Place des syndicats au Québec: le contexte a changé, dit Péladeau

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M. Péladeau a affirmé que la situation n'est plus la même qu'en janvier 2010, quand il soulevait la question d'un déséquilibre des forces dont profitaient les syndicats au détriment des entreprises.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Le député et candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau a déclaré lundi que le contexte a changé depuis qu'il a dénoncé, il y a près de cinq ans, la trop grande place des syndicats au Québec.

M. Péladeau a affirmé que la situation n'est plus la même qu'en janvier 2010, quand il soulevait la question d'un déséquilibre des forces dont profitaient les syndicats au détriment des entreprises.

Dans une lettre ouverte, M. Péladeau estimait alors qu'au Québec, «les dirigeants d'entreprises doivent dédier trop de temps, d'énergie et d'argent à gérer leurs 'relations de travail'», pendant «qu'ailleurs, les divers intervenants au sein des entreprises participent ensemble à assurer la poursuite du développement de leurs activités et l'accroissement de leur productivité».

Lundi, lors d'une entrevue à La Presse Canadienne, M. Péladeau ne s'est pas immédiatement rappelé de ses propos, publiés à l'occasion d'un forum sur l'avenir économique du Québec auquel participait notamment le premier ministre libéral de l'époque, Jean Charest.

«Je ne me souviens pas d'avoir dit ça», a-t-il dit.

Le député de Saint-Jérôme, également actionnaire du conglomérat Québecor, a ensuite estimé que le contexte avait changé depuis cette époque, durant laquelle une des filiales de son entreprise, Le Journal de Montréal, était en lock-out.

«C'était en 2010, il faudrait que je revoie le texte, a-t-il dit. Je pense qu'on est passé à autre chose entre-temps.»

M. Péladeau est ensuite demeuré réservé sur sa prise de position, dans laquelle il dénonçait les privilèges des syndicats, qui permettent aux syndiqués de ne pas payer d'impôt sur les prestations qu'ils reçoivent de leur syndicat lorsqu'ils sont en grève.

«Il faut le mettre dans le contexte, a-t-il dit. Malheureusement, 2010, ça fait va faire probablement cinq ans bientôt. Donc, il fallait le voir dans le contexte.»

M. Péladeau, favori dans la course pour la succession à Pauline Marois, a affirmé qu'il sera disposé à élaborer davantage à ce sujet le cas échéant.

«Je pense que ce qui a été dit le cas échéant en 2010 était dans le contexte de 2010, a-t-il dit. Je ne pense pas qu'on doit nécessairement conclure que, vous posez une question, en 2014, la problématique est la même. On aura certainement l'occasion d'y répondre au moment opportun, si cette question-là suscite un débat.»

Le mois dernier, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) avait critiqué M. Péladeau concernant son bilan en matière de relations de travail. Exprimant son intérêt pour un candidat qui serait plus clairement favorable aux travailleurs, le syndicat avait notamment rappelé les lock-out qui ont été décrétés par Québecor.

Un récent sondage Léger montre que M. Péladeau domine toujours largement la course au leadership du Parti québécois, tant dans la perception de l'ensemble des répondants que chez les sympathisants péquistes.

Lundi, M. Péladeau, élu député en avril dernier, s'est dit honoré par la confiance que les Québécois lui témoignent ainsi, bien que sa candidature, longtemps pressentie, n'ait été annoncée officiellement que fin novembre.

«Ma candidature est relativement récente, on aura l'occasion de poursuivre les débats au sein de cette campagne», a-t-il dit.

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