Canadiens», a-t-il exposé en conférence de presse au parlement.

«Contrairement à Stephen Harper, nous croyons que (...) ce sont les pays où les citoyens sont les plus libres qui sont aussi, en même temps, les plus sécuritaires», a ajouté M. Mulcair.

En plus de permettre au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) de fonctionner sans mécanisme de surveillance «crédible», le projet de loi propose des définitions trop vagues qui pourraient «léser les droits de dissidents légitimes», selon le chef néo-démocrate.

«Ce projet de loi-là, avec sa large définition, pourrait viser des gens qui sont en train de faire une protestation tout à fait correcte parce qu'il ne croient pas en une infrastructure (...), un pipeline par exemple», a-t-il fait valoir.

Formation isolée

Le NPD a vu les sondages comme tout le monde. Le plus récent, commandé par ICI RDI, démontre qu'une majorité de Canadiens soutient la mission militaire en Irak, mais également les actions entreprises par le gouvernement conservateur pour s'attaquer au terrorisme.

En refusant de se ranger derrière les mesures conservatrices, la formation se retrouve par ailleurs isolée sur le plan politique, puisque le chef libéral Justin Trudeau a annoncé il y a quelques jours que son parti voterait en faveur de C-51.

Mais pour Thomas Mulcair, il s'agit avant tout d'une question de principe. Il dit n'avoir pas l'intention de se laisser «intimider» comme les libéraux ou de jouer le jeu politique de Stephen Harper, qui a selon lui instrumentalisé la question du terrorisme à des fins électorales.

«On sait pertinemment bien que se tenir debout sur une question de principe ne va pas nécessairement jouer exactement de la manière qu'on l'aurait souhaité», a-t-il laissé tomber lorsqu'on lui a demandé quel coût politique sa formation pourrait avoir à payer.

«Mais j'ai aussi la réputation d'être quelqu'un qui a le courage de ses convictions. Et je crois fermement et sincèrement que ce projet de loi brime nos droits et libertés d'une manière inadmissible», a poursuivi le chef néo-démocrate.

M. Mulcair accuse le Parti libéral d'avoir échoué dans son rôle parlementaire en accordant son soutien inconditionnel au projet de loi C-51.

«Je suis désolé, mais quand on est dans l'opposition, on est là pour se tenir debout face au gouvernement», a-t-il lancé.

Trudeau ne veut pas sombrer dans les attaques personnelles

Le chef libéral Justin Trudeau a rappelé mercredi que sa formation politique avait conclu que C-51 contenait «des mesures concrètes» qui renforceront la sécurité.

«Je vais laisser M. Mulcair sombrer dans ses attaques personnelles. Moi, mon désir, surtout sur un enjeu aussi important que la sécurité publique, c'est qu'on puisse avoir un débat informé et tasser un petit peu la partisannerie et les attaques personnelles», a-t-il dit.

Il a ensuite tenu à souligner que «le NPD n'a jamais appuyé des mesures pour renforcer la sécurité des Canadiens contre les terroristes, même pendant les mois qui ont suivi le 11 septembre».

En vertu du projet de loi, le SCRS - l'agence canadienne d'espionnage - pourrait notamment contrer les projets de voyage de présumés extrémistes, interrompre des transactions bancaires et intervenir secrètement sur des sites web radicaux.

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a accusé les néo-démocrates d'utiliser «des critères fallacieux pour s'opposer à un projet de loi qui est équilibré et qui contient plusieurs dispositifs et mécanismes efficaces pour lutter contre le terrorisme».

Le premier ministre Stephen Harper est allé jusqu'à qualifier d'«extrêmes» les arguments du NPD à la période de questions aux Communes.

Le débat sur C-51 s'est amorcé mercredi à la Chambre des communes.

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