Référendum: Péladeau se laisse toutes les portes ouvertes

Pierre Karl Péladeau s'est dit à l'aise avec... (Photo La presse canadienne, Graham Hughes)

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Pierre Karl Péladeau s'est dit à l'aise avec la formule figurant dans l'actuel programme du parti. Elle prévoit le déclenchement d'un référendum «au moment jugé opportun». Forgée en 2011, l'expression est une variante des «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard.

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(Laval) Pierre Karl Péladeau se laisse toutes les portes ouvertes. Il n'exclut pas de tenir un référendum sur la souveraineté dès un éventuel prochain mandat du Parti québécois s'il en devient le leader. Mais il pourrait aussi ne pas en tenir s'il n'avait pas la conviction de l'emporter.

Un référendum dans un prochain mandat? «Ce n'est pas exclu du tout, bien au contraire», affirme M. Péladeau. Jusqu'ici, il éludait la question.

Pourrait-il ne pas y en avoir? «Je ne peux pas anticiper ce qui va se produire au cours des trois années et demie» séparant le Québec du prochain scrutin général, en octobre 2018, ajoute-t-il.

Au deuxième et dernier jour du Conseil national du PQ, qui s'est tenu à Laval en fin de semaine, le favori dans la course à la succession de Pauline Marois s'est dit à l'aise avec la formule figurant dans l'actuel programme du parti. Elle prévoit le déclenchement d'un référendum «au moment jugé opportun». Forgée en 2011, l'expression est une variante des «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard.

Au besoin, Pierre Karl Péladeau précisera les choses d'ici le prochain scrutin général. Mais il ne prévoit pas le faire durant l'actuelle course. Il prendra son temps. «Je pense que lorsque nous allons nous présenter en 2018, nous aurons une très bonne idée de la démarche», dit-il.

Ses adversaires Martine Ouellet et Bernard Drainville le pressent de faire preuve de plus de clarté. «Les discours ambigus, ça nous a menés au 7 avril», dit Mme Ouellet. Elle fait référence à la dégelée électorale encaissée par son parti. Son propre plan prévoit un référendum dès un prochain mandat du PQ. «Il faut que chaque candidat soit clair sur sa démarche, renchérit Bernard Drainville. On ne peut pas juste se contenter de dire "on veut faire l'indépendance, on veut faire l'indépendance". Tout le monde veut faire l'indépendance. Mais ça prend un plan. Ça prend une démarche qui soit claire. Ce qui nous a fait mal aux dernières élections, c'est qu'on n'a pas été clairs sur le référendum. La prochaine fois, il va falloir l'être. Et la course doit servir à ça.»

Alors que la course risque de laisser de vraies cicatrices, le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, demande aux candidats de ne pas trop s'entredéchirer. «On veut sortir de cet événement plus forts, plus unis. Et ce message-là doit être compris par tout le monde», lance-t-il, comme en guise d'avertissement.

Nouvel argumentaire

Parler de souveraineté et non de référendum, un mot trop associé à la «mécanique». C'est le credo du Parti québécois depuis la défaite d'avril. C'est la «mécanique» qui a précipité sa chute et non pas le projet comme tel, veut-on croire. Le Conseil national a été l'occasion de réitérer cette analyse et d'en tirer les conséquences.

Le parti produira donc un nouvel argumentaire en faveur de la souveraineté, a annoncé, hier, son président, Raymond Archambault. Le document ne définira pas comme tel le projet - n'ira pas jusqu'à dire s'il faut ou pas une monnaie commune avec le reste du Canada, par exemple. Comme tous les exercices du genre, il fera valoir les avantages de l'indépendance du Québec.

Il faut faire le ménage dans «nos vieux papiers», explique M. Archambault. «Les militants nous disent : arrêtons de parler de référendum, de date de référendum. On ne peut pas commencer à parler de la date du référendum, à mon avis, si on n'a pas fait notre travail fondamental, le travail de préparation.»

C'est aussi ce que pense Pierre Karl Péladeau. S'il se montre si réticent à répondre aux questions sur le référendum, c'est parce qu'il considère qu'il s'agit de «mécanique», de «modalité».

Stéphane Bédard et Raymond Archambault refusent de dire au favori quoi faire de ses actions de Québecor. Contrairement à ce que souhaitent les candidats Martine Ouellet et Pierre Céré, le parti n'interviendra pas sur cette question.

Hommage à Gilles Rhéaume

Par ailleurs, les délégués du Parti québécois ont observé une minute de silence à la mémoire de l'indépendantiste Gilles Rhéaume, décédé dans la nuit de samedi à hier.

M. Rhéaume a été président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (1981 à 1985) et de plusieurs organisations qui prônaient la souveraineté du Québec et la défense de la langue française, dont le Mouvement souverainiste du Québec.

Avec La Presse Canadienne

L'incontournable légitimité

Pour Pierre Karl Péladeau, comme pour les quatre autres aspirants-chefs, la souveraineté du Québec ne pourra advenir qu'après une consultation populaire par référendum. Il ne saurait être question qu'elle advienne à la suite d'une «élection référendaire», un processus par lequel le Québec deviendrait indépendant dès lors que le Parti québécois serait porté au pouvoir.

La légitimité de la démarche et la reconnaissance de la communauté internationale exigent la tenue d'une consultation référendaire, disent M. Péladeau et les autres candidats.

Si cette question a été soulevée, hier, c'est que des militants péquistes, parmi les quelque 450 réunis à Laval, ont paru être tentés par une élection référendaire.

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