Une travailleuse du sexe dénonce l'adoption de la loi fédérale C-36

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Depuis samedi, avec l'adoption de la loi C-36, les travailleuses du sexe ont le droit d'exercer légalement leur métier. Or, les règles imposées font craindre une détérioration de leurs conditions de travail, selon une travailleuse du sexe de Québec.

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(Québec) L'adoption samedi de la loi fédé­rale C-36 empêchant les prostituées d'afficher leurs services rendra ce métier encore plus dangereux, dénonce une travailleuse du sexe de Québec.

Depuis samedi, les travailleuses du sexe ont le droit d'exercer légalement leur métier. Le gouvernement fédéral estime avoir répondu au jugement de la Cour suprême en la matière, tout en protégeant les femmes vivant de la prostitution.

Or, les femmes ne peuvent désormais plus afficher leurs services sur le Web ou encore dans les journaux. Elles n'ont plus le droit de rémunérer des personnes pour les aider dans ce travail.

«Cette loi-là, eux autres la présentent comme une loi visant la protection des travailleuses du sexe. Mais dans le fond, c'est vraiment tout le contraire!» déplore vivement Myriam Bédard, une travailleuse du sexe de Québec.

«Il va falloir être sur nos gardes, parce qu'on n'a pas le droit d'afficher. On a le droit de travailler, mais on n'a pas le droit d'afficher! On n'a pas le droit d'avoir un chauffeur, t'as pas le droit d'avoir personne qui te donne un service pour t'aider à travailler», poursuit Myriam Bédard. «Dans les faits, ça isole les filles. Et les filles de la rue, c'est encore pire! Parce que pour être selon la loi, il faudrait qu'elles soient hors d'un endroit public.»

Les prostituées de Québec auront donc le droit d'exercer légalement leur métier, mais seulement loin des regards et des autorités. Une situation ridicule aux yeux de Myriam Bédard. «Avec cette loi-là, les filles, il faudrait qu'elles soient dans un quartier industriel! Tout pour que les clients en veuillent plus pour leur argent et deviennent plus agressifs», dit-elle. «Dans les rues, déjà, les clients étaient stressés. Mais là, c'est encore pire. Et quand il y a du stress, eh bien c'est là qu'il y a plus de violence.»

Disparition des moyens de sécurité

Des prostituées à Québec avaient souvent l'habitude de travailler à plusieurs, se protégeant ainsi contre des clients violents. D'autres aimaient retenir les services d'un chauffeur, leur procurant du même coup un filet de sécurité lors des rencontres houleuses. «On n'a même plus le droit de travailler avec une autre fille. C'est à ce point-là. C'est ridicule. Tous les petits moyens d'être en sécurité nous sont enlevés, si on fait ce qu'ils disent», résume Myriam Bédard.

Dans la foulée de l'adoption du projet de loi C-36, le Projet LUNE (Libres, unies, nuancées et ensemble) a lancé une campagne de sensibilisation pour rappeler les conséquences néfastes de la législation sur les travailleuses et travailleurs du sexe.

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