Michel Guimond emporté par une crise cardiaque

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Michel Guimond

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(Québec) L'ex-député bloquiste de Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord, Michel Guimond, est mort lundi matin à l'âge de 61 ans. À peine revenu de vacances, il a été terrassé par un infarctus alors qu'il s'entraînait sur un tapis roulant dans son sous-sol.

M. Guimond devait rentrer au travail ce matin, à l'hôtel de ville de Québec, après un voyage d'une semaine dans le Sud. Il occupait depuis juin la fonction de chef de cabinet pour Démocratie Québec, qui oppose trois élus à l'équipe fortement majoritaire de Régis Labeaume.

Ses collègues se sont inquiétés de son retard, lui qui était toujours là de bon matin habituellement. Un appel à sa résidence de Boischatel leur a permis d'apprendre la triste nouvelle de la bouche de sa conjointe, évidemment atterrée.

Johanne Deschamps, ancienne députée du Bloc elle-même, a raconté à Radio-Canada comment elle l'avait trouvé, inconscient, après avoir entendu le tapis roulant tourner dans le vide.

Le chef de l'opposition, Paul Shoiry, a précisé que des manoeuvres de réanimation ont été tentées sans succès.

Le conseiller municipal a déploré la perte subite d'un collaborateur dont il a vanté la fougue, l'amour de la politique et le carnet de contacts comprenant des noms de tous les partis. «C'est un gars qui en mangeait, de la politique», a-t-il résumé.

La nouvelle n'a pas mis de temps à se répandre dans les milieux politiques. Élu une première fois au fédéral en 1993, M. Guimond a été actif pendant près de 20 ans au Parlement, à Ottawa. Il a été whip de sa formation politique pendant sept ans, sous Gilles Duceppe.

Bon joueur

Il a été défait lors de la vague orange, en 2011, par le néo-démocrate Jonathan Tremblay. Il avait fait campagne alors qu'il se relevait d'une intervention chirurgicale pour lui retirer une tumeur cancéreuse au colon.

Bon joueur, le bloquiste s'était fait remarquer en rencontrant son successeur pour lui transférer les dossiers régionaux et répondre à ses questions.

Avocat de formation, Michel Guimond a tenté un retour en politique provinciale en 2014. Il s'est présenté pour le Parti québécois de Pauline Marois, en 2014. Il a terminé troisième.

«Près de son monde»

Lundi, les péquistes lui ont rendu hommage. «Tout au long de sa carrière politique, ce passionné a défendu avec conviction la place des régions du Québec et l'importance d'être près de son monde», a déclaré le chef de l'opposition officielle, Stéphane Bédard. Agnès Maltais, députée de Taschereau, a déploré la perte d'un «ambassadeur pour la région de Québec».

C'est Michel Guimond lui-même qui s'est porté volontaire pour le poste de chef de cabinet de Démocratie Québec, a révélé lundi Paul Shoiry. Il a réorganisé l'équipe et travaillé à son unité, selon les trois élus réunis lundi pour un point de presse où la tristesse était évidente. «Pour lui, c'était très, très important qu'on soit unis, de nous souder ensemble, qu'on forme une équipe», a témoigné Anne Guérette. M. Guimond était également chargé de cours à l'Université Laval, où il a remis à l'horaire le cours Politique urbaine.

1953
Année de sa naissance à Chicoutimi, un 26 décembre
1987
Sa vie publique débute à titre de conseiller municipal à Boischâtel
1993
Élu une première fois pour le Bloc québécois dans Beauport-Montmorency-Orléans
2011
Il est défait dans la vague NPD après avoir remporté six élections consécutives
2014
Il devient en juin chef de cabinet de Démocratie Québec

