Québec renonce à ses coupes en communication scientifique

Le ministre Jacques Daoust... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre Jacques Daoust

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Au lendemain du tollé suscité par les compressions budgétaires dans de nombreux organismes de diffusion et de promotion de la science, le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, recule et maintient telles quelles les subventions.

«Malgré le contexte financier particulièrement difficile dans lequel le gouvernement évolue, nous tenons à préserver la mission de ces organisations qui travaillent dans le domaine de la culture scientifique et qui apportent une contribution importante au développement économique», a fait savoir dimanche le ministre libéral Jacques Daoust, dans un communiqué.

Vendredi, le Conseil du développement du loisir scientifique (CDLS) - derrière les Expo-sciences - le magazine jeunesse Les Débrouillards et l'Agence Science-Presse ont tous appris par écrit que leur subvention de fonctionnement était amputée.

Les lettres transmises plus tôt cette semaine par le sous-ministre adjoint de l'Innovation aux organismes mentionnaient que ces derniers ne cadraient plus avec la nouvelle direction de promotion de la science. Québec disait alors vouloir miser davantage sur les adultes que les élèves du primaire et du secondaire pour la promotion de la science, en améliorant les liens avec le secteur privé.

En fin de soirée hier, l'attachée de presse du ministre Jacques Daoust, Mélissa Turgeon, a précisé que ces coupes «n'avaient pas été avalisées» par le ministre, même si des lettres officielles ont bel et bien été expédiées. Tous les organismes ayant reçu cette lettre seront rencontrés «dans les prochains jours afin de revoir les scénarios de financement pour 2015-2016».

Soulagement

La perte de la subvention de 350 000 $ de Québec mettait en péril l'existence des Expo-sciences, des manifestations scientifiques impliquant des milliers de jeunes et d'enseignants.

Le directeur général du CDLS, Roland Grand'Maison, a poussé un immense soupir de soulagement hier soir. «Ce qui me rend très heureux, c'est qu'on va avoir la chance de leur parler. Ça, pour nous, c'est essentiel. On a quand même beaucoup de choses à défendre dans ces budgets-là. On est bien prêts à collaborer avec eux. Mais on ne peut que féliciter cette décision-là de nous consulter beaucoup plus avant.»

La volte-face du Ministère rassurera les nombreux commanditaires privés, se réjouit par ailleurs Roland Grand'Maison. «Tout ce qui se passait ébranlait énormémement de choses. Non seulement notre structure, mais également nos commandites. Tout était à refaire. Les gens avaient peur.»

«J'avais déjà commencé à mobiliser des gens, alors ça me fait vraiment plaisir», a pour sa part réagi David Drouin, un ancien lauréat national des Expo-sciences. «On n'avait pas assez montré l'importance de la relève et du financement en science. Maintenant, on va être capables, avec les anciens, de leur prouver que c'est vraiment utile, et qu'investir là-dedans, c'est un investissement à long terme.»

Seule agence francophone au Canada dédiée au journalisme scientifique, l'Agence Science-Presse craignait de devoir mettre la clé dans la porte après 36 ans d'existence. L'ASP avait écopé d'une coupe de près de 70 % de son budget de fonctionnement.

Le magazine Les Débrouillards, présent dans plusieurs écoles du Québec, songeait pour sa part à réduire certaines parutions jeunesse. Le personnage fétiche Beppo sera finalement épargné.

L'Association francophone pour le savoir (ACFAS) était aussi visée par les compressions budgétaires.

****

De «l'improvisation», dit le PQ

Le recul du gouvernement dans les coupes en communication scientifique démontre «l'amateurisme» des libéraux, estime le Parti québécois. «Évidemment, ça montre une fois de plus qu'il y a des mesures qui sont prises par le gouvernement après avoir fait aucune espèce de consultation des milieux concernés, dans l'improvisation la plus totale, sans aucune étude d'impact», a déclaré dimanche soir la porte-parole du Parti québécois en matière de culture et de communications, Véronique Hivon.

«Depuis vendredi, le gouvernement s'est rendu compte que ça n'avait juste aucun sens, et que ça ne pouvait pas tenir la route. C'est évidemment regrettable de voir qu'on joue avec des choses aussi importantes, avec un tel niveau d'amateurisme et d'improvisation.» Le PQ se réjouit néanmoins de la volte-face libérale, et estime que d'autres reculs sont envisageables. «C'est porteur d'espoir. Quand les gens se mobilisent, et font entendre leur voix de manière très solidaire, on est capables d'obtenir un recul.»

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