Surplus budgétaires: un demi-milliard $ dans deux ans, glisse Couillard

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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(Québec) Entre deux réponses aux journalistes mardi, Philippe Couillard a glissé, sûr de lui, que l'atteinte du déficit zéro apportera «un autre bénéfice», soit «la diminution du fardeau fiscal des Québécois». Il n'a pas explicité davantage.

Décodage

Le chef libéral et ses collègues mettront de plus en plus l'accent sur les surplus budgétaires à venir. C'est que le gouvernement prévoit en dégager en 2017-2018. Il les a inscrits dans ses plans.

Ils devraient s'élever à 455 millions $. La moitié sera consacrée à des réductions d'impôt. L'élimination de la taxe santé est dans la mire.

Le premier ministre en parlera de plus en plus, dans l'espoir de convaincre que les efforts collectifs paieront. Trop sûr de lui?

Lorsque les chiffres des surplus s'imposeront dans l'actualité, les partis d'opposition martèleront que l'actuel gouvernement aura davantage pigé «dans les poches» des Québécois durant son mandat que ce qu'il leur retournera à ce moment-là, en 2017-2018.

Mais l'équipe libérale ne boudera pas son plaisir pour autant. C'est que le prochain rendez-vous électoral est prévu pour octobre 2018.

Le gouvernement est conscient de bousculer tous azimuts - de l'organisation du travail des médecins jusqu'à la présentation d'offres maigres à ses quelque 540 000 employés.

Pourquoi cet empressement? Parce qu'il juge que reporter ne serait-ce que d'une année l'atteinte du déficit zéro ne réglerait pas le «déficit structurel»; que ce report permettrait à tous de faire à peu près comme toujours, c'est-à-dire de se serrer la ceinture en attendant que ça passe.

Dans l'esprit des ténors du Conseil des ministres, les Martin Coiteux et compagnie, la vitesse imposée oblige à des restructurations.

N'empêche. Sur le tableau de bord gouvernemental, deux voyants rouges clignotent. Le premier est lié à la mobilisation que parviendront ou pas à créer les opposants à «l'austérité libérale». L'autre, aux mauvais chiffres sur l'emploi.

L'épine laïque au pied

Le gouvernement libéral s'est planté une épine au pied, affirment le Parti québécois et la Coalition avenir Québec. Il est vrai que le débat sur la forme de laïcité ou de «neutralité religieuse» à implanter au Québec ne cesse de le rattraper.

En voulant redéfinir les mots, le premier ministre s'est piégé, dit un péquiste. Ce dernier pense que son parti pourra en tirer profit.

En décembre 2013, Philippe Couillard avait employé un ton ferme. Il n'avait pas hésité à montrer du doigt non seulement l'«extrémisme», mais aussi, soulignons-le, les «intégrismes religieux» en général.

«La charte présentée par le Parti québécois passe complètement à côté du véritable enjeu, de la véritable préoccupation de la population: la menace que représentent chez nous l'extrémisme et tous les intégrismes religieux», disait-il alors.

«À ceux qui viennent chez nous pour profiter de nos libertés et de notre démocratie, pour ensuite nous attaquer et, ultimement, les détruire, nous disons haut et fort: vous n'êtes pas les bienvenus chez nous. Nous vous combattrons, nous vous poursuivrons sans relâche», ajoutait-il.

Lundi, on pouvait noter une certaine évolution dans le ton et le choix des mots de M. Couillard: «L'intégrisme est une pratique religieuse poussée à l'extrême qui, tant qu'elle n'enfreint pas les droits des autres, ceux des hommes et des femmes, fait partie des choix personnels de chacun. C'est au moment où les droits des gens sont remis en question qu'il devient un sujet de préoccupation.»

Deux façons de voir

Les resserrements au programme d'aide sociale annoncés mercredi par le ministre François Blais alimentent les «préjugés», s'est indignée la solidaire Françoise David. Comme si les prestataires étaient nombreux «à se précipiter dans le Sud l'hiver!» Le ministre les stigmatise, a-t-elle accusé.

François Blais croit exactement l'inverse. Il pense que raboter «certains irritants» comme «les séjours à l'étranger» permettra au contraire de donner moins de prise aux préjugés de toutes sortes - et donc de réduire la stigmatisation.

Syriza-QS

Québec solidaire (QS) s'est félicité de l'élection du parti de gauche radicale Syriza en Grèce. C'était quelques heures avant qu'il fasse alliance avec un parti de droite pour gouverner.

En votant Syriza, 36 % des Grecs ont voté contre l'imposition par l'Union européenne et d'autres institutions internationales d'un dur plan d'austérité.

Ils ont rejeté une certaine élite - cette élite qui préfère parler d'un plan de sauvetage. La Grèce a plongé dans un abîme en 2009.

Le nouveau premier ministre Alexis Tsipras a dû tiquer en apprenant que le Front national de Marine Le Pen en France s'est réjoui que Syriza se soit emparé du pouvoir à Athènes. Québec solidaire aussi, sans doute.

Le rejet des élites et du capitalisme financier n'est plus l'apanage de la gauche.

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