Mosquée à Shawinigan: Couillard ne veut pas s'en mêler

Mardi en chambre, le premier ministre du Québec,... (Photo La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Mardi en chambre, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a mis au défi le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, de préciser «comment on change une Charte des libertés, comment on charcute la liberté d'expression».

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le premier ministre Philippe Couillard n'a pas l'intention de dicter une ligne de conduite ou même de donner des repères au maire de Shawinigan qui a refusé de changer le zonage dans sa ville pour permettre l'implantation d'une mosquée.

Au moment où le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) exigent du gouvernement des balises claires pour guider les édiles concernant le phénomène de l'intégrisme religieux, Philippe Couillard évite de leur répondre.

Ce sont les pressions de citoyens craignant d'accueillir un lieu de culte musulman dans leur entourage qui ont amené la décision de l'administration du maire Michel Angers, à Shawinigan, en Mauricie.

En impromptu de presse, M. Couillard a insisté pour dire «que c'est tout à fait compréhensible que les gens ressentent de la crainte» devant la perspective d'aménager un tel lieu de prière.

«On voit l'actualité internationale. On voit le monde qui change. On voit les humains autour de nous qui changent», a-t-il mentionné en faisant référence aux attentats terroristes des derniers mois, en Europe et en sol canadien.

Le chef libéral n'a pas précisé s'il croit qu'il appartient au monde municipal de légiférer dans ce domaine. Il s'en est remis au nécessaire dialogue. L'important est qu'il se produise exactement ce qui est en train de se passer [à Shawinigan]. Sous l'impulsion du maire de Shawinigan et du député de Saint-Maurice (Pierre Giguère), les communautés se parlent pour essayer de se connaître mieux.

«Ce qui est important, c'est que les élus municipaux aient accès à la Sûreté du Québec. Parce que c'est la sécurité qui doit nous préoccuper avant tout. Il faut s'assurer que des groupes qui demandent, par exemple, un local municipal aient fait l'objet d'un examen.»

Il a vanté l'exemple de Denis Coderre. Le maire de Montréal a bloqué la création d'un centre communautaire par l'imam Hamza Chaoui, «un agent de radicalisation», a dit le maire. M. Couillard a rappelé que M. Coderre a «basé sa décision sur des motifs essentiellement liés à la sécurité».

Le premier ministre a mentionné en chambre que son gouvernement ira de l'avant avec «des actions, incluant des actions législatives [...] probablement durant cette session». Quant aux balises, il se montre réticent à y recourir.

«À vouloir trop baliser, on fait des erreurs.» Devant les journalistes comme en chambre, il a mis au défi le chef de la CAQ, François Legault, de lui préciser «comment on change une Charte des libertés, comment on charcute la liberté d'expression».

Des balises, réclame l'opposition

En matinée, le député péquiste et parrain de la charte de la laïcité et des valeurs sous le gouvernement de Pauline Marois, Bernard Drainville, a indiqué qu'il comprend l'inquiétude des citoyens, mais aussi la situation dans laquelle se trouvent les élus de Shawinigan.

Ces derniers ont des responsabilités, a-t-il convenu, dont celle «d'écarter les intégristes de ces lieux de culte, d'ouvrir le dialogue avec leurs communautés et de trouver un compromis».

Mais Québec doit assumer les siennes, a poursuivi M. Drainville. Ce devoir, c'est d'édicter des «règles claires en matière de laïcité, d'encadrement des accommodements raisonnables. [...] d'égalité entre les hommes et les femmes».

La leader parlementaire du PQ, Agnès Maltais, a insisté sur le fait que «les gens ont droit à leur lieu de culte. [Mais] il y a tellement de peur autour de l'intégrisme et tellement pas de balises claires que les gens ne savent plus comment se gouverner». À ses yeux, Québec abandonne les municipalités à elles-mêmes.

Le caquiste François Legault a critiqué ce qu'il appelle «l'inaction» du premier ministre Philippe Couillard. «Chaque semaine, on voit l'urgence de doter les élus municipaux de balises dans les cas potentiels d'intégrisme. Quand va-t-il se tenir debout et donner des balises aux Québécois?»

M. Legault a tenté en vain de savoir ce que le chef du gouvernement pense «d'une remise de diplômes de l'Académie de la charia nord-américaine. D'après le chef de la CAQ, durant cette réunion, tenue samedi à Montréal, «deux intégristes islamistes qui nient l'égalité entre les hommes et les femmes», ont prêché le refus d'obéir «aux lois occidentales».

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