Un nouveau front politique en aide sociale

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Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais

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(Québec) Le gouvernement de Philippe Couillard confirmera mercredi sa volonté de modifier six mesures du programme d'aide sociale. Un nouveau front politique s'ouvrira alors officiellement au Québec.

Les modifications paraîtront dans la Gazette officielle du Québec, la publication par laquelle le gouvernement québécois fait part de ses intentions ou rend officielles ses décisions. Dans ce cas-ci, il s'agira d'intentions, puisqu'une période de consultations suivra.

Un communiqué de presse sera publié par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale afin d'annoncer les modifications publiées dans la Gazette officielle. Une analyse de leur impact sera rendue publique en même temps.

Nous le relevons, car il y a le fond des choses, mais aussi la forme. Et dans ce cas-ci, la forme est en partie liée à une stratégie politique. Car il s'agit pour le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, avec ce communiqué et cette étude d'impact, d'éviter des critiques semblables à celles essuyées par l'ex-ministre péquiste Agnès Maltais lorsqu'elle occupait son poste. Et de montrer qu'il agit différemment -c'est-à-dire «dans la plus grande transparence», se targue-t-on autour de lui.

Mme Maltais avait été accusée d'agir en catimini parce qu'elle s'était contentée de faire paraître ses modifications dans la Gazette officielle.

Aux barricades

Les groupes organisés de défense des personnes assistées sociales sont déjà remontés contre les propositions de François Blais, dont le détail sera donc rendu public mercredi à moins d'un changement de dernière minute.

Ils estiment que les mesures à venir, si elles sont adoptées telles quelles, aggraveront la précarité des personnes en situation de pauvreté. Ces groupes sont montés aux barricades à la suite d'une entrevue accordée au Soleil par le ministre au début du mois.

Il avait présenté les grandes lignes de ses six modifications réglementaires. Rappelons-les :

Si ses propositions sont adoptées, les revenus qu'un prestataire tire du partage de son logement devront être déclarés dès la deuxième chambre qu'il loue et non plus à partir de la troisième.

La valeur nette d'une résidence sera aussi prise en compte dans le calcul des prestations. L'exemption courra jusqu'à une valeur de 200 000 $ et non plus de 500 000 $, comme cela peut être le cas. Au-delà de 200 000 $, la valeur de la propriété aura un impact sur le montant d'aide sociale versé. Quelque 400 ménages devraient être touchés par ce changement.

Les revenus de travail d'un prestataire devront être entièrement déclarés chaque mois, faute de quoi il se verra privé des 200 $ qu'il peut actuellement aller chercher de ce côté.

Un prestataire ne pourra plus s'absenter deux mois d'affilée du Québec, mais seulement 15 jours consécutifs - quitte à repartir par la suite pour une autre période de deux semaines.

Les sommes versées pour un séjour en cure de désintoxication seront revues.

Enfin, un prestataire victime d'un sinistre - d'un incendie, par exemple - ne verra plus son chèque être amputé d'une partie de l'aide qu'il recevra du ministère de la Sécurité publique.

Les économies attendues de ces mesures s'élèveraient à 15 millions $ par année.

Coupes sauvages en 2013

En 2013, le gouvernement du Parti québécois s'était fait accuser de procéder à des coupes sauvages dans l'aide aux plus démunis de la société. Les ménages composés de deux parents aptes au travail avaient alors perdu une allocation mensuelle de 129 $ liée à la charge d'un enfant de moins de cinq ans. Le seuil minimal pour recevoir une allocation de même valeur compensant les difficultés à percer le marché du travail avait été repoussé de 55 à 58 ans.

En novembre dernier, 318 450 ménages québécois vivaient de l'aide de dernier recours, ce qui représentait une hausse de 0,6 % par rapport au même mois de l'année précédente (ou de 1989 ménages). Ces 318 450 ménages étaient composés de 345 650 adultes et de 96 565 enfants, soit de 442 215 personnes en tout.

Toujours en novembre, quelque 298 680 Québécois vivaient d'aide sociale à proprement parler. On comptait près de 143 535 citoyens inscrits au Programme de solidarité sociale en raison de «contraintes sévères à l'emploi».

Les mesures d'aide financière du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale s'élèvent à quelque 2,9 milliards $ par année.

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