Inauguration de l'amphithéâtre: Péladeau ne réclamera pas un spectacle en français

Candidat favori pour devenir chef du Parti québécois... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Candidat favori pour devenir chef du Parti québécois et actionnaire de contrôle de l'empire médiatique Québecor, Pierre Karl Péladeau a tenu à prendre ses distances de tout ce qui gravite autour du nouveau Colisée.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Pierre Karl Péladeau n'a nullement l'intention de demander un spectacle en français pour inaugurer l'amphithéâtre de Québec, l'édifice dont Québecor est le gestionnaire.

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Pierre Karl Péladeau

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Le député péquiste de Saint-Jérôme, candidat favori pour devenir chef du Parti québécois et actionnaire de contrôle de l'empire médiatique Québecor, a tenu à prendre ses distances de tout ce qui gravite autour du nouveau Colisée.

Dans une rare entrevue individuelle, accordée à son bureau de l'Assemblée nationale, il a catégoriquement refusé de dire s'il souhaite que le spectacle, qui doit marquer en grande pompe l'ouverture des lieux, doit être francophone.

«Honnêtement, cette décision ne m'appartient pas», a répondu M.Péladeau quand Le Soleil est revenu à la charge sur le sujet. «Vous comprendrez que ce n'est pas moi qui vais commencer à commenter cela, la programmation musicale de l'inauguration.

«Moi, je ne dirige plus Québecor», a-t-il dit plus tôt, en faisant allusion au fait que ses fonctions ne sont plus celles de p.d.g. «C'est clair, net et précis. J'ai quitté tous mes postes de responsabilité et d'administrateur» du conglomérat. Son actionnariat de contrôle se limite à la nomination de 75 % des membres du conseil d'administration de l'entreprise, dont son président. 

Récemment, Pierre Karl Péladeau a cependant été durement critiqué pour s'être levé durant un spectacle de Groenland pour réclamer une chanson en français de la part du groupe qui n'a que des compositions en anglais. L'élu du Parti québécois a laissé entendre que ses «adversaires», tout particulièrement les libéraux et le premier ministre Philippe Couillard, ont «fait un gros plat avec pas grand-chose».

Chose certaine, il n'a aucun regret de la manière dont les choses se sont déroulées pendant ce concert au Festival de la musique émergente, à Rouyn-Noranda. «Non, pas du tout», a-t-il tranché.

«Cela a été récupéré par nos adversaires. Ceci étant dit, j'ai toujours été un défenseur de la langue française, un défenseur de la culture québécoise», a-t-il poursuivi en reprenant la liste d'événements bénéficiant de son soutien et de celui de Québecor, de l'Espace Félix-Leclerc au Festival de la poésie à Trois-Rivières.

Pierre Karl Péladeau n'a pas nié la très forte attraction de la musique anglophone sur la jeunesse québécoise. «Il y a de beaux exemples inspirants, a-t-il par contre plaidé. Céline Dion chante en français.

«Elle chante aussi en anglais. Je n'ai pas de problème avec ça. Mais c'est important de saluer l'importance de notre langue. C'est notre culture, ce sont nos racines. (...) Ça n'empêche pas de chanter en anglais, comme ça n'empêche pas de chanter en espagnol ou en hébreu.»

Pas un boulet

Pierre Karl Péladeau a par ailleurs nié une rumeur à l'effet que le Parti québécois a d'abord songé à lui demander de se présenter dans une circonscription de Québec.

Un stratège du PQ a suggéré au Soleil que la candidature de «PKP» -surnom tiré de ses initiales- dans la capitale aurait atténué l'animosité des médias radiophoniques de la région, en raison de son implication dans le dossier du retour des Nordiques. Si l'état-major péquiste en a discuté, cela s'est fait à son insu, a assuré M. Péladeau.

