La récession passée, Obama veut s'attaquer aux inégalités

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Outre la réforme fiscale, Barack Obama a proposé la simplification de l'accès à la propriété, la hausse du salaire minimum, le développement des congés maternité et des congés maladie, ou encore la gratuité sous conditions des «community colleges» qui offrent des formations universitaires courtes.

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Agence France-Presse
Washington

«Ce soir, nous tournons la page»: porté par de bons indicateurs économiques, le président Barack Obama a vanté mardi le début d'une nouvelle ère pour les États-Unis, demandant au Congrès réuni au grand complet de s'attaquer aux inégalités.

Ses nombreux projets de réforme, déclinés dans un discours à la tonalité résolument optimiste, devraient cependant se heurter à la vive opposition de ses adversaires républicains, désormais majoritaires dans les deux chambres, au moment où tout Washington a déjà les yeux tournés vers l'élection présidentielle de 2016.

Mettant en exergue le chemin parcouru depuis la «violente récession» qui a frappé son pays et le monde, le président des États-Unis, a proposé, lors du traditionnel discours sur l'état de l'Union, d'augmenter la pression fiscale sur les foyers les plus aisés.

«Accepterons-nous une économie où seuls quelques uns s'en sortent de manière spectaculaire ?», a lancé M. Obama à deux ans jour pour jour de son départ de la Maison-Blanche.

S'appuyant sur une économie en croissance, des déficits en baisse et une production énergétique «en plein essor», il a proposé en particulier la suppression d'une niche fiscale sur la taxation des revenus du capital qui frapperait presque exclusivement 1% des contribuables les plus riches.

Parmi les nombreuses idées avancées, il a évoqué la simplification de l'accès à la propriété, la hausse du salaire minimum, le développement des congés maternité et des congés maladie, ou encore la gratuité sous conditions des «community colleges» qui offrent des formations universitaires courtes.

En dépit des déclarations de bonnes intentions des deux camps, le débat entre démocrates et républicains s'annonce difficile.

Accusant le président américain de vouloir «punir le succès», le sénateur républicain Marco Rubio, qui pourrait se lancer dans la course à la Maison-Blanche en 2016, a dénoncé «des propositions dépassées» se résumant à «plus d'impôts et plus de dépenses».

Rare sujet sur lequel M. Obama peut espérer un vote favorable de ses adversaires républicains: les accords de libre-échange avec l'Union européenne et la région Asie-Pacifique. Il a en outre sollicité auprès du Congrès l'adoption d'une «procédure accélérée» de négociation, contestée par ses alliés démocrates, qui lui donnerait des pouvoirs accrus de négociation.

Sur le front international, M. Obama a affiché la solidarité des États-Unis avec toutes les victimes du terrorisme «d'une école du Pakistan aux rues de Paris». «Nous allons continuer à chasser les terroristes et à détruire leurs réseaux, et nous nous réservons le droit d'agir unilatéralement», a-t-il ajouté.

Crayons brandis pour Charlie Hebdo 

Le 44e président des États-Unis a dénoncé «la résurgence déplorable de l'antisémitisme dans certaines parties du monde», condamnant par ailleurs «les stéréotypes insultants contre des musulmans, dont la grande majorité partage notre engagement pour la paix».

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Quelques heures avant la début de son discours, M. Obama avait appelé mardi son homologue français François Hollande pour faire en point sur l'enquête en cours après les attaques meurtrières qui ont frappé Paris début janvier.

Saluant l'impact des sanctions imposées contre la Russie en réponse à son «agression» contre l'Ukraine, M. Obama a jugé que cela démontrait la puissance de la diplomatie américaine. «Nous défendons le principe selon lequel les grandes puissances ne peuvent malmener les petites», a-t-il martelé sous des applaudissements nourris.

Le président américain a promis la victoire face à l'organisation de l'État islamique (EI) en Irak et en Syrie, tout en réaffirmant une nouvelle fois que le combat sera long et difficile. «Cet effort prendra du temps (...) mais nous réussirons», a-t-il lancé à la tribune.

«Au lieu d'être happé dans une nouvelle guerre au sol au Moyen-Orient, nous conduisons une large coalition, comprenant des pays arabes, pour amoindrir et, au bout du compte, détruire ce groupe terroriste», a-t-il ajouté, jugeant que les États-Unis étaient plus forts lorsqu'ils combinaient «puissance militaire et forte diplomatie».

M. Obama a une nouvelle fois prévenu le Congrès que de nouvelles sanctions contre l'Iran ruineraient les chances de sceller un accord diplomatique international sur le programme nucléaire de Téhéran.

Saluant la présence de l'Américain Alan Gross, libéré en décembre par Cuba après cinq ans de prison, M. Obama a appelé le Congrès à lever l'embargo économique contre La Havane, dans le cadre du rapprochement historique entre les deux pays annoncé le 17 décembre.

«Quand ce que vous faites depuis 50 ans ne marche pas, il faut essayer autre chose», a-t-il martelé, à la veille d'une première série d'entretiens officiels à La Havane pour concrétiser le rétablissement de leurs relations diplomatiques, rompues depuis 1961.

Dans l'hémicycle de la Chambre des représentants, une élue démocrate avait distribué des crayons jaunes qui ont été brièvement brandis pendant le discours pour rendre hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo.

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