Laïcité: Couillard, l'homme en mission

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Sur le fond, Philippe Couillard est dans la ligne traditionnelle du Parti libéral du Québec; c'est-à-dire particulièrement attaché aux droits individuels.

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(Québec) Par conviction, mais aussi par calcul politique, le Parti québécois n'allait pas laisser passer pareille occasion de hisser haut le drapeau de la laïcité.

La décision de Philippe Couillard de reporter la présentation de son projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État a permis à l'opposition officielle de lui reprocher son «inaction» tout en balayant sous le tapis les divergences d'opinions entre les candidats à sa direction. Une pierre deux coups.

C'est aussi un peu pour embêter le chef libéral que le Parti québécois (PQ) est revenu à la charge avec le projet d'un observatoire de l'intégrisme religieux. Il est calqué sur celui de l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pépin.

Voulant exploiter ce grand filon à fond, Stéphane Bédard a ensuite commis une embardée en glosant sur les «valeurs» saoudiennes de Philippe Couillard. À trop vouloir en faire...

Ce n'est pas tous les jours que le chef intérimaire du Parti québécois sent le besoin de faire publier un communiqué pour «préciser» sa pensée. Le geste en dit long.

Sur le fond, Philippe Couillard est dans la ligne traditionnelle du Parti libéral du Québec; c'est-à-dire particulièrement attaché aux droits individuels.

Le dossier est non seulement sensible, il est complexe. À preuve, les dépêches en provenance de Belgique, où Philippe Couillard était de passage en début de semaine. Elles opposaient ses propos à ceux de son hôte, le ministre belge Didier Reynders, sur la neutralité religieuse de l'État.

Ça ne pouvait pas être le cas. Ce dossier demeure en effet plus ou moins réglé en Belgique. Connue sous l'expression de «signes convictionnels», la question a continué à y faire débat l'an dernier.

La Belgique n'est pas la France. Un très fragile consensus vient tout juste de s'y établir sur le fait de proscrire le port de signes convictionnels aux seuls fonctionnaires en contact direct avec le public.

C'est bien plus que la politique du «visage à découvert» qu'implantera le gouvernement libéral. Mais bien moins que ce que préconise le péquiste Bernard Drainville.

Ce dont parlait M. Reynders, c'était de la lutte comme telle contre l'intégrisme religieux, contre l'islamisme radical.

En toute logique avec lui-même, Philippe Couillard a décidé de scinder le projet de loi sur lequel planche la ministre Stéphanie Vallée. Il portera finalement uniquement sur la conception libérale de ce que doit revêtir la neutralité religieuse de l'État. Le volet sur la lutte contre les dérives des fanatiques haineux fera l'objet d'autres mesures, basées notamment sur la prévention.

En toute logique, puisque Philippe Couillard ne cesse de dénoncer tout «amalgame» entre neutralité religieuse et lutte contre l'intégrisme religieux. Son propre projet de loi péchait donc en ce sens...

Mais lui-même n'établit-il pas un lien entre les deux en retardant toute mesure pour asseoir un peu plus la neutralité religieuse de l'État en raison des attaques de Saint-Jean-sur-Richelieu et d'Ottawa, et des tueries de Paris? Le chef caquiste, François Legault, n'est sans doute pas le seul à croire que oui.

***

Ministres et députés libéraux seront réunis en caucus lundi et mardi. À huis clos, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, répétera à toute l'aile parlementaire libérale l'importance de maintenir le cap sur l'atteinte du «déficit zéro» dès 2015-2016. 

Malgré les oppositions, l'équipe de Philippe Couillard n'en déviera pas. Et pour cause : ce cap est devenu sa raison d'être, sa mission.

Le gouvernement libéral fera du «redressement» des finances publiques son identité politique. Son hyperactivité y trouve sa source.

D'accord pour corriger des irritants ou des erreurs, comme dans le dossier des conservatoires de musique ou dans cette idée de pénaliser les parents bénéficiant de «places fantômes» dans les services de garde. Mais seulement dans la mesure où l'objectif phare n'est pas mis en péril.

Au terme du caucus, Philippe Couillard refera valoir que le Québec n'a pas le luxe d'attendre, qu'il paie déjà 30 millions $ par jour en paiement d'intérêts sur sa dette.

Des libéraux disent ne pas craindre la montée d'une mobilisation contre «l'austérité libérale». Ils se disent convaincus d'avoir la majorité silencieuse des citoyens de leur côté.

N'empêche que le calendrier de mobilisation dévoilé par Le Soleil cette semaine en a fait tiquer plus d'un. Les centrales syndicales pourront compter sur l'appui tacite du Parti québécois.

Le mouvement Touche pas à mes régions est moins menaçant pour le gouvernement, mais politiquement plus agaçant. C'est que Philippe Couillard a beaucoup promis aux régions éloignées en campagne électorale.

Ce mouvement pourra, lui, compter sur l'appui de tous les partis d'opposition.

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