Laïcité: Couillard teinté par l'Arabie Saoudite, selon le PQ

La valse-hésitation du premier ministre quant au moment... (Archives La Presse Canadienne)

Agrandir

La valse-hésitation du premier ministre quant au moment où son gouvernement déposera une loi sur la neutralité religieuse de l'État plonge les aspirants-chefs Bernard Drainville et Alexandre Cloutier dans un exercice de psychanalyse de M. Couillard.

Archives La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Saint-Jean-sur-Richelieu) Philippe Couillard n'a pas à «importer» au Québec les valeurs de l'Arabie Saoudite dont il «semble très imprégné», affirme le chef de l'opposition, Stéphane Bédard.

Le report du dépôt du projet de loi sur la neutralité religieuse est symptomatique du refus d'agir du premier ministre, estime le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), dont l'aile parlementaire s'est réunie en Montérégie pour un caucus préparatoire de deux jours.

L'inaction du premier ministre a peut-être à voir avec son passage de quelques années en Arabie Saoudite, estiment plusieurs personnes au PQ. «Ça fait des mois qu'il refuse d'agir, et il a toujours un bon prétexte, a déclaré M. Bédard. Le lien, je pense que tout le monde le fait. Ne pas le dire, ce serait même manquer à nos obligations.»

Entre 1991 et 1996, M. Couillard a contribué à mettre sur pied un département de neurochirurgie dans la ville de Dhahran, en Arabie Saoudite. Il a également été conseiller en 2009 auprès du ministre de la Santé du pays. M.Couillard a souvent déclaré qu'il n'appuyait pas le système politique et que son attachement est à l'égard du peuple et du pays.

«Chacun a son expérience personnelle», a déclaré M. Bédard. «C'est sûr qu'il a été consultant auprès [du régime saoudien] à une certaine époque. Il semble très imprégné de ces valeurs, de cette réalité. [...] On lui demande de ne pas importer cette réalité ici.»

L'Arabie Saoudite, qui applique rigoureusement la charia, pratique la torture et les exécutions publiques.

Avant M. Bédard, deux aspirants-chefs du PQ, Bernard Drainville et Alexandre Cloutier, se sont aventurés sur le même terrain au sujet de M. Couillard. «Son expérience personnelle l'invite peut-être à avoir une compréhension qui n'est pas juste de la situation, a affirmé M.Cloutier. [...] Lui qui a habité là-bas en Arabie Saoudite, est-ce que parce qu'il est endormi, étant habitué à voir des situations qui sont tout à fait déplorables?»

Après avoir promis d'agir dès l'automne dernier, M. Couillard a évoqué la possibilité que le projet de loi sur la neutralité puisse être déposé uniquement en 2018, avant d'affirmer que cela pourrait aussi être le cas avant cet été.

Son expérience en Arabie Saoudite devrait permettre à M.Couillard d'être «mauditement bien placé» pour comprendre l'importance de légiférer sur la laïcité, selon Bernard Drainville. «Le cauchemar de Philippe Couillard avec la laïcité... Qu'il vienne m'en parler, il va voir que ce n'est pas du tout dramatique. [...] Est-ce qu'il a des affaires de pas réglées avec l'Arabie Saoudite, Philippe Couillard?»

«Manque de jugement»

Les propos tenus au caucus péquiste ont trouvé écho jusqu'à Davos auprès du premier ministre Couillard, qui y voit un «signe de faiblesse» et un «manque de jugement» de ses adversaires. «Nous nous sommes engagés à déposer un projet de loi», a fait savoir son attaché de presse, Harold Fortin. «C'est ce que nous ferons. Mais nous irons encore plus loin en traitant de prévention, d'éducation, de détection et de répression.»

En soirée, M. Bédard a publié un communiqué pour dire qu'il ne souhaitait pas «laisser entendre» que M. Couillard voulait importer des pratiques qui bafouent les droits humains. Il ne faisait, plaide-t-il, que s'interroger sur les motifs de l'inaction du premier ministre.

Par ailleurs, le caucus du PQ a été l'occasion pour le chef intérimaire de rappeler que son parti souhaite la mise sur pied d'un observatoire sur l'intégrisme religieux au Québec. Les députés de l'opposition entendent aussi talonner le gouvernement sur la création d'emplois et le développement régional.

La course à la chefferie ne viendra pas affecter la capacité des candidats à bien remplir leur rôle de députés de l'opposition, a assuré M. Bédard.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer