Sam Hamad au Soleil: le ministre veut ramener les expatriés à Québec

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«On va mettre sur pied cette année un programme pour aller chercher des Québécois qui sont aux États-Unis et à Toronto» - Sam Hamad

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(Québec) Le ministre Sam Hamad veut convaincre des Québécois expatriés aux États-Unis ou ailleurs au Canada de revenir au bercail pour goûter la qualité de vie de la région de Québec.

«On va mettre sur pied cette année un programme pour aller chercher des Québécois qui sont aux États-Unis et à Toronto», a annoncé le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale dans une entrevue au Soleil. L'opération charme sera coordonnée par la Commission de la capitale nationale, la Ville de Québec et l'organisme Québec international, a-t-il indiqué, sans préciser le budget prévu ni fixer d'objectif en matière de nombre.  

«J'ai découvert dans quelques entreprises des Québécois qui sont revenus au Québec, a expliqué M. Hamad. Ils étaient très haut placés dans la Silicon Valley, en Californie. Ils faisaient beaucoup d'argent, sauf qu'ils vivaient beaucoup de stress. Ils travaillaient sept jours par semaine, pas le temps de voir leurs enfants, la qualité de vie n'était pas là. Ils ont décidé de revenir.»

Le développement de l'industrie des jeux vidéo à Québec a créé un bassin de jeunes programmateurs qui constituent une masse critique intéressante pour ces rapatriés qui pourraient lancer une entreprise ici, a dit M. Hamad. «À l'heure actuelle, Québec international fait beaucoup de recrutement en Europe auprès de Français, de Belges, a poursuivi le ministre. Là, ce qu'on va faire, c'est aller chercher nos Québécois qui sont à New York, à Chicago, à Los Angeles, à Toronto. [...] Ils reviennent ici bilingues, avec une expérience auprès de grandes entreprises. Moi, je pense que ça peut faire rêver plein d'entre eux.»

L'arrivée de nouvelles familles générerait «des retombées majeures à Québec», selon lui. 

La région «se porte bien»

L'année 2015, comme la précédente, s'inscrira dans un contexte de contraintes budgétaires, et la capitale n'y échappera pas. Le premier budget Leitão a mis sur pause plusieurs projets d'envergure à Québec. 

Malgré ces reports, M. Hamad soutient que Québec «n'a pas souffert» de l'exercice de retour à l'équilibre et qu'elle «se porte bien». Les prévisions de croissance économique y sont au-delà de la moyenne québécoise, et il en va inversement pour le taux de chômage. Un discours loin des inquiétudes évoquées récemment par la péquiste Agnès Maltais sur un ralentissement de l'économie à Québec. 

«Les indicateurs sont bons, affirme M. Hamad. [...] Il n'y a pas eu une baisse de l'économie dans la région. Ce n'est pas vrai. Les gens se questionnent, mais ça fait deux ans que les gens se questionnent sur ce qui s'en vient.»

Les initiatives gouvernementales pour le secteur manufacturier, qui profitera aussi de la baisse du prix du pétrole, bénéficieront aux entreprises de la région, prévoit M. Hamad. Et il souhaite mettre la main à la pâte dans le défi de la main-d'oeuvre. 

Le ministre veut par ailleurs garder un oeil sur la réforme du modèle d'affaires de l'industrie touristique que mène sa collègue ministre Dominique Vien. Une analyse du financement public de tous les événements et festivals sera effectuée. «Ça ne sera pas brutal, assure M. Hamad. On n'ira pas maganer les programmations. L'idée est de dire : "Là, tu es mature, indépendant, tu n'as pas besoin de nous, on va faire une sortie graduelle pour en aider d'autres."»

Les pressions pour convaincre le CN de repeindre le pont de Québec doivent se poursuivre, croit M. Hamad. Mais il appartient aux villes de Québec et de Lévis d'être au front dans cette bataille, selon lui. «Ce sont eux qui ont le ballon, dit le ministre. On n'est pas un joueur en avant. On est plutôt en soutien. [...] On ne peut pas laisser la situation comme elle est actuellement.»

Le nouveau pavillon du Musée national des beaux-arts du Québec doit ouvrir ses portes cet automne, et le ministre n'anticipe pas de retard. «L'ouverture va être quelque chose, promet-il. Et ça va voir de l'impact. On n'a pas mis de l'argent juste pour avoir une bâtisse. Ça va attirer du monde et créer une activité.»

La nouvelle vocation de l'ancien jardin zoologique doit aussi être définie en 2015. Pas de préférence de ce côté pour le ministre, sinon pour le maintien de l'accès au public et une utilisation à l'année.

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Une offre «très intéressante» du PLC

Sam Hamad a tourné le dos à une offre «très intéressante» des libéraux fédéraux intéressés à l'attirer à Ottawa. Il ne craint pas que son «flirt» nuise à ses relations avec les conservateurs. 

