Chefferie du PQ: une course risquée

Pierre Céré n'en démord pas: il est indispensable... (Photo La Presse, André Pichette)

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Pierre Céré n'en démord pas: il est indispensable que Pierre Karl Péladeau cesse le plus rapidement possible de contrôler Québecor. «Il y a quelque chose d'inquiétant là-dedans», selon lui.

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(Laval) Risquée la course au Parti québécois? Elle pourrait laisser de vraies cicatrices à en juger par le nombre de «tirs amis» échangés samedi.

«Est-ce que Citizen Péladeau est en train de se payer un parti politique?» Le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Céré a lancé une attaque frontale contre le favori de la course, Pierre Karl Péladeau.

Le seul non élu parmi les cinq aspirants chefs a fait référence au célèbre film d'Orson Welles, Citizen Kane. Le scénario déroule la vie d'un magnat de presse aux ambitions immenses.

Pierre Céré n'en démord pas: il est indispensable que Pierre Karl Péladeau cesse le plus rapidement possible de contrôler Québecor. «Il y a quelque chose d'inquiétant là-dedans», selon lui.

«Est-ce qu'on pourrait imaginer qu'un juge qui devient député pourrait continuer à siéger comme juge ?», enfonce-t-il.

Pierre Céré estime que les autres candidats sont trop frileux sur cette question. Il déplore de plus que des militants lui aient demandé de se taire sur ce sujet afin de ne pas nuire au «sauveur», et donc au parti.

M. Céré a fait cette sortie en marge d'un Conseil national du PQ. Près de 500 militants péquistes sont réunis jusqu'à dimanche à Laval.

Les militants syndicalistes Pierre Dubuc et Marc Laviolette en ont rajouté une couche: les péquistes doivent se méfier de Pierre Karl Péladeau, selon eux. Ils soutiennent qu'il privilégiera toujours ses intérêts personnels et financiers à ceux du Québec. M. Laviolette est dans le camp de Bernard Drainville.

Pierre Céré a lancé d'autres tirs, cette fois contre la Charte de la laïcité de Bernard Drainville. Il a dénoncé «l'instrumentalisation» par le Parti québécois de toute cette question, ainsi que tout le projet de quête identitaire relancé en 2007 par Pauline Marois.

La candidate Martine Ouellet juge également nécessaire que Pierre Karl Péladeau règle le plus rapidement possible le dossier Québecor.

Plus largement, elle attend qu'il clarifie ses positions: «Le patinage, ce n'est pas suffisant!» Les membres du Parti québécois n'accorderont pas «un chèque en blanc» à leur prochain chef, pense-t-elle.

Tout comme Bernard Drainville, Martine Ouellet croit que les sondages ont surtout mesuré la notoriété des uns et des autres jusqu'ici.

Dans le cas de Pierre Karl Péladeau, «l'effet de la nouveauté joue», ainsi que «l'aspect célébrité», glisse M. Drainville.

Des ajustements

Sur la souveraineté comme telle, Bernard Drainville a modifié sa position. Il n'écarte plus la possibilité de tenir un référendum lors d'un prochain mandat du Parti québécois.

Se souvenant de la dégelée électorale d'avril, il avait dit l'automne dernier qu'il fallait attendre un éventuel deuxième mandat. Une position que peu de péquistes ont appréciée.

Désormais, corrige-t-il, s'il sent des appuis suffisants avant le prochain scrutin général -prévu en octobre 2018 - il s'engagera à tenir un référendum dans un premier mandat. Il reparle des «conditions gagnantes» pour dire qu'il faut les créer.

Devant les délégués péquistes, Pierre Karl Péladeau a dit vouloir s'inspirer de son père et de ses succès chez Québecor pour «faire du Québec un pays».

«Il n'est pas passé par quatre chemins pour dire qu'il voulait avoir un pays», a relevé le député Claude Cousineau. C'est la raison pour laquelle il lui accorde son appui.

Les précisions et les clarifications sur cet enjeu et sur d'autres viendront plus tard, croit-il. Pour l'heure, M. Cousineau plébiscite en fait son énergie et sa volonté.

M. Péladeau refuse de s'engager à tenir ou pas un référendum dans un prochain mandat péquiste. Il se contente de dire qu'il consacrera les trois prochaines années et demie séparant les Québécois du prochain scrutin à tenter de convaincre une majorité d'entre eux de la pertinence de la souveraineté.

«Le Parti québécois n'est pas à vendre. C'est un grand parti démocratique», a-t-il répliqué à Pierre Céré.

Il placera ses actions dans «une fiducie sans droit de regard» s'il devient chef.

Le candidat Alexandre Cloutier insiste sur le fait que le Parti québécois doit se renouveler de fond en comble. Il note que l'appui de Véronique Hivon l'aide déjà auprès des militants.

PKP, loin devant

Un sondage mené pour le compte du Journal de Montréal et du Devoir indique que Pierre Karl Péladeau continue de mener largement la compétition. Il a toutefois perdu cinq points depuis un précédent coup de sonde.

Il ferait le meilleur chef du PQ aux yeux de 63% des personnes sondées. Martine Ouellet le suit, mais très loin derrière, avec 10%. Alexandre Cloutier recueille 9% d'opinions favorables; Bernard Drainville, 7%; Pierre Céré, à peine 1%.

D'après le sondage, Pierre Karl Péladeau serait le seul à pouvoir livrer une vraie lutte au Parti libéral du Québec s'il devenait chef. Tous deux auraient recueilli 32% des voix si des élections générales s'étaient déroulées ces jours-ci.

La plupart des députés du Parti québécois sont arrivés à Laval vers 3 heures du matin samedi. Ils avaient quitté l'Assemblée nationale peu après minuit, soit après le vote sur le projet de loi 10 du ministre Gaétan Barrette passé sous bâillon.

Péladeau toujours loin devant, selon un sondage

Un sondage mené pour le compte du Journal de Montréalet du Devoir indique que Pierre Karl Péladeau continue de mener largement la compétition. Il a toutefois perdu cinq points depuis un précédent coup de sonde. Il ferait le meilleur chef du PQ aux yeux de 63 % des personnes sondées. Martine Ouellet le suit, mais très loin derrière, avec 10 %. Alexandre Cloutier recueille 9 % d'opinions favorables; Bernard Drainville, 7 %; Pierre Céré, à peine 1 %. D'après le sondage, Pierre Karl Péladeau serait le seul à pouvoir livrer une vraie lutte au Parti libéral du Québec s'il devenait chef. Tous deux auraient recueilli 32 % des voix si des élections générales s'étaient déroulées ces jours-ci. La plupart des députés du Parti québécois sont arrivés à Laval vers trois heures du matin samedi. Ils avaient quitté l'Assemblée nationale peu après minuit, soit après le vote sur le projet de loi 10 du ministre Gaétan Barrette, passé sous bâillon.

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