Le gouvernement ne bronchera pas devant les manifestations

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Les policiers de Québec ont les manifestants à l'oeil à l'occasion du Grand Dérangement.

Le Soleil, Erick Labbé

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Bloquer l'accès des citoyens à leur travail est inacceptable, mais peut-être légal, constate le ministre Sam Hamad. Lancer une brique à travers la vitrine du bureau de circonscription, c'est autre chose et sujet à des conséquences légales, soulève son collègue Pierre Moreau.

Mercredi, les membres de l'aile parlementaire libérale, le premier ministre Philippe Couillard en tête, ont fait bloc pour affirmer que le gouvernement ne bronchera pas devant l'opération «grand dérangement» qu'organisent les syndicats.

À son arrivée à l'Assemblée nationale, Philippe Couillard a établi qu'il n'a nulle intention de reculer avec le projet de loi prévoyant que les employés municipaux devront assumer la moitié des déficits de leurs régimes de retraite.

«Nous sommes déterminés à atteindre l'équilibre budgétaire parce que ce serait irresponsable d'abord de mettre en danger la sécurité publique, a commenté le premier ministre. Ce serait aussi irresponsable envers nous et la prochaine génération de retarder ce retour» au déficit zéro.

«Tout ce que nous faisons, c'est pour le payeur de taxes. Ce matin, le payeur de taxes veut aller travailler. De les brimer dans leurs activités quotidiennes, ça ne m'apparaît pas comme une très bonne façon de faire la promotion des idées. Ceci dit, les manifestations font partie de la réalité» en démocratie.

Le chef du gouvernement s'est montré hésitant à qualifier d'illégal le geste des manifestations qui ont barré ou ralenti la rentrée au travail dans certains cas, comme au chantier de l'amphithéâtre à Québec ou au port de Montréal. Si M. Couillard soutient qu'il y a des lois portant sur «les difficultés d'accès à la propriété» privée, il a refusé de qualifier d'illégale toute barrière à cet accès.

Son ministre du Travail, Sam Hamad, a confirmé la légalité du mouvement de grève. Par contre, «c'est inacceptable» d'empêcher les ouvriers de se rendre sur le chantier de l'amphithéâtre ou la sortie des autobus, comme cela s'est produit à Québec. Les manifestants «nuisent aux citoyens. Et les citoyens n'ont pas à subir les humeurs de ces gens», a soutenu M. Hamad.

Le ministre Pierre Moreau, parrain du projet de loi sur les régimes de retraite du secteur municipal, a affirmé que certains actes posés sont clairement des violations de la loi. Il en a particulièrement contre «le cas Marc Ranger», le porte-parole de Coalition syndicale pour la libre négociation, qui fait partie du «grand dérangement».

«Quand je vois les guichets qui sont ouverts (au métro de Montréal), on ne peut pas dire qu'il n'a rien volé», a lancé le ministre. Il ironisait ainsi sur un slogan de la Coalition qui se plaint que le gouvernement effectue un vol dans les prestations de retraite de ses membres.

Pierre Moreau a dénoncé le fait qu'en matinée, son bureau de comté (Châteauguay) a été vandalisé. «Ce sont des techniques des années 1960. Lancer des briques dans une fenêtre, qui pensez-vous va payer la fenêtre? Si on retrouve la personne, on va lui envoyer la facture.»

La ministre Lise Thériault (Sécurité publique) a prudemment commenté le travail des policiers qui ne peuvent intervenir qu'en cas d'illégalité. «À partir du moment où on empêche des gens de travailler parce qu'on veut un meilleur fonds de pension, c'est ordinaire.»

L'opposition ambivalente

Le chef intérimaire du Parti québécois a hésité à se prononcer sur les gestes posés par les syndiqués. Stéphane Bédard a surtout insisté sur le projet de législation qui a «amené des débordements» en ne respectant pas les travailleurs, selon lui. «Malheureusement, il y a des gens qui prendront des moyens qui ne sont pas toujours les bons pour leur cause.»

Son collègue et candidat à la chefferie du PQ, Jean-François Lisée, a été plus tranchant. «En quoi les citoyens qui s'en vont au travail doivent, eux, être dérangés. Les syndicats doivent être plus créatifs quand ils imaginent leurs moyens de pression. Je partage la colère des salariés à qui on enlève des droits. Mais cette colère ne doit pas être dirigée vers les autres salariés, mais vers le gouvernement.»

Le chef de la Coalition avenir Québec s'est aussi montré prudent même si sa formation endosse la loi sur les régimes de retraite. «Les gens ont le droit de manifester, a répondu François Legault. Mais ils ne doivent pas empêcher les autres personnes qui veulent travailler ou vaquer à leurs occupations de pouvoir le faire.» Il a refusé de porter un jugement sur les actions syndicales.

Québec solidaire a endossé les revendications de la Coalition syndicale en participant aux manifestations. «Les retraites, c'est de l'argent qui est dû aux employés, c'est du salaire différé», a fait savoir par communiqué de presse le député solidaire Amir Khadir. «Les syndicats sont prêts à négocier des assouplissements, mais les employeurs doivent respecter d'abord leur parole.»

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