Avant Noël, Le Soleil a révélé que les libéraux de Justin Trudeau faisaient de l'oeil à M. Hamad pour qu'il défende leurs couleurs dans Louis-Hébert lors des prochaines élections fédérales. Le ministre a mis 24 heures avant de fermer la porte publiquement à cette éventualité. 

«Je suis heureux de ce que je fais et d'être ministre de la région, explique M. Hamad. Je suis bien. Évidemment, il y a eu une opportunité. C'est flatteur pour moi d'avoir une opportunité au fédéral.»

Le ministre, élu libéral dans Louis-Hébert depuis 2003, ne veut pas dire si M. Trudeau est venu lui-même pour le tenter. «Je ne vais pas donner de noms, mais il y avait une opportunité très intéressante au fédéral pour moi, indique M. Hamad. Là, on a fermé la porte et on va continuer à servir la région. C'était très flatteur et intéressant.»

Responsable des dossiers de la capitale, il ne s'inquiète pas que ses pourparlers avec les libéraux refroidissent ses relations avec le gouvernement conservateur. «Moi, ça ne me fait rien personnellement, dit-il. Ce qui est important est qu'ils [les conservateurs] soient très chaleureux envers Québec. Ce qui compte pour moi, c'est l'intérêt de Québec.»

Prédiction électorale

Trop tôt pour se risquer à prédire le résultat des prochaines élections fédérales, M. Hamad espère que la région aura un représentant élu dans le prochain gouvernement. «Je pense que la région a besoin de s'approcher davantage du pouvoir, affirme-t-il. Les gens de Québec veulent toujours un ministre ou un gouvernement qui va être près d'eux.»

Les dossiers sont mieux servis lorsque la Ville et les gouvernements fédéral et provincial travaillent dans le même sens, fait-il valoir. «Je ne dis pas que Steven [Blaney] et Denis Lebel [deux ministres conservateurs] font un mauvais job, mais c'est encore plus fort si on a des gens de la région qui travaillent ensemble.»

Les informations sur l'approche du Parti libéral du Canada (PLC) auprès de M. Hamad ont fait croire que celui-ci est insatisfait du ministère qu'il occupe. «Le problème de M. Hamad, c'est qu'il aime travailler beaucoup», a commenté le ministre à propos de lui-même. «Il veut toujours faire plus. C'est normal. C'est le choix du premier ministre.

«Je suis heureux dans ce que je fais, mais je suis un gars qui aime travailler.»

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En rafale

Hôtel-Dieu de Québec: «Il ne faut pas avoir un vide»

La fin probable des services hospitaliers à L'Hôtel-Dieu de Québec amène la nécessité d'une réflexion sur la vocation du bâtiment historique. Le maire de Québec a déjà fait part de projets de condos ou d'immeubles de logements sur des terrains avoisinants. «La Ville veut maintenir un comité de réflexion sur L'Hôtel-Dieu à propos de son utilisation, et on va travailler avec eux», indique le ministre Sam Hamad. «L'idée est de maintenir une activité dans le Vieux-Québec pour les commerçants et, en même temps, respecter les résidents, ajoute-t-il. Il ne faut pas avoir un vide.»

Dalhousie: un concours pour trouver un nom

Les travaux en vue de l'aménagement du site Dalhousie, dans le Vieux-Québec, au coût de 39 millions$, sont entamés, indique le ministre Sam Hamad. La Société québécoise des infrastructures travaille avec la Commission de la capitale nationale à la planification du projet qui doit aboutir en 2017. Le ministre Hamad lancera dans les semaines à venir un concours auprès de la population afin de trouver un nom à l'emplacement. Le choix doit être dévoilé cette année. Le projet consiste à créer un parc le long du fleuve sur le stationnement actuel, à retaper les quais et à ériger un stationnement étagé en bordure de la rue Dalhousie. Ce projet a survécu au premier budget Leitão, contrairement à d'autres mis sur la glace : le Théâtre Le Diamant, la phase III de la promenade Samuel-De Champlain, les Nouvelles Casernes, l'anneau de glace, notamment. 

Amphithéâtre: à Québecor de faire ses preuves

Le nouvel amphithéâtre bâti au coût de 400 millions $ doit être inauguré à la mi-septembre. Le ministre Sam Hamad reste prudent quant au sort de l'infrastructure dans la mesure où la Ligue nationale de hockey n'y a pas encore élu domicile. Il veut donner la chance au gestionnaire du bâtiment, Québecor, de faire ses preuves. «Je suis attentif à ce qui se passe, affirme M. Hamad. Je ne crains pas et je ne peux pas être sûr. Je n'ai pas le contrôle. Ce n'est pas moi le vendeur qui rencontre les gens. C'est difficile d'avoir un jugement. Il faut être raisonnable. Mais je les regarde et je les suis. J'ai des attentes, comme tous les citoyens de la région.»

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