Honoré au conseil municipal

La mémoire Michel Guimond a marqué la séance du conseil municipal de la Ville de Québec lundi soir. À l'invitation du chef de l'opposition Paul Shoiry, dont l'ex-député était le chef de cabinet depuis juin, les élus, membres du public et journalistes ont observé une minute de silence afin de souligner le départ soudain de celui que tous qualifient d'homme engagé et de grand travailleur. Paul Shoiry a utilisé son temps de parole au conseil pour souligner la carrière et la contribution de M. Guimond à la société. Le maire de Québec a pour sa part dit à quel point M. Guimond était un passionné de politique qu'il faisait «24 heures sur 24 et 7 jours sur 7». «Et j'exagère à peine», a lancé Régis Labeaume qui a transmis ses condoléances et aussi celles de sa conjointe, Louise Vien, qui a bien connu M. Guimond. Valérie Gaudreau

«Sa détermination et sa fougue légendaire nous ont tous marqués»

- Justin Trudeau, chef du PLC

«Politicien aguerri et dévoué pour ses électeurs»

- le ministre conservateur Christian Paradis

«Un homme passionné et épris de justice»

- Mario Beaulieu, chef du Bloc québécois

«Un homme passionné qui était très présent dans sa circonscription.»

- François Legault, chef de la CAQ

«Il fut un excellent député»

- Gilles Duceppe, ex-chef du Bloc québécois

L'homme de l'unité au Bloc

Louis Plamondon, le dernier des parlementaires élus sous la bannière du Bloc québécois à encore siéger à Ottawa, a été «assommé» par l'annonce de la mort de son ex-collègue Michel Guimond.

M. Plamondon est arrivé au Parlement en même temps que Michel Guimond, en 1993. Tous deux faisaient partie du contingent de 54 bloquistes que les Québécois avaient envoyé à la Chambre des communes. Le parti d'allégeance souverainiste avait été propulsé au rang d'opposition officielle à Sa Majesté.

Joint lundi, dans sa circonscription du Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour, Louis Plamondon s'est montré atterré par la nouvelle au sujet de celui qu'il considérait comme un ami. «Surtout que c'est arrivé d'une façon si tragique.

«Ce n'était pas un gars découragé», a-t-il dit de celui qui a quitté la politique active sur une défaite. «C'était un gars avec plein d'idées, plein de pep. Il avait un paquet de projets en tête.»

M. Plamondon a tenu à souligner de façon particulière le travail de whip que M. Guimond a effectué au sein de la députation bloquiste. «Il est probablement celui qui a duré le plus longtemps à ce poste à Ottawa. Et il faisait l'unanimité.

Du doigté

«Un whip, c'est un préfet de discipline», a rappelé le vétéran de la politique. «Mais il avait un doigté pour réconcilier tout le monde, pour régler les petits conflits. Si le Bloc avait l'image d'un parti uni, où il n'y avait jamais de chicane, il y était pour beaucoup.»

Louis Plamondon a insisté sur ce point. «Souvent, on attribuait cela [cette image d'unité] à la discipline du chef [Gilles] Duceppe. Mais c'était beaucoup le doigté du whip de notre ami Michel. Il avait la confiance du chef et des députés.»

L'élu qui se représente au prochain scrutin pour le Bloc a vanté les talents d'orateur et la fougue de M. Guimond. M. Plamondon estime que le dossier des transports et celui de la défense des chômeurs, sur le plan régional, sont les plus représentatifs du travail du député Guimond.

Danie Harvey croit que les citoyens de Charlevoix se souviendront surtout de Michel Guimond pour ses sorties sur l'assurance emploi. L'ex-directrice générale d'Action-Chômage Charlevoix se rappelle que le bloquiste tenait à être des manifestations du comité des Sans-Chemise, un groupe de pression qui a surgi dans Charlevoix pour essaimer dans d'autres régions.

«C'était un dossier très chaud. Il s'est impliqué à fond. Le milieu [charlevoisien] perd un grand homme, ouvert, proche des gens», a commenté Mme Harvey qui a croisé M. Guimond il y a un mois à peine.

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