Contrats informatiques: une odeur de crime organisé, dénoncent des syndicats

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La présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique, Lucie Martineau

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le crime organisé pourrait très bien être impliqué dans l'attribution des contrats informatiques au gouvernement, soupçonne un collectif de 16 organismes regroupant notamment des syndicats, qui dénonce le gaspillage dans les projets informatiques gérés par l'État.

Le collectif demande une commission d'enquête publique pour faire le ménage, puisque des milliards sont «gaspillés en informatique», alors que des compressions frappent les programmes sociaux.

Les ingrédients pour la corruption et la collusion sont les mêmes que ce qui prévalait dans l'industrie de la construction: absence de concurrence, dépendance du gouvernement envers l'entreprise privée, manque d'expertise à l'interne, dépassements de coûts et d'échéanciers, omerta dans la fonction publique, a fait valoir la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau, lors d'une conférence de presse vendredi à Québec.

Pour sa part, le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, Richard Perron, estime que ces similitudes portent à croire qu'il faut examiner le lien possible avec le crime organisé.

«On ne peut le savoir, mais la commission Charbonneau a commencé par une série d'experts qui venaient nous dire le crime organisé ne fait pas ses profits que dans la criminalité, a-t-il expliqué. Il s'investit beaucoup dans l'économie légale. Et lorsqu'il y a beaucoup d'argent, comme dans la construction, il n'est jamais très très loin. Ce simple élément de fait (nous démontre) qu'on devrait examiner, aller plus à fond (sur cette piste).»

On estime à pas moins de trois milliards $ par année la valeur des contrats informatiques accordés par l'État québécois.

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui dénonce depuis des années le gaspillage et les problèmes de gestion dans les contrats informatiques, n'a pas tardé à joindre sa voix au collectif. Son porte-parole, le député de La Peltrie Éric Caire, partage les mêmes soupçons. «Je n'ai pas la certitude, mais je me pose la même question, et je pense que l'ensemble de la population du Québec se pose cette question-là.»

Et c'est justement pour répondre à ces questions «légitimes» qu'il faut, à son avis, une commission d'enquête publique. «Tout le monde constate que dans le milieu informatique, on vit les mêmes problèmes. On a les même symptômes, les chances qu'on ait la même maladie sont quand même là.»

Pour sa part, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a dit à La Presse Canadienne jeudi avoir repris en main la gestion de l'informatique en posant une série de gestes. Il a notamment confié la direction des projets informatiques à son propre sous-ministre, et a réduit de 30 pour cent entre février et décembre 2014 le recours à des «ressources externes» au Centre des services partagés du Québec (CSPQ), le plus gros donneur d'ouvrage en matière informatique au gouvernement.

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