Le politicien a hésité avant de répondre s'il est confiant que la Capitale récupérera un club de hockey professionnel. «Ce dossier ne m'appartient pas, il appartient à la direction» de Québecor», a-t-il repris. Malgré le fait que la Ligue nationale de hockey lorgne surtout Las Vegas, aux États-Unis, pour abriter une prochaine concession, M. Péladeau a finalement glissé que «j'ai un fort sentiment à l'effet qu'il y aura un club de LNH et que les Nordiques renaîtront».

Quelle que soit la tournure des événements, que l'amphithéâtre soit une réussite ou pas, l'aspirant à la chefferie du PQ ne croit pas que ce dossier puisse devenir un boulet pour sa carrière politique.

Campagne de peur

À Philippe Couillard qui qualifie de «formidable» pour les libéraux la détermination de Pierre Karl Péladeau à viser un «mandat pour réaliser concrètement l'indépendance du Québec», le principal intéressé réplique qu'il ne «faut surtout pas se surprendre que le premier ministre retombe» dans une campagne de peur contre l'indépendance.

Lors d'une entrevue réalisée à son bureau de l'Assemblée nationale, le député péquiste de Saint-Jérôme a soutenu qu'il s'agit «d'une stratégie historique du Parti libéral» du Québec. Ils ont fait ça en 1980 (à l'occasion du premier référendum sur la souveraineté). Ils ont fait ça en 1995 (pour le second plébiscite).

«Pour tous ceux qui combattent l'autodétermination des peuples, c'est toujours la même tactique. Ça manque d'imagination. Mais, en même temps, il ne faut pas être surpris parce que le PLQ en a toujours manqué.»

Il a tenu à répéter «qu'à de très nombreuses reprises, j'ai eu l'occasion de dire qu'un référendum n'équivaut pas à la souveraineté. Ce n'est qu'une modalité.» Il continuera de marteler son message.

M. Péladeau reconnaît que les libéraux ont beaucoup misé sur son entrée en scène pour s'imposer en campagne électorale. À Saint-Jérôme, il avait prononcé son premier discours en affirmant sa volonté de «faire du Québec un pays», ponctué par un poing brandi en l'air.

Si c'était à refaire, il poserait le même geste, a confié celui qui est maintenant candidat pour diriger le Parti québécois. «Je n'ai pas de problème avec ça. Vous avez raison de dire que je ne m'attendais pas au résultat que nous avons connu. Comme je ne m'attendais pas à avoir un accident de vélo, à faire mon entrée à l'Assemblée nationale en fauteuil roulant, à ce que Pauline Marois soit battue et à une course au leadership.»

Plus tôt, jeudi, M. Couillard s'est amusé à prédire que la campagne électorale d'un Pierre Karl Péladeau élu chef du PQ se résumera à «référendum, souveraineté, séparation».

«C'est ça que le PLQ ne peut que faire, rétorqué «PKP». Des rapprochements trop rapides, des court-circuitages, la simplification à outrance. C'est sûr que cela a été payant par le passé et qu'ils vont peut-être continuer.

«J'ai comme tendance à penser que d'une façon ou d'une autre, a commenté Pierre Karl Péladeau, il y aurait eu cette simplification d'associer référendum et souveraineté. À de très nombreuses reprises, j'ai eu l'occasion de dire qu'un référendum n'équivaut pas à la souveraineté. Ce n'est qu'une modalité.»

L'homme d'affaires qui a contribué à faire de Québecor un empire médiatique, dont il est actionnaire de contrôle, ne se dit pas déçu par le monde des journalistes avec lequel il entretient des relations tendues. Chacun a son travail à faire, a-t-il philosophé.

M. Péladeau n'entend pas déroger à ses façons de faire. Il a promis d'utiliser encore abondamment les réseaux sociaux. Facebook et Twitter n'empêchent pas de s'adresser aux médias traditionnels, a-t-il fait valoir. «Je ne vois pas pourquoi je m'empêcherais d'avoir un dialogue direct avec les citoyens. Comme diraient les Têtes à claques, est-ce que c'est un nouveau règlement de la ville?»

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