Couillard critique la nomination d'un unilingue anglophone aux Affaires étrangères

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Philippe Couillard a critiqué mardi la nomination la veille de Rob Nicholson, un Ontarien qui s'exprime uniquement en anglais, au poste de ministre des Affaires étrangères du Canada.

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La Presse Canadienne
Québec

La nomination d'un unilingue anglophone à la tête de la diplomatie canadienne est «loin d'être souhaitable», estime le premier ministre Philippe Couillard.

Le chef du gouvernement du Québec a critiqué mardi la nomination la veille de Rob Nicholson, un Ontarien qui s'exprime uniquement en anglais, au poste de ministre des Affaires étrangères du Canada.

«Le Canada a deux langues officielles, c'est un poste senior de gouvernement et je m'attendrais à ce que le ministre des Affaires étrangères puisse, au moins, dire quelques mots en français. Son prédécesseur (John Baird) n'était pas couramment bilingue mais était capable d'entretenir une conversation, le début d'une conversation», a déclaré le premier ministre libéral, en point de presse, à l'entrée d'une réunion du caucus de ses députés.

M. Couillard a dit ne pas vouloir s'immiscer dans les dossiers relevant des responsabilités du premier ministre Stephen Harper, mais il a suggéré au nouveau ministre des Affaires étrangères de prendre quelques leçons de la langue de la diplomatie. Quelques mots seraient satisfaisants aux yeux du premier ministre du Québec.

«Je ne veux pas qu'on se mêle ailleurs de mes nominations au conseil des ministres, je ne ferai pas d'autres commentaires là-dessus, mais il aurait été certainement souhaitable qu'il y ait une connaissance au moins minimale du français. Il n'est pas trop tard pour prendre des cours, il y en a qui l'ont déjà fait», a-t-il dit.

St-Pierre agacée

De son côté, la ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre, n'a pas caché son agacement. Elle juge «très décevant» qu'un élu incapable de parler français accède à la fonction névralgique de chef de la diplomatie canadienne.

«Il faut comprendre que lorsque le ministre des Affaires étrangères est capable de s'exprimer en français, à ce moment-là, il représente le Canada, un pays bilingue, il représente les francophones et pour nous, les Québécois, c'est très important que le ministre des Affaires étrangères parle français», a-t-elle insisté.

Le bilinguisme devrait «être une priorité» dans l'esprit du premier ministre Harper, a poursuivi Mme St-Pierre, rappelant que la relation de son ministère avec M. Baird était «excellente».

Les prochaines élections fédérales sont dans quelques mois et la présence de M. Nicholson à la tête du ministère pourrait n'être que temporaire, s'est consolée la ministre St-Pierre.

«Ce n'est pas pour quatre ans ou trois ans que M. Nicholson est là, je pense. Il y a des élections qui s'en viennent et si M. Harper (re)prend le pouvoir, il y aura un nouveau remaniement ministériel et à ce moment-là, on lui dira à quel point c'est important pour nous d'avoir un ministre des Affaires étrangères bilingue», a-t-elle dit.

Quant à elle, la ministre de la Culture, Hélène David, a dit être «désolée» de la décision du premier ministre du Canada. Le français est pourtant un «atout» pour la fonction du représentant du pays à l'étranger, a-t-elle fait valoir.

«Écoutez, on espère qu'un ministre qui est unilingue anglophone aime autant le Québec qu'un ministre qui parle français, a souligné Mme David. On aimerait vraiment que cette personne puisse nous représenter, autant le Québec que les autres provinces. On forme quand même le quart de la population. C'est le choix de M. Harper et on est désolé.»

Pour l'opposition officielle, «l'aplaventrisme» des libéraux du Québec face au Canada anglais contribue à marginaliser encore davantage le français au pays.

«Aplaventriste, c'est vraiment couché à terre, la face sur le plancher, ça résume assez bien la position libérale dans la défense du français sur la scène internationale», a dénoncé le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard.

Le leader péquiste a rappelé que M. Couillard lui-même n'avait pas cru bon de prononcer un seul mot de français lors d'une mission en Islande en novembre dernier. Dans un tel contexte, il ne faut pas s'étonner, selon lui, que le gouvernement fédéral ignore à son tour le fait français.

«Vous savez à quel point M. Couillard n'est pas pressé de parler français à l'extérieur. (...) Regardez les réactions des ministres, ils sont au plus désolés, un peu tannés, mais ils ne réclament rien, ils ne souhaitent rien, ce qu'ils veulent c'est qu'on n'en parle plus», a dit M. Bédard.

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